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PROV. XXV

* Serm. in Festo omnium Sanctorum.

^ S. AuG. Tract, m in I Joan , c. ir.

^ Imit. III, 1 . Lectio in cortice^ meditatio in aUipe. S. BEiiN,I>e modo orandl.

NEUVIÈME PRATIQDE 153

Tels étaient les sentiments du pieux Gallemant, le premier supérieur des carmélites en France , l'ami de saint François de Sales et de saint Vincent de Paul. Il récitait son Office avec l'attention et le respect d'un ange , dit son historien; et il y recevait de l'Esprit de Dieu des attraits si puissants, que, pour n'y pas résister, il était parfois obligé de faire des pauses d'une heure entière ^ Telle était aussi la pratique d'un pieux prélat de la même époque, Jean -Baptiste Gault, évêque de Marseille, qui mourut en réputation de sainteté. Lorsqu'un verset des psaumes le touchait particulièrement, qu'il éveillait en lui un vif sentiment de confiance, d'admiration ou d'amour pour Dieu, au lieu de rester debout, les bras croisés, comme il se tenait ordinairement dans la prière , il se jetait à genoux pour produire ces actes avec plus de respect et pour méditer ce que l'Esprit de Dieu lui mettait au cœur; de sorte qu'il employait quelquefois jusqu'à trois heures à la récitation du Bréviaire , et qu'il en sortait avec des consolations et des lumières admirables. « Lorsqu'on récite rOftice en particulier, disait-il, ce n'est pas s'interrompre ni se distraire , que de s'arrêter ainsi à une affection ou à une pensée de piété; c'est suivre l'avis du Psalmiste, qui conseille de méditer nuit et jour la parole de Dieu et d'y chercher toutes les lumières dont on a besoin. » Il ajoutait qu'il tenait cette pratique du cardinal de Bérulle et du P. de Condren^.

* La Vie du vénérable prêtre de Jésus-Christ, M. Gallemant, p. II, c. i, sect. 4. «Il y avait de telles oraisons, en particulier, auxquelles il prenait tant de goût, qu'il ne se lassait pas de les répéter dans la journée ; comme celle du dimanche eu l'octave du Saint- Sacrement : Sancti ttii nominis, Domine, timorem pariter et amoremfac nos liahere perpetuum...T>

■^ Vie de Mgr J.-B. Gault, par fr. Marchettl, III, xix. — Guillaume de Malmesbury dit d« saint Vulstan, évêque de Worcester : « Equo quoque vadens, Psalterium f requentabat , orationales versus qui occurrebant ad fastidium concantantls crebrô repetene. » De Gestis Pontifimm Anr/lorum , lib. IV. — Dans la vie de la B. Marie de l'Incarnation, on lit que la veille de la Toussaint, 1G16, elle fut si remplie de dévotion et de joie spirituelle, que, parlant à une des sœurs, elle répéta deux ou trois fois, dans un saint transport, cette antienne de Laudes ; Vidi turbam magnavi quam dinumerare nemo poterat, etc. Puis elle ajoute : 0 quelle sainte assemblée I O bienheureuse éternité! 0 lieu saint OÙ l'on chante incessamment Sanctusl Et ce grand Alléluia t. „ III, iv.

Nous terminons ici l'exposé des pratiques les plus familières aux saints prêtres dans l'Office divin. Elles ne demandent, pour produire leur eiïet, qu'à être employées avec une fidélité soutenue. La seule recommandation qui nous reste à faire, c'est de ne pas se borner à s'y exercer dans les commencements ou durant un temps plus ou moins long, mais d'y persévérer toute la vie. Ayant toujours les mêmes difficultés à vaincre, on aura toujours les mêmes moyens à employer et les mêmes précautions à prendre.

C'est là, suivant nous, un sujet d'examen des plus importants pour un ecclésiastique. Il ne doit pas seulement se demander à la fin de chaque Heure comment il s'en est acquitté : de temps en temps, dans ses retraites du mois, dans celle de l'année surtout, il convient qu'il considère quelle est à cet égard sa conduite habituelle , quels sont ses progrès ou ses défauts, sa négligence ou sa ferveur'. Et s'il se reconnaît coupable d'infidélité, s'il a abandonné une pratique ou manqué à quelque résolution, loin de se résigner au relâchement, il faut qu'il en demande pardon à Dieu, qu'il reprenne ses habitudes avec une nouvelle ardeur ^. Ces soins sont pénibles sans doute, ils demandent du courage, de la bonne volonté, mais il ne faut pas oublier l'importance du résultat. L'esprit de prière est si précieux qu'on ne peut l'acheter trop cher, et la charge du saint Oflice est si grave pour un ecclésiastique , qu'il ne saurait trop faire pour s'en bien acquitter.

^ Ingemisce et dole quod sis adhuc tam Degligensln Horis persolvendls, tam rarô plenè tibi collectus, tam festiims ad fincm. Imit. iv, 7.

^ Volo vos non parcere vobis, sed accnsare vosnictipso?, quotiès forte in Vobis vcl ad modicum torpere gratiam, virtuteratiue lacguo.'^cere vldctur; tlcut ego pio bujusmodi meipsum accnso. S. Bers. in Cant. lit, S.

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