FRANÇOIS LAGROIX ET LES TÊTES-DE-BOULE
Nous étions à examiner le magnifique panorama que la FAtinRe offre à nos regards au-dessus de la Tuque, lorsqu'un point Rois commença à grossir, sur l’eau, à côté des estacades du gouvernement. C'était un canot d’écorce que guidait M. François Lacroix, gardien des travaux du gouvernement à lIroquois, vingt-cinq milles au-dessus de la Tuque. En quelques minuiss, M. Lacroix Le à nous, accompagné d'un jeune sauvage. M. Lacroix est gran chasseur devant Dieu et bon guide; où ilne passera point personne n’a besoin d’essayer. Sa réputation cependant n'égale pas encore celle de Plamondon qui arrêtait un canot tout court au milieu d’un rapide et glissait comme une anguille à travers les Lacroix a épousé, il y a une dizaine d'années, Marguerite Jane Parker, fille d’un employé de la compagnie de la Baie d'Hudson et d'une sauvagesse. Aussi Marguerite parle cinq ou six idiomes sauvages et peut nous dire le nom de tous les Têtes-de-Boule. A Coucoucache et Weymontachaigne ilya environ 60 familles sauvages ; à Kikendache une vingtaine de familles ne relevant pas de la même tribu. Coucoucache (ile du pr td est le premier dépôt de la compagnie de la Baie d MEET Re j a montachaigne (Bellevue) est la résidence de M. George : . €, premier facteur de la compagnie dans le St. Maurice. so dache (anse au gros cyprès) les sauvages appartiennent surtou aux tribus qui dominent dans la région du ptit à és
La compagnie de la Baie d'Hudson, bien loin d’être affaiblie par
l'abolition légale de son privilège, semble déployer une vigueur nouvelle. Non contente des postes qu’elle a déjà dans le St. Maurice, elle est en frais d’en établir un autre sur la Manouan (Rivière
ux œufs).
k Il 1 . aussi que les intérêts de la compagnie sont se servis par la popularité de son principal agent, M. McKenzie. Plu-
sieurs familles des îles Hybrides, les O'Keene, entre autres, sont SSMaur établies à Weymontachigne avec M. McKenzie. Ils y font de Miqued l'agriculture — à 200 milles au nord de Trois-Rivières — qui réussit Minants parfaitement. temp Malgré les efforts des missionnaires les sauvages ne peuvent ment s'habituer à cultiver la terre ; ils aiment mieux continuer la vie Mouvr nomade de leurs ancêtres et ne vivre que des chances de la chasse Mrice, et de la pêche. Ilest consolant toutefois de constater que, après MOuve avoir subi pendant longtemps une période de décroissement, la Msion population des Têtes de-Boule augmente à présent d'année en année. M résu Le Tèête-de-Boule est naturellement intelligent, quoiqu'enclin à ÆSTuq: la paresse et à l'ivrognerie. Ainsi presque tous les sauvages savent MS Plan lire. Comment l'apprennentils ? Le missionnaire leur donne quel- #8 vape ques leçons et leur laisse un livre. Quand le missionnaire revient, À les ( au bout d’un an, son élève peut lire son livre d'un bout à l’autre # leR sans hésiter. Tous appartiennent au christianisme. Ils ont de sin- £ gulières notions d'honneur. Ils crèveront de faim plutôt que de # dérober un sac de lard ou de farine. Mais s'ils sont endettés envers M quelqu'un, ils auront recours à toutes les subtilités pour s'exempter S de le payer. Ceux qui font avec eux la traite des pelleteries en M savent quelque chose. ‘à La plus grande plaie de la vie sauvage, c’est l'ivrognerie. 11 y a | des moments surtout où pour une bouteille de sketewago (whisky), li vous obtiendrez du sauvage tout ce que vous voudrez, l'honneur ## de sa famille aussi bien que Île fruit d’une chasse laborieuse. 4 Les Tète-de-Boule, fragment de la grande nation algonquine, M n’ont pas encore perdu leur organisation traditionnelle. Le chef 4 de la tribu se nomme présentement Bédigoë. 4 Quel sort est réservé à ces tribus sauvages ? déjà elles sont M mélées aux blancs et ilest probable qu'elles finiront, au bout de M plus ou moins de temps, par se laisser absorber complétement par la race blanche.
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