XL ANALYSE DU SAINT GRAAL
Le roi Mordrains Tinterroge alors au sujet de la dame et en reçoit des éclaircissements qui le satisfont ; puis le sire de la nef le conduit dans son vaisseau et lui en fait voir la richesse ; il lui parle ensuite de Nascien et lui rappelle un trait de sa vision des neuf fleuves (377) ; alors Mordrains le prie de la lui expliquer ; mais il est renvoyé à plus tard, et admonesté de se tenir en garde contre les embûches du démon (378); Mordrains lui demande combien de temps il restera sur ce rocher : « Jusqu'à ce que, répond le bel homme, le diable t'en jette de la main gauche. » Cette réponse trouble Mordrains (379) qui laisse le bel homme partir sans s'en apercevoir. A son tour, la nef de la dame se montre de nouveau (380), mais Mordrains s'arme, par la prière, contre la tentation, et refuse de lui donner la bienvenue. Alors la dame lui apprend de fausses nouvelles au sujet de Nascien et de Sarracinte (382) ; mais rien ne peut le détourner du droit chemin ; puis elle le tente en lui montrant les richesses de sa nef, et les lui promet sïl veut la suivre, mais il tient ferme ; alors elle disparaît (384) au milieu d'une tempête effroyable. Puis la foudre éclate, fend le rocher, et un pain tout noir paraît s'offrir à lui à terre. Comme il avait grand'faim, il veut y mettre les dents ; mais un oiseau merveilleux, moitié serpent, moitié lion, se jette sur lui ; c'est l'oiseau dont le Sauveur du monde se sert pour répandre la terreur dans les âmes des pécheurs ; le Saint Graal décrit longuement la naissance merveilleuse de ce genre d'oiseau, son premier âge, les combats de sa jeunesse ; il appelle la femelle Serpilion, et la pierre qui la réchauffe Pirastite (390).