IL — CORPS DES MATINES
Des Nocturnes et des Psaumes.
Aux fériés et dans les Octaves de Pâques et de la P côte, les Matines n'ont qu'un nocturne; mais généi ment elles en ont trois , composés chacun de psaum de leçons. Les psaumes sont aussi d'ordinaire, pour ch nocturne, au nombre de trois. Il faut excepter l'un nocturne des fériés et le premier des dimanches, qu ont douze.
Ces nombres , trois , neuf et douze , au sentiment liturgistes, sont symboliques, c'est-à-dire choisis à sein pour suggérer des idées ou des souvenirs religi* en rapport avec l'office.
Les trois nocturnes des fêtes, comme toutes les divis par trois , rappellent en premier lieu les trois persoj divines, d'où découlent tous les dons et à qui toute g doit revenir. Ils doivent faire penser aussi aux trois ve principales, de foi, d'espérance et de charité, qui comme l'essence du culte divin et la source des vérita mérites.
A cause de leur succession et de l'intervalle qui les parait autrefois, ils pourraient rappeler les trois prière Sauveur à Gethsémani, la veille de son sacrifice % ou jours qu'il a passés dans le tombeau avant sa résurrectio mais on les donne ordinairement comme représentant trois âges du monde, par rapport à la religion : l'ère ; mitive, l'ère mosaïque et l'ère chrétienne; et l'on fait marquer que les leçons deviennent de plus en plus clai et se terminent par l'évangile ^ et le Te Beum.
Quant aux éléments qui composent les nocturnes,
1 Theod. Peltanus , De Orat. nu.
2 M. Olier, Mystères de Notre - Seigneur. '^ Inter omnes divinas auctoritates Evangelium meritô excelîit.
enim lex et prophetse futurum prasnuntiarunt , hoc redditum et cou tum in Evangelio dcmonstratur. S. Aua. de Cons. evang. I , i.
psaumes, considérés dans leur totalité, représentent leuf chœurs des anges, d'autant mieux qu'ils se ressent comme eux en trois groupes , égaux en nombre ibordonnés. Ils nous invitent donc à nous unir aux its célestes, comme les saints que nous honorons, et orifier avec eux l'adorable et éternelle Trinité. Les e psaumes des jours fériaux font également penser au
Leur nombre caractérise la cité permanente, qui ^te douze tribus dans son sein , qui a douze portes à enceinte, et qui s'appuie sur douze fondements qui les douze apôtres. M. Olier fait remarquer en outre ces douze psaumes répondent aux douze heures de ait, comme les douze psaumes des Petites Heures ndent aux douze heures du jour. Suivant lui, l'Eglise igné par là le désir qu'elle aurait d'en consacrer tous astants au culte de Dieu, et de lui chanter à chaque e un cantique nouveau ^
s observations paraîtront à certains esprits plus ingères que pratiques. Mais une indication importante,
personne ne contesterait l'utilité, c'est celle qui déinerait l'objet propre de chaque Nocturne, et le point Lie auquel il convient de se placer pour bien entendre citation des psaumes, ins prétendre rien établir d'une manière absolue, et
en nous défiant des exagérations auxquelles porte rit de système , nous croyons devoir exposer ici ce que
avons trouvé de plus satisfaisant à cet égard, par ort aux offices du Commun des saints, offices qui ocnt, comme on sait, les trois quarts de Tannée.
premier but de l'Eglise , à Matines , est toujours de r Dieu pour le saint qu'elle honore, d'admirer les voies
Providence à son égard , de la remercier des grâces
elle l'a comblé 2. Jetant donc un coup d'œil sur la née de ce saint et la parcourant du regard, elle y ngue trois parties essentielles, le principe, le milieu.
I. Olier, Exercices du Séminaire, p. 161. )lier, supra, p. 290.
la fin; et elle les honore Tune après l'autre. C'est là Toi des trois nocturnes.
Dans le premier, l'Église contemple le saint dans idées de Dieu; elle admire le type sur lequel le Seign» veut le former ; elle vénère l'excellence et le mérite de vocation qu'il lui destine. Aussi les leçons sont- elles tir des Écritures, et ont-elles pour objet, si elles sont propr l'idéal de perfection dont le saint devait s'approch comme Apôtre, Martyr, Docteur, etc. Au second noctur le saint apparaît dans sa vie terrestre. On considère le pr qu^il a tiré de ses grâce» et la manière dont il a répon aux desseins du Seigneur. C'est pourquoi les leçons ce tiennent l'abrégé de sa vie au point de vue de la sainte Au troisième , l'Église contemple la récompense qu'il a i çue, et exalte l'état glorieux dam lequel il est entré, I nulle autre leçon qu'un évangile relatif au royaume Dieu, avec une explication des saints docteurs, suivie cantique d'action de grâces.
