‹ Le Saint OfficeChapitre 80 sur 212 · Te Deum laudamus, te Dominum confitemur · texte numérisé non relu

Te Deum laudamus, te Dominum confitemur

Te œternum Patrem omnis terra veneratur.

* Le Te Deum n'est pas en vers proprement dits : il est composé de versets sans mesure fixe. Mais s'il n'a point cette harmonie régulière de Virgile et d'Horace, 11 en a une autre plus large, qui consiste dans la convenance et le rapport exact des mots , de leur son et de leur mesure avec les idées qu'ils expriment. Qui pourrait méconnaître ce genre d'harmonie dans ces fins de versets si graves et si solennelles : Omnis terra veneratur.., Universce Potestatesf Quel bel effet ne produit pas le mélange de l'iambe rapide avec le grave spondée dans cet admirable tableau des chœurs célestes, des apôtres, des prophètes , des martjrs, chantant de concert avec l'Église de la terre la gloire du Père éternel : Te gloriosus apostolorum chorus: Te martyrum candidatus... Teperorbem terrarum!... Et après cette magnifique énumératlon de tout ce qui rend hommage à la majesté de Dieu , ne voit -on pas paraître cette immense majesté elle-même dans ce verset de trois mots seulement, mais composé tout entier de syllabes longues : Patrem immensee majestatisf Cène sont pas les formes régulières de la poésie latine : mais ce sont les formes plus libres de la poésie hébraïque, de cette poésie des David et des Isaïe, telle qu'elle éclate encore dans la version des Septante et jusque dans la Vulgate. Mgr Coussbau, Mémoire sur le Te Deum.

Tibî omnes Angeli , tibi Cœli et universaePotestates,

Tibi Cherubim et Seraphim incessabili voce proclamant :

Sanctus, Sanctus, Sanctus, Dominus Deus Sabaoth*.

Pleni sunt cœli et terra majestatis gloriae tuae.

Te gloriosus apostolorum chorus,

Te prophetarum laudabilis numerus.

Te martyrum candidatus laudat exercitus.

Te per orbem terrarum sancta conôtetur Ecclesia,

Patrem immensse Majestatis,

Angeli. Les esprits bienheureux en général : Decies milUes centena millia. Dan. vu. — Cœli, Throni.

Cœlum mihi sedes. Act. vu.

Entre les hiérarchies, on cite les plus élevées en lumière et en charité. — Allusion à la vision d'Isaïe:

Vidi Dominum sedentem super solium. Seraphim clamabanl aller ad allerum : Sanrtus. vi.

Sabaolh, exercUuum. Plus Dieu se manifeste, plus il inspire de respect et de sainte terreur. Entrer dans les sentiments des anges devant sa majesté infinie. Apoc. iv.

Tout est plein de sa gloire: en ce sens que tout exprime ses perfections et les manifeste; en ce sens aussi que sa majesté est vénérée ou du moins reconnue dans toutes les parties de la création.

Après les anges, les hommes. D'aborales Saints, en premier Heu, les apôtres, qui ont communiqué aux autres la grâce du Sauveur: Apnsloli, plori'i ChrifJi. II. Cor. viii. Cf. S. Cyp. De Mortal.

Prophetarum : Prophètes dans le sens le plus étendu : tous ceux dont Dieu s'est servi pour éclairer leurs frères d'une manière surnaturelle.

Les martyrs suivent les apôtres.

Ils les précéderaient si ceux-ci n'étaient aussi martyrs, le témoignage du sang étant le plus glorieux de tous. — Candidatus : Hi sunt qui venerunt de Iribulalione magnâ et laverunt stolas suas in sanguine Agni. Apoc. vu.

L'Eglise de la terre ne forme qu'une même société avec celle du ciel : toutes deux n'ont qu'un même esprit.

Trois noms divins, les plus augustes qu'aucune langue puisse pro-

* « Quelles parole! » s'écriait sainte Marie de llncarnation, en répétant ce verset devant ses sœurs : « Quelle profondeur! Et dans le ravissement de son âme, elle ne se lassait pas de redire en elle-même : Incessabili voce proclamant : Sanctus ! Sanctus l Sanctus t Mgr Dupanlotjp, Vie de ta sainte, t. m, IV. — Le père de Condren apparaissant à M. Mester, le lendemain de sa mort, ne lui dit aussi que ces mots : Sanctiis, Sanctus, Sanctus c Que Dieu est saint l Que Dieu est saint /... M. Olieb, Hémoirea,

férer : avec quelle majesté l'Eglise les offre à nos adorations!

, Ici finit rinvocalion à la très sainte Trinité.

11. Allusion au Ps. xxiii. Quis est iste rex gloriae 9 — S. Tiiomas avait une particulière dévotion à ces paroles II avait coutume de les répéter, avecles versets qui suivent, eiilre la consécration et la communion des messes qu'il entendait.

Sitscej)lurus hominem seu nalurnm humanam indiriduam in unilale personœ , ad liherandum hominem seu genus humanum , coarclari non horruisti , etc. — S. Odilon ne manquait jamais de s'incliner ici profondément, dit S. Pierre Damien.

Mortem noslram moriendo destriixit el vitam resurgendoreparavit. PréC. de TAsc. — Grâce à Notre- Seigneur, la mort nous élève au ciel, au lieu de nous jeter dans l'abîme.

Ps. cix. Dixit Dominus Domino ineo: Sede a dexlris meis.

Ibid. Judicabil in nationibiis...

— Apres le tempsde la miséricorde, viendra celui de la justice.

Supplication après la louange, comme en l'Oraison dominicale:

se souvenir qu'au chant on fléchit le genou en cet endroit. — Quos redemisli. Fondement de notre espérance. S. Camille de Lellis mourut en répétant ces paroles.

Sou s -en tendez nos, ou bien fanwlos tuos. — CI II est probable qu'à l'origine le cantique Unissait ici. u

M^ COUSSEAU.

Si ces derniers versets empruntés à divers psaumes ont toujours fait partie du Te Deum, il faut dire aue l'auteur en le composant le destinait à l'Office ecclésiastique.

— Eos pour famulos tuos; syllepse.

Venerandum tuum verum et unicum Filium ,

Sanctum quoque Paraclitum Spiritum.

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