‹ Le saint office considéré au point de vue de la piétéChapitre 27 sur 227 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Sixième pratique : se tenir dans une attitude religieuse.

Dans la célébration des divins Offices, tout commandé le respect, et oblige à veiller sur soi. La sainteté du lieu le sentiment de la Majesté divine qui y est présente, le regards auxquels on est exposé, suffisent pour écarter toul péril de légèreté et toute apparence de dissipation. 11 n'er est pas de même lorsqu'on récite l'Office en particulier. L( regard de Dieu fait toujours moins d'impression quand n'est pas soutenu par celui des hommes ^ Puis la natur< est habile à trouver des prétextes pour excuser sa lâcheté On craint de fatiguer l'esprit en incommodant le corps; oi désire ménager son application et ses forces pour un autr usage qu'on croit plus important ; on se dit que Dieu es esprit et qu'il ne regarde que les dispositions du cœu Ainsi l'on s'accorde sans scrupule bien des licences secrè tes, et l'on contracte enfin des habitudes d'immortificatio aussi funestes à l'esprit de prière que contraires à la gloir de Dieu et à l'édilication du prochain.

Sans doute, c'est l'intérieur seul que Dieu considère e nous; mais cet intérieur ne dépend-il pas essentiellemer

1 Difficile est Deo tantùm judice esse contentum. S. Hieron., Dial. aà\ Lucif. XV.

'attitude et de la composition extérieures? Dieu n*a lonné le corps à l'âme seulement pour en faire le siège on action et l'instrument de sa volonté : il a voulu Ile l'associât à sa vie et à toutes ses œuvres; ou plutôt, lisant de ces deux substances une seule et même pere, il a mis entre elles une telle union, une correslance si exacte, une solidarité si complète, que toute ence, toute disposition, toute manière d'être se comique nécessairement de l'une à l'autre*, et que rien 3 qui affecte celle-ci ne peut rester étranger à celle-là. t sur ce fondement qu'on établit la nécessité d'un culte rieur et public. C'est par ce motif qu'on recommande fidèles les pratiques extérieures , qu'on les exhorte à attitude respectueuse et modeste durant les saints tères. Sancta sanctè , leur dit-on. De quel droit prétent-on ici décliner l'autorité de ces maximes, et refuseon de se soumettre à ces règles? A moins de se conire, on doit avouer qu'on ne saurait réciter dignement ice divin, et avoir dans le cœur les sentiments religieux I demande, sans que ces sentiments se traduisent de [que manière au dehors, et il en faut conclure qu'un ésiastique dont l'attitude manquerait de respect durant î fonction, qui donnerait à ses sens la même liberté que s'agissait de délassement ou de lecture profane, ne •ait être animé d'une dévotion véritable, et que ce dé- ,, s'il devenait habituel, ne tarderait pas à étouffer juslux derniers germes de la piété dans son âme. ussi quels exemples trouvons- nous sous ce rapport s la vie de Notre -Seigneur et des saints prêtres, nos lèles? Sans doute le Sauveur priait partout, dans les onstances même les plus dissipantes, parce que son rit était, comme son cœur, indissolublement attaché à Père; mais son extérieur n'était- il pas toujours grave feligieux? Etquand il s'appliquait exclusivement à prier,

Nescio quomodô cùm hi motus corporis fleri nisi motii animi prsecee non possint, eisdem extcriùs rursùs visibiliter f actis, ille interior In- )ilis qui eos fecit, augetur, ac per hoc cordis affectus, qui ut fièrent praecessit, quia f acta sunt cresclt. S. Aug. De Cura x>ro mort, v.

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quand il voulait donniBr à ses disciples l'exemple di prière, avec quelle humilité ne s'abaissait-il pas devai Majesté suprême! Il levait les yeux au ciel : Sublevatis lis in cœlum K II pliait les genoux comme un suppliai Procidit super terram^. Etpositis genibus orahat^. Quelq fois il s'inclinait profondément et se tenait prosterné face contre terre : Procidit in faciem suam or ans *. Les a très et les premiers fidèles priaient de même : Ejectis om bus y Petrus ponens genua oravit^. Et positis genibus si oravit Paulus cum omnibus illis^, A leur imitation,, grand nombre de saints prêtres se sont fait une loi de citer rOflice à genoux, autant que les circonstances le permettaient. Cette pratique était commune dans les tec où les vertus de mortification et de pénitence n'étaient regardées comme le partage exclusif des cloîtres '^. C'é celle de saint Vincent Ferrier, de saint Charles, du vé rable Bellarmin , de saint Vincent de Paul , de saint Fr cois de Sales, de saint François de Hieronymo, et, de jours encore, de l'admirable curé d'Ars. Que si, à côt(| ces saints prêtres, il en est d'autres aussi respectables | n'ont pas cru devoir s'assujettir à une règle si pénilj s'ils ont cru cette mortification au-dessus des forces oi naires, au moins n'y en a-t-il aucun qui ne se soit astr à une contenance recueillie et modeste, et dont l'extér n'ait témoigné constamment de la religion , de l'hum et de la ferveur que lui inspirait cet auguste ministè

1 jo an. xvii, 1.

2 Marc, xiv, 35.

3 Luc. XXII, 41.

^ Matth. XXVI, 39.

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