XLIV ANALYSE DU SAINT GRAAL
hauteur, que Ton vit neuf mains plus blanches que la neige qui le soutinrent dans Tair et remmenèrent au loin.
Gaiafre, pris de rage, se pâma et, au milieu d*une obscurité profonde (415), une voix retentit qui dit si haut que tout le monde l'entendit : « Que tous les amis du Christ se sauvent, car il va se venger de ses ennemis. »
Les gens de Gaiafre se sauvèrent et lui-même resta pâmé sur la tour qui fut frappée du feu du ciel et s'écroula du côté où était Gaiafre. Ce dernier fut mis en pièces et tout le reste des gens fut sauvé (416).
Quand la reine Sarracinte apprit ces événements, elle en fut joyeuse et toute réconfortée. Les barons, de leur côté, vinrent la trouver (417) et firent leur entière soumission ; la reine les reçut à merveille, leur donna de l'argent et des chevaux et les encouragea à rechercher Nascien en leur remettant des lettres de créance.
Le conte retourne maintenant à Nascien et parle de la recherche à laquelle se livre sa femme Flégetine, fille du roi des Médiens, douée de la plus grande beauté (418).
On sait que la terre de Nascien fut saisie par l'ordre de Gaiafre ; Flégetine s'y résigna facilement et se rendit chez un vavasseur d'un âge mûr, qui avait instruit son fils, et qu'elle aimait d'amitié sincère.
Le vavasseur Taccueillit parfaitement, mais lorsqu'on vint chercher Gélidoine, le désespoir s'empara de Flégetine (420) et rien ne put la calmer.
La reine Sarracinte se rendit près d'elle pour essayer de la consoler (421) ; elle voulut même l'em-