XVIII ANALYSE DU SAINT GRAAL
possédait un portrait de Jésus ; les messagers promettent de l'emmener à Rome si elle veut leur montrer ce portrait ; Véroine raconte comment, en essuyant le visage de Jésus, ses traits restèrent empreints sur le linge, et comment elle s'en aperçut en rentrant chez elle (103).
Les messagers, tout joyeux, s'en revinrent à Rome. L'empereur fit grand accueil à Véroine, s'inclina trois fois devant le portrait et s'empressa de le porter dans la chambre où son fils était enfermé. Aussitôt que ce dernier le vit, il se sentit guéri et sortit de son réduit ; puis il pria son père de le laisser aller en Judée pour venger la mort de Jésus (106). L'empereur y consentit et tous deux partirent pour la Judée ; par une inversion assez singulière, le père se nomme Titus et le fils Vespasien. On réunit les Juifs qui chargent Pilate ; Vespasien les encourage dans cette voie (108) ; tous se vantent à Tenvi des tourments qu'ils firent subir à Jésus. Vespasien les fait saisir (109) et écarteler; puis il réclame le corps de Jésus ou celui de Joseph. Caïphe alors promet de faire savoir où Joseph a été enfermé (112). Vespasien se fait descendre dans la prison et appelle Joseph. Ce dernier demande qui l'appelle : « Je suis Vespasien, le fils de l'empereur, » répond son libérateur, qui se fait remonter à terre. Alors une voix divine se fait entendre à Joseph et le réconforte. Vespasien fait extraire Joseph de la prison ; mais ce dernier ne reconnaît personne, ni sa femme, ni son fils; il ne croyait être resté dans la prison que du vendredi au dimanche suivant. Vespasien lui confirme qu'il y a séjourné quarante-deux ans et que quatre empereurs ont régné depuis qu'il y fut