‹ Le saint office considéré au point de vue de la piétéChapitre 124 sur 227 · JOAN. IX · texte numérisé non relu

JOAN. IX

^ Necesse est ut homo cogitet quemadmodum ambulet in via, ne remaeat, ne retroeat, ne aberret, ne claudicando non perveniat. In I Ep. Joan. V. V, 3. Via curritur : pat ri a quagritur, in quâ nullus orandi locus erit , ed tantum laudandi. S. Aug. Serm. clix. 1.

Autrefois chacune de ces Heures devait être récitéjl séparément, à un moment précis, que son nom mêm indique ^ Et, il faut l'avouer, c'était un spectacle édifiar pour les fidèles, de voir ainsi d'heure en heure les mi nistres de l'Eglise suspendre tout autre soin pour s tourner vers Dieu et lui offrir de nouveaux hommages Quoi de plus propre à leur apprendre ce qu'il importe tar de savoir : la nécessité et le moyen de rapporter notre vi au Créateur, de faire toutes nos actions en présence d souverain Maître, et de diriger tous nos pas vers notr dernière fin ^ !

Mais un tel assujettissement était difficile à concilie avec les exigences du ministère ecclésiastique. Aussi l'u sage s'est -il établi de faire de toutes ces Heures comm un seul Office, qu'on récite sans interruption après le premiers exercices de la journée. Cette pratique, autorisé depuis longtemps, est fondée sur d'excellentes raisons Outre qu'elle assure une liberté précieuse, elle sembl entrer dans l'esprit de l'Otfice, en rapprochant les une des autres des prières qui ont un même motif et un mêm but, et dont les analogies révèlent la suite d'un mômi dessein et les parties d'un même tout 3.

^ Le jour, c'est-à-dire Tintervalle compris entre le lever du soleil et so couclier, était autrefois divisé en douze heures : Nonne duodecim sur, liorœ diei ? Joan. xi, 9 ; et ces douze lieures se groupaient en quatre poi tions égales de trois heures chacune, qu'Ausone appelle trilioria. L'Églis divisa naturellement en quatre la partie de l'Office comprise entre Laudc et Vêpres; et elle fixa, pour la récitation de ces quatre parties de l'OJ fice, le commencement de chacune des quatre portions du jour, la prc mière heure, la troisième, la sixième et la neuvième, en d'autres termes Prime, Tierce, Sexte, None, les quatre heures auxquelles le père d famille de l'Évangile sort pour envoyer des ouvriers à sa vigne.

2 Remarquez que cet Office des petites Heures comprend en somm douze psaumes , un pour chaque heure réelle du jour, comme les Nocturne des fériés en comprennent douze , un pour chaque heure réelle de la nuii Ainsi s'accomplissent aussi littéralement que possible les intentions d l'Esprit - Saint : Sine intermissione orate. I Thess. v, 17, et celles d l'Église : Laus et perennis gloria, etc.

^ Le Vén. Bède , m. 735 , fait mention d'un évêque qui se leva de la tabl du roi pour aller réciter None , parce qu'il était trois heures. Le Martyre loge de Ravenne, publié par saint Adon, archevêque de Vienne vers 858 rapporte qu'un grand nombre de prêtres ayant été martyrisés à la foi près d'Antioche , pendant la persécution de Dioclétien , on entendit loiîg

Cette unité est évidente et caractéristique. Par une

^ception singulière , toutes ces Heures se composent de

jetions égales d'un même psaume, dont tous les versets

|:priment le même sentiment ou la même idée ; et par

|i privilège que partage seule avec elles la dernière Heure

X soir, elles n'admettent presque aucune appropriation

temps ni aux solennités; de sorte qu'elles restent in-

riablement les mêmes durant le cours de Tannée

qu'elles ne diffèrent guère entre elles, les trois der-

|ères surtout , que par la place et le nom qui leur sont

signés.

C'est cette particularité qui donne au psaume cxviii® .1 rang à part dans la liturgie, ce qui le recommande ^'attention des ecclésiastiques et ce qui nous engage à en jlre une étude spéciale. Puisqu'il tient dans l'Office une î large place, puisqu'il remplit à lui seul la moitié des 5ures canoniales, et que la sanctification de nos journées fpend en bonne partie de la manière dont nous le récias, pouvons-nous trop méditer les motifs qui portent iglise à le remettre si souvent sur nos lèvres, ou prendre »p de soins pour nous animer de l'esprit qu'il doit us inspirer, et des pensées, des sentiments, des souvenirs e chaque verset doit éveiller en notre âme ^ ?

