‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 73 sur 133 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Limites territoriales de TEmpire. — Ses prétentions à la juridiction sur les autres pays. — Hongrie, Pologne, Danemark, France, Suéde, Espagne, Angleterre, Ecosse, Naples et la Sicile, Venise. l'Orient. — Rivalité entre les empereurs leutoniqucs et les empereurs byzantins. — Les quatre couronnes. — Origine et signification du titre de « Saint Empire ».

L'époque des Holienslaufen est peut-être celle où il convient le mieux crinterrompre l'iiistoire narrative de l'Empire pour parler brièvement de la position légale à laquelle il prétendait en Europe, ainsi que do certains droits et de certaines coutumes qui jettent quelque lumière sur le système qu'il personnifiait. Ce n'est pas, à vrai dire, l'époque de sa puissance la plus grande : elle était déjà loin; ni l'époque certainement où sa dignité idéale atteignit à l'apogée, car i3lle devait se maintenir hors de pair pendant trois siècles. Mais ce fut sous les Holienstaufen, grâce en partie aux remarquables talents des princes de cette race fameuse, en partie à l'ascendant pris tout à coup par le droit romain, que le pouvoir réel et l'influence théorique de l'Empire coïncidèrent de la façon la

plus parfaite. Il no se présentera pas, par conséquent, une meilleure occasion de mentionner les titres et les prétentions qu'il lit valoir à l'héritage de la domination universelle de Rome et de rassembler les divers exemples de circonstances dans lesquelles ces titres furent (soit avant, soit a])rès le règne de Frédéric) plus ou moins reconnus par les autres états de l'Europe,

Les territoires sur lesquels Frédéric aurait déclaré que sa juridiction s'étendait, peuvent se classer sous quatre chefs :

r Les terres germaniques, les seules sur lesquelles l'Empereur exerça, jusqu'à la mort de Frédéric H, une souveraineté effective;

2" Les districts non germaniques du Saint Empiic où l'Empereur était reconnu comme seul monarque, mais peu respecté en pratique;

3" Eerlaines contrées éloignées, dans la mouvance de l'Empire, mais gouvernées par leurs propres rois;

4° Les autres États de l'Europe dont les princes, tout en admettant dans la plupart des cas le rang supérieur de l'Empereur, en étaient virtuellement indépendants.

Ainsi n'étaient comprises dans les limites vérilal»l<'s du Saint Empire que les régions qui peuvent se ranger dans la première ou la seconde des susdites classes, savoir : l'Allemagne, le nord de l'Italie et le royaume de Bourgogne ou d'Arles, c'est-à-dire la Provence, le Dauphiné, la Franche-Comté et la Suisse occidentale. La Lorraine, l'Alsace et une portion de la Flandre

faisaient iialurclk'mL'iit partie do rAllemagiie. Au nord-est, la Bohème et les principautés slaves du Mecklcmbourg et de la Poméranie ne lui étaient pas encore incorporées et en formaient comme des dépendances extérieures. Au delà de la marche de Brande- ])Oure-, de l'Oder à la Vistule, habitaient des Litliuaniens ou des Prussiens ' [)aïens, qui restèrent libres jusqu'au moment où les chevaliers teutoniques s'établirent au milieu d'eux.

La fidélité de la Hongrie avait été fort équivoque depuis Otton l". Grégoire VII l'avait réclamée comme fief du Saint-Siège; Frédéric aurait bien voulu la soumettre complètement, mais ne put parvenir à triompher, à cet égard, de la répug^nance de sa noblesse. Après Frédéric II, qui l'arracha aux hordes mongoles, tant d'années s'écoulèrent sans qu'elle fût l'objet des revendications impériales, que ces dernières perdirent toute valeur et que la constitution d'Augsbourg- de 1366 le constata formellement ^

Sous le duc Misico, la Pologne s'était soumise à Otton le Grand, et continua, nonobstant quelques révoltes, d'obéir à l'Empire, jusqu'au commencement

I. » Priizzi, dit le l)io;;raphe de Sainl-Adall)erL, quorum Ueus est S'enter et avaritia juncla cum morte. » — M. G, H., t. IV. — II est curieux que ce soit ce peuple non teutonique qui ait précisément donné son nom au srand royaume allemand actuel.

■2. Gonring, de Finibics Imperil. 11 est à peine besoin de faire remarquer ipie les relations de la Hongrie avec les Hapsbourgs sont d'origine comparativement récente et de nature purement ilynaslique. La position des archiducs d'Autriche comme rois de lloiigrie n"a rien de commun légalement avec le fait qu'un certain nombre d'entre eux furent aussi élus empereurs, bien c[u'on réalité la possession de la couronne impériale les ait grandement aidés à s'emparer des trônes de Hongrie et de Bohème et à les conserver.

du Grand Interrègne (comme on l'appelle), en 12o4. Son duc était présent à l'élection de Richard (1257). Plus tard, en 1293, le duc Prémysl se fît couronner roi en signe d'émancipation (car ce titre accordé par Otton III à Boleslas I" avait cessé d'être en usage), et le pays redevint indépendant, quoique quelques-unes de ses provinces aient été, longtemps après, réunies à l'Etat germanique. La Silésie, originairement polonaise, fut rattachée à la Bohème par Charles lY et fit ainsi partie de l'Empire; Posen et la Galicie furent saisis par la Prusse et l'Autriche en 1772 '. Jusqu'au partage qu'elle subit dans cette même année, la. constitution de la Pologne était restée la copie de celle qu'avait eue le royaume d'Allemagne au xn'^ siècle.

Louis le Débonnaire avait reçu l'hommage du roi danois llarold, lors de son baptême à Mayence, en 826; les victoires d'Otton le Grand sur llarold à la Dent bleue lui permirent d'assujettir rég-ulièrement ce pays et d'ajouter la marche du Sleswig au territoire immédiat de l'Empire ; mais la frontière recula bientôt jusqu'à l'Eyder, sur les bords duquel on pouvait lire l'inscription suivante :

KmOHA nOMANI TEIi.MlNUS IMI'EIUI.

Le roi Pierre - assista à la diète tenue à Mersebourg' peu après le couronnement de Frédéric I" et reçut sa propre couronne des mains de l'Empereur, qui, en sa

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