JOAN. XI
emandes qu'on peut faire au Ciel. Il l'appelle : Formula ietatis , jugis oratio * .
Par le signe de croix qui l'accompagne, on reconnaît ue toute grâce découle du sacrifice du Calvaire; on conacre à Dieu son intérieur; et fermant son âme à l'ennemi u salut, on semble dire comme ce vaillant soldat du hrist : Ego signo crucis protectus^ hostium cuneos penetrabo curus ^.
Invitatoire, et Venite, exultemus.
Le but de l'invitatoire est d'animer en nous l'esprit de rière, en fixant nos pensées sur ce qui fait l'objet de 3S adorations et de nos louanges. Il est à l'Office' ce que
texte est au discours, ce qu'est à l'oraison l'adoration l'énoncé du mystère. C'est la pensée mère à laquelle utes les autres se subordonnent, le centre auquel toutes s affections se rapportent, le but vers lequel tout doit ndre. On le répète plusieurs fois et à divers intervalles , in de le bien comprendre, d'en saisir toute la portée et 3 s'en pénétrer profondément.
Il en est qui écoutent cet invitatoire comme la voix de mvoyé divin appelant au banquet les amis de l'Époux , i comme celle de l'Église du ciel , qui invite l'Église de
terre à s'unir à elle dans une adoration commune. Cette
usée doit éveiller la ferveur et l'allégresse : « Hier, rivait saint François de Sales, le jour de saint Pierre
liens, tandis qu'on chantait au Chœur l'invitatoire: ive le roi des Apôtres; venez, et adorons-le; j'eus un si l)ux et si aimable sentiment que rien plus; et soudain je îsirai qu'il s'épanchât sur tout mon cœur. 0 Dieu, Notreiigneur nous soit à jamais toutes choses ^ ! »
Le psaume xciv, Venite, exultemus^ est le développe-
^ Coll. X , 9.
Offl^cium 8. Martin. Taron, — Olibr, Catéchisme chrétien pour la intérieure, II, xm.
LeTT. DCCXXIV.
ment de l'invitatoire , comme l'invitatoire est le refrain d psaume et son application à l'objet de la fête. Ce psaum mérite d'être étudié avec d'autant plus de soin qu'on 1 répète chaque jour *, et que la manière dont on le récit a une grande influence sur la suite de l'Office.
C'est Jésus- Christ qu'on y entend. Il s'adresse à tou ses membres et il les invite à bénir avec lui le souverai Être, arbitre de leur vie et principe de tous les biens Pour animer leur ardeur, il trace le tableau le plu frappant des œuvres de Dieu et de ses perfections, d sa grandeur, de sa puissance, de sa bonté et de sa justice éveillant à la fois dans l'âme le respect et l'amour : deu dispositions qui semblent contraires, mais qui se sou tiennent l'une l'autre et qui sont essentielles à l'espri religieux. La première partie du psaume doit inspirer ui grand désir de louer Dieu comme il le mérite ; la seconde une vive appréhension de s'acquitter de ce devoir avec in différence et dissipation. Toutes deux sont de nature donner une haute estime du ministère qu'on remplit, et d l'Etre infini dont on va célébrer les grandeurs.
Dès les premières paroles : Venite, adoremus, il convien de se représenter par la pensée tous les bienheureux di ciel, tous les saints de la terre, et en particulier tant d dignes ecclésiastiques, occupés à louer comme nous 1î Majesté divine. Malgré la distance des lieux et des temps on ne forme avec eux qu'un seul corps , et l'on doit êtr< animé d'un même esprit. On s'unira donc à Jésus- Christ chef de ce divin corps, et donnant à ses paroles tout( l'extension qu'elles comportent, on invitera avec lui touj ses membres à redoubler de ferveur dans les hommaget qu'ils rendent à son Père. On pourra penser aussi aux infidèles et aux pécheurs qui ne louent pas Dieu comme ih le devraient. On demandera que leurs illusions se dissipent, que leur dureté s'amollisse, qu'ils cessent de méconnaître la puissance, la justice, la bonté du souverain Maître. Rien de plus conforme à l'esprit de Notre-Seigneur,l
^ Sanf rÉpiphanie , où l'on est assez invité par le mystère même é venir ii Jésus - Christ pour glorifier Dieu en lui et par lui.
est tout charité et par conséquent tout zèle : Ignem i mittere in terrant, et quid volo^ nisi ut accendatur^?
Hymne.
'hymne qui vient à la suite de Tinvitatoire a encore r but d'exciter l'attention de l'esprit et les affections cœur par rapport à l'objet de la fête. Écrite dans un gage particulier, solennel, harmonieux, demandant napllement l'accompagnement du chant, respirant l'allésse et provoquant l'admiration , cette partie de l'Office spécialement propre à élever les pensées au ciel : elle avoir pour effet de nous unir aux transports de l'Eglise mphante'.
omme les hymnes varient suivant les offices , et que le .ibre en est considérable, il serait difficile d'entrer ici s le détail ; mais nous croyons devoir rappeler le conque nous avons déjà donné, d'étudier ces hymnes à ir, celles surtout qu'on récite le plus fréquemment. La sie en est d'ordinaire assez simple; un esprit familiaavec le langage des Ecritures et le sens des mystères Ipénètre aisément les difficultés. Néanmoins il est bon jles lire d'abord en particulier, avec réflexion, et même ecourir sur certains points aux explications des auteurs, ce moyen , on s'épargnera des embarras dans la prière, 'on échappera au danger d'hésiter sur le vrai sens de Iques termes inusités dans le latin classique.
Luc. xn, 49.
Hymnl sunt cantus continentes laudem Dei. Si sit laus et non sit Dei , est hymnus. Si sit laus Del et non cantetur, non est hymnus. Oportet , thymnus, liabeat hsec tria : et laudem, et Dei, et canticum. S. Aug. ''salTYi, Lxxn, 1. Les hymnes furent de bonne heure autorisées dans ise. Hymni matutini et vespertini omnino decantentur, dit le Concile de, c. XXX (506). Mais elles ne semblent pas avoir fait partie du iaire avant le xi^ siècle. Il n'y en a pas encore à présent pour le jour âques.