SALM. CIV
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Toutefois, quelque essor que l'espérance donne à 1' il reste un moyen plus puissant pour nous porter vers et nous mettre en communication avec lui : c'est l'ai es pur ou la charité. ai
La charité est l'affection principale du cœur. Elle év U inspire ou dirige toutes les autres. Elle retient ou m.i p son gré toutes les facultés. Amor meus pondus mewmen saint Augustin; quocumque feror, amore ferorK L'amou t dans les âmes ce que la pesanteur et l'attraction opi ik dans les corps. De même que chaque corps et chaque Ici tie de ce corps ont une tendance continuelle vers Vm qui les attire et qui est le centre de leur mouvement, m l'âme et toutes les puissances de l'âme, toutes ses a \ tions, toutes ses pensées tendent continuellement ir l'être qui les charme et auquel elles tendent à s'unir. ;« donc qu'on aime Dieu plus que toutes choses, on aï le à lui, on s'attache à lui plus qu'à tout le reste. Lorsq is aime Dieu uniquement et purement, on s'occupe unii ^ ment de lui ; on ne désire , on n'espère plus rien qu( 5 seul ou pour lui. Enlin plus on a d'amour de Dieu, on trouve en lui de douceurs et d'attraits; plus on se ] à le contempler, à le bénir, à l'admirer ; plus on esl ce qu'il estime, plus on redoute ce qu'il défend, plu; recherche ce qu'il désire; et plus par conséquent la pri l'application affectueuse et surnaturelle de l'âme à Die aux choses de Dieu devient douce, pure et persévéran la fois ^
Oui, pour une âme que l'amour de Dieu possède, prière n'est plus l'exercice d'une vertu laborieuse : g
1 Conf. XIII , IX. — De Civitate Dei XI, xxvni.
2 Qui diligit me, manifestabo ei meipsum. Joan.xiv, 21. — Cùm dilig id qiiod ex quantacumque parte cognoscitur, ipsa dilectione efficituj meliùs et perfectiùs coguoscatur. S. Aug. Serm. xcvi m Joan, 4
jouissance, c'est un besoin, c'est bientôt toute sa vie *. me un malheureux plongé dans la tristesse gémit nuellement, à son insu et même contre son gré, ainsi âme est sans cesse en bénédictions et en prière. Elle sans y songer; elle prierait malgré elle si elle pouvait er le dessein de ne pas prier. Tout devient pour elle ion et objet de prière 2. Le nom de Dieu, celui de ;, ceux qui rappellent spécialement les vertus ou les !S du Sauveur ne frappent jamais son oreille sans faire lillir son cœur : elle y répond aussitôt par un senti- I de pieuse vénération ^, Si elle prononce ces noms, ce
pas comme des termes ordinaires : on s'aperçoit à jnt de sa voix, aux traits même de son visage, qu'elle ; un acte religieux; elle y met toute son intelligence he toutes ses affections. Lit-elle la parole de Dieu dans tritures, elle y trouve un attrait, un goût, une saveur
spéciale*. Les maximes que les lèvres du Sauveur roférées ont pour elle une harmonie délicieuse et cé- ^ Du reste, aimant l'Eglise de Jésus-Christ du même r que Jésus- Christ lui-même, cette âme s'intéresse à e qui la concerne ; elle entre dans tous ses sentiments ; Se réjouit de toutes ses joies; elle s'afflige de toutes ses i3. Ce n'est pas elle qui écouterait avec indifférence ou une froide curiosité les persécutions auxquelles ses I sont en butte, les scandales qui les désolent, les péuxquels ils sont exposés. Chaque coup porté à la reli- (a frappe à l'endroit le plus sensible; elle considère i)ieu lui-même en est blessé; elle sent le besoin de ïrir des réparations dignes de sa justice. Chaque
a jam est labor, sed sapor. S. Bern. In Cant. Serm. lxxxv, 8. itare amantis est. Vox hujus cantoris fervor est sancti amoris,
(Serm. cccxxxvi, 1.
iinia ossa mea dicent : Domine, quis similis tibi ? Psalm. xxxiv. Cor et caro mea exultaverunt in Deum vivum. Psalm. lxxxiii , 3. ctio, seu quidam roseus liquor qui per totam animam se difCundit. IV. de sept. Grad. contempt.
teras de melle cœli melleas et de lumine Dei luminosas. S. Aug. b. IX, c. IV. — Sonet vox tua in auribus meis : vox enim tua dulloquia tua jucunda. Cant. 11, 14.— Qui liabet sponsam^ sponsus est; autem sponsi qui stat et audit eum , gaudio gaudet propter vocem JoAN. m, 29.
triomphe remporté par la grâce excite son allégresse comme le sort de TEglise est de passer sans cesse, toutes ses parties, de l'épreuve au succès et de la pr rite à la tribulation, cette âme porte toujours au fond d même les accents les plus vrais de la supplication Tallégresse, de Taffliction et de la reconnaissance *. E estimant uniquement ce que le divin Maître estime, ai sans mesure tout ce qu'il aime , elle soupire contini ment après toutes ses vertus ; elle vénère tous ses s stous ceux qui lui appartiennent , tous ceux qu'il ass( h sa gloire ; elle brûle de voir son nom sanctifié dans toi o cœurs , et son règne s'étendre dans tous les lieux ce k dans tous les siècles : Exaltare super cœîos, Deus, et omnem terram gloria tua ^ ! Benedictus Dominus Deus in num: fiât, fiât ^ Avec de tels sentiments, comment ne s ce pas à ses yeux un honneur et une félicité incompar de participer dès cette vie à l'emploi des bienheureu de préluder sur la terre au cantique du ciel : Sedei throno et Agno, benedictio et honor, et gloria, et potes sœcula sœculoïum ^?
Ainsi la foi élève l'âme et lui inspire des sentimen respect, de louange, d'admiration pour la majesté di l'espérance la fait soupirer vers les biens célestes pa vœux intéressés, mais justes et sincères; la charité, 1 sant à Dieu et à ses dispositions, met en elle des ( ardents et purs autant qu'immenses et insatiable: l'union de ces trois vertus, élevées à une certaine puis dans un recueillement qui en facilite l'exercice habi forme la disposition la plus désirable pour bien priei conséquent pour s^acquitter dignement et fructueuse du saint Office ecclésiastique : In ipsâ ergo fide, spe et tate, continuato desiderio semper oramus ^
1 Dominicis gaudens lucris et mœrens damnis. — Timet ne peref mines Christo, contristatur cum périt aliquis Christo ; concupiscit rere homines Christo. S. AuG. Tract» lx in Joan. 3.