Ce psaume cxviii^ est le plus long du Psautier. H a It soixante-seize versets, répartis en vingt- deux octoires ou strophes de huit versets , dont chacun corresid, par son initiale, à l'une des lettres de l'alphabet braïque. Mais c'est moins au nombre de ses versets et

sur la place où Us avaient été mis à mort des voix célestes psalmof' les louanges de Dieu , aux mêmes heures où ces prêtres avaient coule de les chanter, c'est-à-dire à Tierce , à Sexte, à None et à Vêpres. ^ AcT. Sanct., 9 jan. — Cf. S. Greg. Magn. Dial, c. xxi, et Martyr,

, 14' mart.

C'est la réflexion d'un concile de Cologne, dans un de ses décrets pour éforme du clergé, 1536 : « Optandum ut Psalmus ille centesimus decii octavus, qui toties non sine causa in Ecclesiâ replicatur, ore simul et .'espondente singulis verbis mente decantatur, et cum Psalte et anlmo prde dicamus : Voluntariè sacrificabo UM.. Et : Covfltebor nomini tuo niam lonum est. » Psalm. lui , 8 , l«r Psaume de Prime. ■

à sa forme toute populaire qu'à sa destination et à son utilité pratique, qu'il doit d'avoir été, dans tous les temps, l'objet d'une estime et d'une dévotion si particulières.

On l'a appelé le psaume de la Loi, ou le cantique du bon plaisir divin. Consacré à la louange des préceptes du Seigneur, il servait chez les Juifs à en inculquer la pratique aux lévites et au peuple. Plusieurs commentateurs le mettent au nombre des psaumes graduels , c'est-à-dire, suivant l'explication commune, de ceux que les Israélite devaient chanter en se rendant au temple de Jérusalem pour les grandes solennités. A la vérité , ce n'est qu'une conjecture; mais cette conjecture s'accorde parfaitemeal avec les caractères du psaume, et elle rend heureusemen' raison de tout ce qu'il a de particulier, de son étendue, de sa simplicité, de l'ordre alphabétique de ses octonairest, et de cette idée sur laquelle le Psalmiste revient sans cessi, que la loi de Dieu est comme un chemin , une voie , ur sentier, que nous avons à suivre pour atteindre notre fin Dès Torigine de l'Eglise, les chrétiens aussi se plurent è le chanter pour entretenir et animer leur ferveur 2. j^p saints docteurs le louèrent et le commentèrent à l'env comme l'abrégé le plus excellent de la morale évangélique Saint Hilaire eût voulu que chaque fidèle l'apprît en entie dès l'enfance pour en méditer les sentiments toute sa vie

1 II y a d'autres psaumes acrostiches , mais qui n'ont pour chaque letl^i de l'alphabet qu'un seul verset, v. g. xxv , xxxiv, cxlv , ou qu'un menil de verset, v. g. cxi. Beatus vir, et cxii, Laudate des Vêpres du 'il manche. Le psaume cxviii contient autant d'octonaires que ceux-là^^ versets. C'est en faisant allusion à cette particularité que Eupert, apïl saint Ambroise , dit de ce psaume qu'il est l'alphabet des enfants de Di^ et que toute la perfection, depuis l'alpha jusqu'à l'oméga, y est contei|j dans ses éléments essentiels. — On a adopté cette forme acrostiche d^ une des Hymnes du Bréviaire : A solis ortus cardine, qu'on récite à Laudj le jour de Noél. .<y

2 Caecilia virgo Domino decantabat, dicens : Fiat cor meum immacîk latum! OfE. 22 nov. 1"^ Resp. — Unde tam celebri laude, vel cur tai perpétua consuetudine canonicis Horis hic psalmus decantari solitus Ht dubium esse reor. Alcuin. Opusc. II. in Psalm. Legi in cujusdam D^ nachi visione quôd ab Angelo sit admonitus ut psalmum illum in qa moralis virtus describitur, ssepè in oratione repeteret. Id, de Psalm. v>l$ p. I, no 11.

