ÉPILOGUE DE TRISTAN
Manuscrit n" 757 nouveau 7i77 ancien, Bibl, nat.
(Cet épilogue n'a jamais été publié en entier, et n'a pas été reproduit d'ailleurs dans les Manuscrits français de M. Paulin Paris; il a été copié malheureusement sur un original peu lisible et le transcripteur a sauté plusieurs mots, néanmoins il mérite d'êôre publié à l'appui de ce que nous savons touchant les auteurs des romans de la Table ronde.)
« Assez me sui or travailliez de cestui livre mettre à fin; longuement j'ai entendu et longue ovre ai achevé, la Dieu merci qui de sens et de poer me donna. Biaus diz plesanz et délitable ai por tout à mon pooir et por les biaus diz qui i sont et que rois Henrri d'Engleterre a bien veu de chief en chief et voit encore souventes fois, com cil qui forment se délite, se m'est avis, parce qu'il a assez plus trové au livre de latin quant li translateor de cestui livre en on tret en langue françoise. Mais il requiert et prie {en blanc) et por autre et por so« {en blanc) et por sa boiche et porce qu'il a trové que moultes choses faillent en cest livre qu'il en conviendroit mètre, ne mètre ne si porroit desoremes que je autrefois me travaillasse de fere .1. autre livre où soit contenu tout ce que en cest livre faut et je, qui sa prière et son commandement n'oseroie trespasser, li promet de la fin de cestui livre, comme à mon seignor, que maintenant que la froidure de cestui y ver sera passée et nous serons au commencement de la douce saison que l'on apelle la saison de verie, que à donc, me serai reposez .1. pou, après le grant travail de cestui livre
LE SAINT GRAAL. l6l
que fait ai, ai demoré un an entier, ai laissé totes chevaleries et autres soulaz, me retornerai sor le livre de latin et sor les autres livres qui trait sont en françois et parverrai de chief le livre que nos i troverron. Je complirai, ce diex plest, tôt ce que mestre Lucos del Gait qui premièrement comença à translater et mestre Gautier Mes qui fist le propre livre de latin, maislre Robert de Boron, tôt ce que nous n avons mené à fin, je acomplirai, se Diex me doint tant de vie que je puisse celui livre mener à fin. Et je, en droit moi, merci moult le roi Henri mon signer de ce qu'il loe le mien livre et de que il li donne si grand pris.
Ycy fenist le livre de Tristan Diex grâces et la virge Marie.
ou LE ROMAN DE