‹ Le saint office considéré au point de vue de la piétéChapitre 40 sur 227 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Extraits des Pères : style de ces écrits et sens mystiques.

La Tradition accompagne partout TÉcriture' au saint ffice, soit comme complément, soit comme commenire ^ Tous les évangiles en particulier sont suivis d'hoélies, empruntées aux savants Pères, comme pour nous )prendre où se trouve le vrai sens de la parole de Dieu

dans quels auteurs nous devons en chercher Texplica- 3n. 11 serait avantageux d'étudier ces extraits dans les uvres mêmes d'où ils sont tirés. Si cela n'est pas possible,

1 devrait au moins acquérir quelque notion sur la vie et s ouvrages des saints Docteurs; puis éclaircir par l'étude , la réflexion les difficultés que pourraient laisser dans esprit les passages qui reviennent le plus fréquemment ^

^ In orationibus privatis non semper necesse est loqul Scripturse sacrse srbis, sed Interdùm propriis et prudenter excogitatis ab ipso orante : go et in orationibus publicis potest uti Bcclesia ab ipsâ inventis seu à is doctoribns desumptis et publicâ auctoritate approbatis. Suares. De or, Can.j ii, 21.

2 Ces extraits , dont l'usage remonte à S. Césaire d'Arles , 500 , sont enre cités sous le nom des Pères auxquels on les attribuait à l'époque où \ furent insérés au Bréviaire. Mais l'authenticité d'un certain nombre fc devenue douteuse , et même peu probable : v. g. SS. Innocents. Serm. 10

Sanctis de S. Augustin ; Octave de TAscension, et lendemain de l'Octave, irm» cLxxvi du même Père; le jour de la Dédicace, Serm. cclii; le 9 sept., rm, XVIII, De Sanctis , etc.. Toutefois, ce défaut n'enlève rien à leur ileur comme instruction, comme exhortation, et comme monument litur^ que. •— Voir, à la fin du volume , les notes IV et IX.

Deux choses étonnent souvent les jeunes ecclésiastiqu lorsqu'ils comparent ces extraits des Pères que l'Egli leur fait lire avec ceux des auteurs classiques qu'ils o admirés dans leurs études littéraires, c'est la simplicité style qu'ils y remarquent et les interprétations mystiqu dont ils les voient remplis. Pour se rendre compte de c particularités et pour les apprécier, il importe de réflécb et de se placer au vrai point de vue.

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Les saints Pères n'étaient pas des rhéteurs ni des écr |^ vains de profession , appliqués à soigner leur parole et polir leur style : c'étaient des pasteurs de l'Eglise et d( hommes de Dieu. Lorsqu'ils parlaient où qu'ils écrivaien ils étaient loin de songer à faire admirer leur talent ou flatter le goût des esprits cultivés; ils n'avaient dans l'es prit que la multitude des âmes auxquelles ils s'adressaien la nécessité de les conduire au salut, les vérités dont i devaient les convaincre, les vertus qu'il fallait leur faire en brasser. Si ces âmes avaient la foi, ils s'attachaient à leu en faire comprendre, apprécier, pratiquer les maximes elles étaient étrangères à nos croyances , ils s'eiTorçaieri de leur en montrer la beauté et la solidité. Ils continuaien l'œuvre des apôtres à la manière des apôtres , plus atten tifs à suivre l'exemple du divin Maître et les mouvement de sa grâce qu'à se conformer aux règles de l'éloquence jugeant avec raison que pour avoir droit de demander leur auditoire toute son application pour la doctrine qu'il lui enseignaient, ils devaient montrer qu'ils l'estimaien. assez eux-mêmes pour en faire l'unique objet de leurs pré occupations.

