‹ Le Saint OfficeChapitre 18 sur 212 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Seconde pratique : s'exciter par de pieuses considérations à bien réciter rOffice î.

Il importe que les premières paroles de l'Office soient récitées avec dévotion ; car l'œuvre se ressent toujours des dispositions qu'on y apporte; et s'il est difficile de ne pas se relâcher, même après le début le plus fervent, que serait-ce si l'on commençait par la négligence et la dissipation ?

Rien donc de plus fâcheux que d'ouvrir le Bréviaire avec chagrin, comme à regret : Ex tristitià aut ex necessitate'-. il faut le prendre avec une sainte joie : Bono animo, comme le veut l'Esprit-Saint^; il faut s'y mettre tout entier, selon le mot de saint Augustin : Deurri foti îaudate^; il faut appeler à soi toutes les puissances de son âme , à l'exemple de David : Benedic, anima mea, Domino, et omnia quœ intra me sunt^; et dire avec la même sincérité et la même ardeur

* Dignlor enini sequetur effectus quem ferventior praecedit aflectus. S. AuG. Ep. ad Prob. cxxx , 18.

- II Con. IX, 7.

' Bono animo gloriam rcdde Deo et non minuas piimltias manuum tuanim. EccLi. XXXV, 10. — Gaudeamus in Domino, diem festum célébrantes. Miss. Introït.

* In Psalm. cxLViir.

•' Psalm. cii, 1.

que ce saint roi : Je vais chanter les louanges de Dieu : je les chanterai de tout mon cœur : In toto corde meo ».

Sainte Colette , la réformatrice des Clarisses au quinzième siècle, fut toute sa vie un modèle admirable de cette pieuse ferveur. « Sa joie éclatait, dit son historien*, dès qu'elle entendait le signal de l'Office. Quelque peine qu'elle eût auparavant, son esprit reprenait son calme et sa sérénité. Jamais elle n'était plus heureuse que lorsqu'on était longtemps au chœur. L'allégresse qui réjouissait son âme rejaillissait dans ses traits, et donnait à son visage un éclat radieux. »

Mais comment s'exciter à la dévotion au début du saint Office? Par quelque considération sur l'excellence de l'acte qu'on accomplit, sur la présence de Dieu à qui l'on s'adresse, sur la multitude et l'ardeur des saints qui prient avec nous au ciel et sur la terre ' 1

1° Rien de plus efficace que de considérer l'excellence du ministère que l'on remplit. 11 faut songer qu'on va se présenter à Dieu comme l'organe de Jésus-Christ et le représentant de l'Eglise; qu'à ce double titre on est chargé de traiter des objets les plus sublimes et des intérêts les plus chers; qu'on a mission et autorité pour réparer toutes les offenses dont la Majesté souveraine est l'objet, et pour obtenir de sa bonté toutes les grâces de conversion, de sanctification, de persévérance dont les hommes ont besoin. Cette vue est si frappante, qu'il suffit d'un regard pour en ressentir une impression profonde.

* David exprime souvent ce saint désir, et il en donne à chaque fois un nouveau motif : 1» les merveilles de la puissance divine : Confitebor tihi in toto corde meo : narrdbo omnia miraliiUa tua. Psaiji. xcxn ; 2» la bonté du Seigneur à son égard : Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo, quouiam audisti verba oris m,ei. Psalm. cxxxvn; 3° la vue des saints, qui l'excitent par leur exemple : Confitebor tibi, Domine, in toto corde meo, in conslUo justorum et congregatione. Psalm. ex; i" les perfections infinies de Dieu : Voluntariè sacrificabo tibi, et amfitebor nomini tuo , quoniam bonum est. Psalm, Lm.

2 Steph. Juiiicos, Âcta Sanctorum., 6 mart., c. xxui.

^ Kous avions indiqué ici le Traité de la prière publique de Dugnet, en avertissant de l'esprit janséniste de l'auteur : nous devons ajouter qu'il a été condamné et mis au rang des livres prohibés. Voir plutôt Mollna : /"struction des prêtres. Addition cm IIP Traité.

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