Saint Ambroise trouvait que ce psaume remportait sur tous les autres, autant que l'éclat du soleil l'emporte sur celui des étoiles, et il composa un long ouvrage pour en développer la doctrine à son peuple. Après y avoir pensé longtemps, saint Augustin en entreprit auss*! l'exposition, et il y consacra plus de trente instructions, fruits de profondes réflexions et d'un long travail : TJt potui, psalmum illum magnum pertractavi et exposui\ L'Église n'agit donc pas inconsidérément, en témoignant sa prédilection pour ce psaume , en demandant à ses ministres de le réciter tous les jours; elle suit les traditions les plus anciennes et dé~ fère aux plus graves autorités.

Ajoutons qu'elle pourvoit admirablement à ce que demandent le culte de Dieu et l'intérêt de ses ministres.

I. D'abord, si Ton considère l'intérêt de Dieu, quoi de plus glorieux pour lui que de voir ses ministres louer et bénir ainsi tous les jours son adorable volonté? Quel hommage plus convenable de leur part ? Une seule chose blesse et déshonore la Majesté divine : c'est le péché, la résistance à sa volonté, la transgression de ses lois. Malheureusement le péché est l'état habituel de la plupart des hommes. Tandis qu'au ciel des millions d'anges et de saints révèrent sa grandeur, tandis que le reste de la création se conforme avec docilité aux ordres de son infinie sagesse, ses créatures les plus parfaites, les membres même de son Fils , abusant de leurs prérogatives , foulent aux pieds ses lois et semblent protester contre sa souveraineté. Pour réparer ces outrages, pour compenser une révolte si générale et si persévérante, que doivent faire les ministres du Seigneur, sinon multipKer leurs adorations, ne jamais se lasser de bénir sa divine volonté, et réitérer sans fin leurs protestations de soumission et d'obéissance? Oui, cette réparation est juste et désirable. A ce cri de l'enfer, répété de tous côtés par les enfants d'Adam :

^ Prcef. in hune Psalm.

Non serviam ^ ! Dirumpamus vincula eorum-l il convient d'en opposer un autre, plus puissant s'il est possible, du moins aussi ardent, aussi infatigable, le cri du dévouement et de la fidélité- Il est juste que les ministres de Dieu ne soient pas moins assidus dans l'expression de leur amour, que le pécheur dans ses prévarications; que, cette terre étant chaque jour désolée par le débordement des mêmes iniquités , ils s'efforcent chaque jour de réjouir le Ciel par les témoignages de la même vénération ; que , tandis que les méchants s'écartent dès le matin du sentier de la vertu, et semblent avoir une horreur instinctive de leur véritable fin, eux se félicitent hautement de marcher dans cette voie et s'excitent sans cesse à avancer vers l'unique terme de leur existence ^ Un tel hommage offre assurément aux yeux du Seigneur un spectacle consolant et glorieux. Si l'impiété qui avait envahi la terre au temps du déluge rendait si chère à son cœur la vertu du juste Noé, s'il se consolait, pour ainsi dire, de la corruption universelle en voyant avec quelle fidélité ce saint patriarche accomplissait ses ordres et marchait en sa présence, quelle satisfaction n'est-ce pas pour sa grandeur, quelle joie pour sa sainteté, de considérer que, malgré tous les emportements de l'orgueil et tous les scandales de l'irréligion, il se trouve encore ici- bas un si grand nombre d'âmes humbles, droites, dévouées, qui respectent son autorité, qui se font un bonheur d'accomplir et de méditer ses lois, qui mettent tout leur zèle à en inspirer l'amour! Jamais la terre offre-t-elle aux regards du souverain Maître une image plus ravissante qu'au moment où , représentée par ses ministres et par une élite d'âmes pures et ferventes, l'Eglise applaudit ainsi de toutes parts, aux volontés du ciel, et en proclame la suprême équité * ? La voix de ses religieux et de ses prêtres

^ Jeb. II, 20.

2 PSAT-M. II, 2.

3 Olier, Lett. cxxxiv.

^ Per totiim psalmum universalis sanctorum chorus eloquitur, qui ab initio mundi sive fuerunt, sive sunt, sive futuri esse creduntur... Unus tamen ubique introducitur ad loquendum ut virtus unitatis in Ecclesiâ concordi possit agnosci. Cassiod. Introd. in Psalm.

emble un écho de l'Amen éternel que les anges et les saints ne cessent de répéter devant le trône de l'adorable Majesté S et l'on croit voir réalisé d'une manière sensible le vœu du Fils de Dieu pour la gloire de son Père : « Que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre

olonté soit faite sur la terre comme au ciel : Sicut in cœlo et in terra ^ . »

II. Avec la gloire du divin Maître, TÉglise se propose aussi l'intérêt de ses ministres : elle leur offre dans ce psaume un modèle de perfection et un abrégé admirable de toute prière.