A ce sujet , saint Augustin fait sur saint Cyprien un( remarque qui peut s'appliquer à lui-même et à biei d'autres. « Ce saint évêque, dit-il, avait été professeur d( littérature avant sa conversion. Il ne tenait qu'à lui d'écrire

; autant de pompe, d'éclat, d'élégance que les maîtres 1 avait suivis et les disciples qu'il avait formés; et il ble même avoir voulu montrer, je ne sais pourquoi, ce 1 pouvait faire en ce genre, dans son f^pître à Donat; s il s'est abstenu de cette manière d'écrire dans tous autres ouvrages , par la conviction où il était qu'un 3 ambitieux, recherché, trop brillant, convient mal à ravité du christianisme et à la modestie d'un ministre 'Eglise K »

e n'est pas à dire qu'on ne trouve dans les écrits des ts Docteurs, aussi bien que dans les Ecritures, des ceaux admirables pour la forme comme pour le fond, lême bien supérieurs à ce que les auteurs profanes ont jlus achevé. « Il y a, dit encore saint Augustin, une Até de forme, une noblesse de langage, une sublimité bquence qui naissent d'elles-mêmes, pour ainsi dire, résultent naturellement de la grandeur des idées, de )rce des convictions , de la vivacité des sentiments. Les 3S s'y élèvent souvent, sans y prétendre, sans s'y comre et comme à leur insu. » Mais ce qui fait leur carac- , ce qui les distingue de tous les écrivains profanes et ne d'un grandi nombre d'auteurs ecclésiastiques venus îs eux , c'est le fond de leur doctrine ; c'est son caractère jieux et tout céleste; c'est la gravité de leurs pensées 1 beauté de leurs sentiments; c'est la charité, la moie , la sincérité que toutes leurs paroles respirent ; c'est amière et la chaleur qu'elles répandent; c'est l'onction les pénètre et qu'elles insinuent dans les âmes, oilà le grand mérite des Pères et ce qui règle le choix .'Eglise dans l'usage qu'elle fait de leurs écrits en son ce. N'est-ce pas aussi ce que nous devrions considérer premier lieu? Nous avons à prier Dieu, à célébrer ses odeurs, à entrer dans ses desseins, à nous concilier amour, à mériter ses bénédictions. Est-ce le moment précier le génie des saints Docteurs, d'admirer leur irature, d'apprendre d'eux à parler ou à écrire? Ce qui

[ste vir sanctiîs et posse se ostendit sic dicere, quia dixit alicubi ; et quia postmodum nusqnam. S. Aua. De Doct. christ, IV, xiv, 31.

doit faire l'objet de notre attention et de nos désirs, ce nous devons tâcher de nous assimiler, n'est-ce pas plLvero ce qu'ils ont de surnaturel , les lumières qu'ils ont reJpnie du ciel et les vertus qu'ils ont possédées, leur foi, religion , leur humilité , leur sagesse , leur zèle , leur rite?

Ces considérations devraient suffire pour nous tenir garde contre certaines critiques plus ou moins inconsi rées dont cette partie de l' Office est quelquefois l'objet Pourquoi , dit-on , répéter si souvent les merties hor lies, celles du Commun par exemple? Que n'a-t-on ch pour ces leçons un style plus élégant, des pensées p relevées, une éloquence de meilleur goût?

Ceux qui font ces plaintes et qui expriment ces regrets sont pas d'ordinaire les ecclésiastiques les plus pieux , plus affectionnés à la prière, les plus unis à Dieu, les p ^gg^ zélés pour leur perfection. Ce sont des esprits délie peut-être, intelligents, mais immortifiés et curieux, p fientes aunbus, comme dit l'Apôtre, plus soucieux de s' struire que de se sanctifier, qui portent dans la prière préoccupations de l'étude, qai songent toujours à or leur mémoire et à perfectionner leur inteUigence, jam ou presque jamais à humilier leur vanité, à se détacl du monde, à connaître leurs défauts, à gémir de le fautes. Qu'ils renoncent à leurs dispositions , qu prennent l'esprit dont ils devraient être animés, qu'ils se proposent dans l'Office que ce que l'Eglise a en vu Quœrant inveniendum \ Au lieu de murmurer contre el b ils lui sauront gré de leur apprendre à préférer l'utilit l'agrément, la simplicité à Télévation , l'humilité du c à l'enflure de l'esprit''. Ils se rappelleront le langage q Jésus- Christ, la sagesse même, a voulu parler sur la ter

'^ s. AuG. In Joan, Tract, lxiii, 1.