Dans chacun de ces nocturnes, le point de vue est £ par^ les leçons; mais les antiennes et les psaumes adaptent sans peine, et souvent même avec bonheur est vrai qu'en choisissant les psaumes, on n'avait p probablement, dans l'esprit un pian si précis. Il est v encore que l'ordre numéral , qu'on a voulu conserver ase souvent, a mis quelque entrave dans le choix. On l'a f néanmoins suivant les convenances du sujet avec une berté suffisante, puisqu'il a pu s'étendre, pour chaq office, du premier psaume au cviii®*.
Ce que nous venons de dire suffirait pour diriger esprit attentif dans l'intelligence des psaumes et dans le application à l'Office. Toutefois, pour prévenir toute hé tation et rendre superflue toute recherche, nous ne laisi rons pas d'indiquer d'une manière détaillée et précise l'id principale de chaque psaume, telle qu'elle résulte de
^ Ainsi ces psaumes sont choisis entre tous ceux qui composent Matines des sept jours de la semaine. On sait qu'ils vont du i" au cv sans interruption , ceux des Laudes et de Prime exceptés.
:e qu'il occupe dans le plan indiqué , et du sens de Tanne qui raccompagne.
ous n'avons pas besoin de rappeler que ces psaumes toujours à nos yeux l'expression des sentiments du s^eur, que Jésus-Christ est le modèle de tous les préinés, et qu'aucune disposition surnaturelle ne peut |ter dans les membres de l'Eglise qu'elle n'ait été lablement d'une certaine manière dans le chef.
COMMUN DES APOTRES h' Nocturne. — L'apostolat dans les idées de Dieu.
s:viii. Cœli enarrant : Mission donnée à l'apôtre pour angéliser le monde.
II. Benedicam Dominum : Bénédictions assurées à ses ivaux et à ses prières.
Erudavi ; Victoire définitive et triomphe qui l'attend.
II« NocT. — L'apostolat réalisé dans la vie du saint.
Omnes gentes : Soutenu par la divine grâce, l'apôtre rcourt le monde et soumet les nations au Dieu d'Aaham.
Exaudi,,. deprecationem : Il rend à ses frères le droit 'ils avaient perdu à l'héritage du ciel. . Exaudi, . . orationerri : Il surmonte tous les obstacles fait cesser toutes les oppositions.
NocT. — L'apostolat glorifié dans la personne du saint.
'. Confitehimur : Sa grandeur au ciel est proportion- 3 à ses abaissements et à ses peines sur la terre. Dominus regnavit; exultet : Joie qu'il goûte en voyant ^ œuvre accomplie dans ce monde.
[ Dominus regnavit; irascantur : Part qu'il reçoit à
l'empire du5auveur en récompense de son éminente ju tice.
On a remarqué que chacun des offices de la semaine ( représenté dans celui-ci, et contribue pour sa part ai louanges des apôtres. Les applications les plus frappant se présentent en foule à l'esprit ; In omnem terram exi sonus eorum,,. Lex Domini convertens animas^... Magniftci Bominum mecum,., Venite, filii, audite me : timorem Bowi docebo vos^.,. Propatribus tuis nati sunt tibi filii : constiti eos principes super omnem terram; propterea populi confi buntur tibi in œternum^,,, Dixi iniquis : Nolite inique age^ et delinquentibus : Nolite exaltare cornu ^,., Dominus regn vit, irascantur populi,., Confundantur omnes qui adore sculptilia^,,,, etc.
Au Temps pascal , ces psaumes restent les mêmes ; mî le reste change. Le but de ce changement est de meti en relief dans l'apôtre sa qualité de martyr, et de fai admirer la gloire dont ce titre le fait jouir auprès du Sa veur ressuscité.
COMMUN D'UN MARTYR « l^' NocT. — Le martyr dans les idées de Dieu.
Ps. I. Beatus mr qui non abiit : Fidélité à la loi de Die
source de toute bénédiction.