Tous les psaumes , étant l'expression des sentiments du Sauveur, retracent sous quelque aspect l'intérieur de son âme. L'objet propre de celui-ci, c'est d'exprimer ses dispositions par rapport à la vie présente , en exposant à nos yeux le motif pour lequel il l'a acceptée , le but qu'il s'y est proposé, et l'emploi qu'il en a fait.

Sa justice n'est parfaite que parce que son obéissance a été sans réserve. Nous voyons en mille endroits de l'Ecriture à quel point il a porté la fidélité aux ordres de la Majesté divine : Ecce venio ut faciam, Beus^ voluntatem tuam ^. Non quœro voluntatem meam^ sed voluntatem ejus qui misit me. Quœ placita sunt ei fado semper^. Mais où trouver cette disposition du divin maître manifestée d'une manière aussi étendue et aussi touchante que dans ce saint cantique? C'est là qu'il nous découvre jusqu'à quel point il respecte et il aime la volonté de son Père, avec quelle ardeur il désire la voir partout aimée, honorée, observée. C'est là qu'il fait sentir la vérité de ce qu'il a dit ailleurs : qu'il porte cette loi gravée au plus intime de son cœur, qu'elle est l'objet constant de ses affections et de ses pensées, la règle de ses jugements. Se plaçant successivement à tous

^ Apoc. xrx, 4.

2 Luc. XI , 2.

^ Hebr. X, 5. ex Psalm. xxxix.

^ JoAN. VI, 38 ; vm, 29 ; V , 30 ; IV , 44.

les points de vue, il semble parcourir par la pensée toutes les circonstances , tous les états où il doit se trouver personnellement ou par ses membres, et toujours son esprî et son cœur se reportent vers la volonté divine comme ved leur centre essentiel et immuable. Ici il tressaille d'allé-' gresse; là il s'afflige et gémit; ailleurs il se félicite, il s'enflamme de zèle, il menace; plus loin il s'attendrit, il tremble, il espère, il supplie; mais c'est toujours la volonté de Dieu qui l'occupe et qui l'inspire. Ses accents prennent toutes les formes pour s'adapter à toutes les conditions et à tous les sujets; mais sous cette variété d'expression il y a une disposition d'esprit et de cœur invariable : c'est la disposition d'une âme parfaitement sainte qui ne forme plus qu'un vœu, qui n'a plus qu'un seul trésor : le bon plaisir de Celui qui est le seul grand , le seul éternel, le seul parfait : Solus bonus Rex, solus prcestans , solus justus et omnipotens et œternus K Elle revient à chaque instant à ce sentiment, parce que son ardeur est continuelle; et elle le répète sans cesse, parce qu'il est trop grand pour être jamais complètement exprimé. On dirait une faim et une soif qui renaissent à mesure qu'on les satisfait, ou plutôt qui s'accroissent par les efforts qu'on fait pour les rassasier. Ainsi c'est la perfection même, la suprême perfection , que l'Eglise nous remet chaque jour devant les yeux; et elle nous la fait voir dans son type le plus sublime, telle que Dieu la voit dans le cœur du Saint des saints. Quel ol3Jet plus touchant, pour ses ministres surtout, pour ceux qui, n'ayant qu'une même vocation et un môme ministère avec le Sauveur, ne devraient aussi avoir avec lui qu'un même esprit, une même volonté et une même vie !

^ II Mac. I, 25. — Hanc legem amat, amplectitur, deosculatur ; hanc nocte diequfc' versât ; huic intelligendse inhiat ; non à manibus unquam, non ab ore dimittit ; hanc gestat in oculis ; hanc imo pectori medullisque infigit ; hujus admiratur speciem , arcana scrntatur ; in eâ spem , gaudia , gloriam, divitias , amicitias, consilia omnia denique reponit ; hujus asquitati ac rectitudini se aptat; eâ^se régit, se tuetur, se exornat; arma h sec, hune clypeum , hos orjiatus , venustatemque cogitât. — Boss. Dissert, in Psalm. c. I, no 11.

DES PETiTES HEURES 359

En même temps qu'il nous met sous les yeux le modèle de toute perfection , ce psaume nous "inculque les principes les plus essentiels de la vie chrétienne et eccléisiastique.

