‹ Le Saint-Graal; ou, Le Joseph d'Arimathie; première branche des romans de la Table ronde (volume 2)Chapitre 50 sur 57 · ANALYSE DU SAINT GRAAL. LVII · texte numérisé non relu

ANALYSE DU SAINT GRAAL. LVII

tois, en la haute cité, car les tables sont mises et les mets apprêtés. »

Le roi (512) résolut de s'y rendre, il fallait aller avant se laver à une fontaine placée sur une haute montagne ; mais le roi n'y allait point et arrivé à la porte de la haute cité, on lui en refusait rentrée parce qu'il ne s'était pas lavé à la fontaine ; en regardant par la porte il voyait sa sœur qu'il avait tuée, assise au festin céleste ; elle était si belle et si avenante, qu'il la trouvait cent fois plus charmante qu'autrefois; et quand elle s'aperçut qu'il la regardait, elle lui dit : Vase de terre, plein de mottes, va te nettoyer et le laver et tu viendras après t'asseoir à ce festin (513). Bientôt il se sentit saisir par des gens hideux qui le regardaient déjà comme leur proie ; aussi le tiraient-ils par les cheveux vers une maison noire et affreuse. Il eut si grand'peur, qu'il s'écria : « Je suis mort » ; ses barons l'entendirent et entrèrent précipitamment dans son pavillon. « Sire, qu'avez-vous ? » lui dirent-ils. « Je viens de voir, dit-il, la plus grande merveille du monde, et aussitôt il demanda Célidoine pour qu'il lui expliquât son nouveau songe comme il avait fait du premier. Célidoine lui dit que par la grâce de N.-S. il connaît son songe, et ajoute que Dieu lui mande par sa bouche que, s'il veut entrer dans la cité céleste, il doit faire ce qu'il va lui dire (516). Le roi se jette à ses genoux et lui dit qu'il est tout prêt à faire tout ce qu'il lui commandera. Célidoine alors lui explique que le grand chemin qu'il a vu était la vieille loi ; les voleurs et les larrons sont les démons qui jadis furent précipités des cieux et cherchent sans cesse à surprendre les hommes ;

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