RÉPONS
VI® du Commun des Vierges : Afferentur Régi virgines post eam : proximx ejus afferentur iihi, etc. Ps. xliv, 16. — Les vierges seront amenées à Jésus -Christ, vrai roi de gloire figuré par Salomon, à la suite de celle qu'il a prise pour épouse, c'est-à-dire TÉglise, de celle surtout qu'elle reconnaît pour reine. Toutes entreront successivement au ciel et y prendront rang selon leur mérite. — Specie tua et pxdchritudine tua intende, Ibid. Paroles qui s'adressent en premier lieu à Notre -Seigneur, mais qui conviennent aussi aux élus, à proportion qu'ils participent à sa gloire et à ses vertus.
VIII® des Apôtres et des Martyrs au Temps pascal : Candidi facti sunt Nazarsei ejus, alléluia : splendorem Deo dederunty alléluia. Et sicut lac coagulati sunt, alléluia, alléluia. Tiré des Thrènes, ou Lamentations de Jérémie, IV, 7. — Nazarseus veut dire consacré, immolé, sacrifié. L'Église attribue ce titre à ses martyrs. — « Leur sang les a lavés de toute tache : Candidi facti sunt. Ils ont glorifié Dieu en faisant éclater la force de sa grâce : Splendorem Deo dederunt; et par leur fermeté dans l'épreuve, ils ont donné à leur vertu un lustre tout nouveau : Sicut lac coagulati sunt, — ;s^. Candidiores nive, nitidiores lacté, ruhicundiores ebore antique, sapphîro pulchriores : Ils sont plus purs que la neige, plus blancs que le lait, plus vermeils que l'ivoire antique , et plus beaux que le saphir. » — Les anciens avaient coutume de faire subir une teinture à l'ivoire quand il avait perdu sa blancheur primitive. — Saint Cyprien faisait allusion au même passage lorsqu'il dit de l'Église : Erat antè in laboribus fratrum caiidida : nunc facta est in Martyrum cruore purpurea, Lib. III, Ep. vi. — Et saint Jérôme donne au verset 10, ch. v, du Cant. : Patruelis meus candidus et rubicundus, un sens analogue, pour dire que sainte Paule, qui n'avait pas versé son sang, n'en avait pas moins devant Dieu le mérite du martyre.
Observons, en passant, que, dans les répons, les reprises sont de simples retours à l'idée précédente, des répétitions destinées à la graver dans l'esprit; et que les versets et les répons devant être chantés au chœur par des voix différentes, il n'y a pas entre eux de confusion possible. On ne doit donc pas s'étonner si, joints aux paroles qui les précèdent immé-
diatement, ils offraient une construction incorrecte ou un sens incohérent. Faire une même phrase des uns et des autres, c'est altérer la pensée; c'est leur donner un sens tout différent de celui de l'Église.