ANALYSE DU SAINT GRAAL. XLIII
s'ouvrit, il passa, conduit par cette maia merveilleuse, devant le lit de Galafre (409^ et arriva ainsi jusqu'aux portes extérieures qui s'ouvrirent aussi toutes seules.
Dès qu'on s^aperçut de la disparition de Nascien, il s'éleva une grande rumeur; Galafre sauta de son lit et courut à la porte de fer qu'il vit ouverte ; il fit descendre un sergent dans la prison, et faillit perdre la raison, quand il apprit Tévénement. Il monta immédiatement à cheval et courut après Nascien ; mais celui-ci était toujours protégé par la nuée et Galafre fut si effrayé de cette formidable défense tout enflambée, qu'il vida les arçons et tomba pâmé sur le chemin. Son cheval prit la fuite et ses gens effrayés remirent au lendemain à le chercher : la quête fut longue, enfin on le trouva. Il avait sur la joue droite l'empreinte d'une main et celle d'un pied sur la gauche.
On l'emporta à sa demeure, on le coucha, et à l'heure de none il poussa un grand cri et demanda avec instance de l'eau parce qu'il brûlait intérieurement (412). Le côté droit de son visage était tout dénudé et l'on voyait ses os ; la joue gauche était pleine de vers ; sa mort semblait prochaine ; cependant il gémissait de périr dans un pareil moment ; et demandait des nouvelles de Nascien. En même temps, il ordonna de faire venir son fils Célidoine et dit qu'il se vengerait sur lui de la disparition de son père. Il voulut le voir mourir sous ses yeux ; c'est pourquoi il se fit porter aux créneaux de la tour (414) et prescrivit qu'on y amenât Célidoine, et qu'on le précipitât du haut en bas ; mais son espoir fut déçu; à peine Célidoine était-il tombé à moitié de la