Quel est Tabrégé de nos devoirs sur la terre? N'est-ce pas d'accomplir en toutes choses la volonté de Dieu? Deum time, et mandata ejiis observa ; hoc est enim omnis homo\ Du moment où le Créateur nous a appelés à l'existence il nous a assigné une fin et tracé une voie pour y parvenir. Notre condition nous oblige à marcher dans ce chemin, à avancer vers ce but. Suivre la voie du Seigneur, observer ses commandements, telle est notre destinée; telle est l'unique règle de notre conduite. Or quoi de plus propre à nous pénétrer de cette maxime que la récitation quotidienne d'un psaume où l'Esprit- Saint Ta présentée sous toutes les formes, où elle est entourée de toutes les considérations les plus propres à nous la faire goûter? Peut-on supposer qu'on oublie ou qu'on transgresse, dans la journée, l'unique loi à laquelle on est soumis, lorsqu'on s'est entretenu si longtemps, le matin, de son équité, de ses avantages, de sa nécessité 2? Après avoir protesté si hautement qu'on veut marcher dans les sentiers du Seigneur, après avoir répété tant de fois qu'on est prêt à tout souffrir plutôt que de s'en écarter, conçoit-on qu'on se détourne volontairement, qu'on recule devant un obstacle; et ne doit-on pas se sentir lié comme saint Paul, par une chaîne indissoluble, à l'accomplissement de la divine volonté : Ecce alligatus ego spiritu^ vado in Jérusalem ^?

Telle est la fin du psaume, tel est le fruit qu'il doit pro-

^ EccLi. XII, 13.

- Cogitatiim tuum habe In praeceptis Dei et in mandatis lllius assiduus esto, et ipse dabit tibi cor, et concupiscentia sapientias dabitur tibl. EccLi. VI , 37< Altiora te ne qusesieria et fortiora te ne scrutatus f ueris ; sed quas prseceplt tibi Deus, illa cogita semper. Ibid. m, 22. Os justi meditabitur sapientiam , et lingua ejus loquetur judicium. Lex Dei ejus in corde ipsius , et non supplantabuntiir gressus ejns. Psalm. xxvi, 32, 33. Ces dernières paroles, si souvent répétées dans l'Office des Confesseurs, nous révèlent le secret de leur vertu. Le cœur inspire les discours et dirige les actes.

^ AcT. XX, 22.

duire. Maïs le précepte que FEglise fait à ses ministres d( le réciter tous les jours semble étendre et préciser sa signi fication à leur égard.

Il leur enseigne et il doit sans cesse leur rappeler : 1° Que la sainteté n'est pas dans la vocation, mais dan^ la conduite ; in operatione consistit; que le mérite de notre' vie dépend du libre assujettissement de leur volonté à celk| de Dieu; qu'en vain ils se distingueraient de leurs frère par Téclatdes œuvres ou la sublimité des fonctions, s'ils n les surpassaient par la fidélité à tous leurs devoirs : Spre-^ visti omnes discedentes àjudiciistuis,.. Maledicti qui declinam\ à mandatis tuis * /

2° Qu'il ne leur suffit pas d'enseigner aux autres la loi de Dieu, mais qu'ils doivent y réfléchir, l'aimer et surtout la pratiquer : IFactorem quœritDeus, non pictorem ~;

3^ Que pour être fidèle à la loi de Dieu il y a beaucoup de sacrifices à faire et de combats à livrer, et que jamais nous ne devons cesser de nous exciter à la ferveur et à la générosité ;

4^ Qu'étant ministres du Seigneur, nous ne devons pas nous -contenter d'accomplir sa volonté en nous-mêmes, mais que nous devons travailler à la faire régner dans le monde; que ce doit être l'objet de tous nos désirs et de tous nos efforts; que notre cœur doit tendre continuellement vers ce but , comme les corps tendent vers leur centre et les eaux vers la mer;

5^ Que la grâce de Dieu nous est nécessaire pour mériter ses récompenses comme pour les obtenir, et que, fus sions-nous à la porte du ciel, au moment d'y entrer, nous sommes toujours, comme saint Pierre, sur les flots de la mer, tout près d'être submergés, sans autre secours que la main de Celui qui nous appelle et qui veut nous attirer à lui : Fiat manus tua utsalvet me ^!

Au reste, si nombreuses et si importantes que soient

Page 1