2 Bonoruni ingeniorum insignis est indoles In verbis veriim ama non verba. Quid enim prodest clavis aurea, si aperire quod volumus i potest ; aut quid obest lignea, si hoc potest, quando nlbil quœnmus patere quod clausum est ? S. Aug. De Doct. christ. IV, xi. Maxime in eci siasticis rébus non quserantur verba , sed sensus : panibus enim vita s tentanda, non siliquis. S. Jer. Ep. ad Damas ^ xxi. 13.

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bus accessibilis , quamvis paucissimis penetrabilis ^ , et

'ouveront juste que dans ses livres religieux, compo-

comme l'Evangile, pour tous les lieux et pour tous

3mps, et destinés aux plus humbles esprits comme

ntelligences les plus sublimes, l'Epouse du Sauveur

îcherché l'onction plus que les ornements de la litté-

e, qu'elle ait fait plus d'emprunts à la sagesse de saint

Dire qu'à l'érudition de saint Jérôme, et qu'elle ait

ré certaines homélies familières de saint Augustin

passages les plus magnifiques de saint Hilaire, de

Léon , ou même de saint Jean Chrysostome \

agit comme l'Eglise , quand on a les mêmes vues que

se. Si l'on ne cherche qu'à s'édifier, qu'à prier, quels

les livres que Ton choisit? Ne préfère-t-on pas les plus

et les plus pieux aux plus sublimes? Ne laisse-t-on

ossuet pour V Imitation? De même dans la prédication :

'[voyons tous les jours combien le soin excessif de la

î nuit à l'onction et à la vertu des paroles. On porte

laire, au jugement d'un grand nombre, trop d'art

AUG. Ëp. cxviîi, ad VoUis.-^ Axioma est summsie auctoritatis docere i nudâque veritate, non vanis humanœ sapientise yerbis. Plane enim

llllebat sermonem inspiratorum et veritatem Dei proponentium flos-

nestitui: docent enim auctoritate Ipsâ divinâ» Hinc qu6 humilior

sermo apparet, eo ultiùs seriositate et elevatione sermonem

am transcondlt. S. Aug. De Doct. christ. 1. IV, c. vi. — Est in

simplicibus semper divinarum rerum sensus augustior. S. Jer.

Tov. I.

iT) à la fin du livre, la Note IX. — Hien de plus simple que lea s de S. Grégoire pape ; mais aussi quoi de plus pieux, de plus sage

jblus pratique? On peut citer comme exemples les homélies qu'on si souvent à l'Office des Confesseurs, Pontifes et non Pontifes :

05 veregrè , et : Sint lumbi. Toutes deux nous offrent les instructions i solides et les plus frappantes. Toutes deux nous mettent en la e du souverain Juge : elles nous rappellent qu'il peut à chaque nous demander compte de notre vie, et qu'il nous importe infinie ne pas nous laisser surprendre. L'homélie des Pontifes explique clésiastiques que les bonnes œuvres doivent être proportionnées ices reçues; que, s'il y a diverses positions et divers emplois sur il n'y a au ciel qu'une seule règle de justice ; que tous doivent er pour Dieu dans le temps, et que tous peuvent également jouir L dans l'éternité. Si l'on réfléchissait à ces vérités, ne les trouvepas aussi profondes que solides, et se plaindrait-on que l'Église les 3 avec tant d'insistance ? Nunquam iiimis dicitur quod nunquam scitur^

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