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LE ROSAIRE ET SON ROLE BIENFAISANT DANS UNE PAROISSE

"Il est bien juste que non seulement les fils du 'patriarche Dominique, — qui le doivent par état "et par vocation — mais encore tous les prêtres qui "ont charge d'âmes — quotque pttnaruw eurato- "res — s'appliquent avec zèle à multiplier ces Con-

"j 'réries et à les maintenir dans toute leur ferveur." Laetitia?., 8 sept. 1893.

Le B. Curé d'Ars, mort en 1859, n'était doué que de capacités intellectuelles assez ordinaires, jusque-là que les examinateurs diocésains hésitaient à l'admettre au sacerdoce. Pour les tirer d'embarras, le vicaire général de Lyon leur demanda si le candidat avait la dévotion à la Sainte Vierge et récitait le Rosaire. Sur la réponse affirmative, il fut accepté. Devenu plus tard, curé d'Ars, la petite église de sa paroisse restait vide, même le dimanche ; quelques femmes seulement assistaient à la messe. Le saint prêtre commença par leur faire réciter le chapelet en commun, et il sortit de cette première tentative, une confrérie du Rosaire. Les hommes entraînés par l'exemple des femmes, reprirent bientôt le chemin de l'église, et, à la confrérie du Rosaire fut ajoutée la confrérie du Saint Sacrement : la dévotion à la Mère avait ramené la dévotion à son divin Fils.

Aux mains d'un prêtre zélé et qui aime réellement la Sainte Vierge, la, confrérie du Rosaire peut encore aujourd'hui renouveler une paroisse, en y ressuscitant V esprit de prière, la méditation des vérités du salut et l'usage des Sacrements. Pour réformer sa paroisse, la plus immorale de Paris, le Vénérable Olier institua aussi les deux confréries du Rosaire et du Saint Sacrement, lesquelles la transformèrent au point qu'elle devint la plus édifiante de toutes.

Saint Vincent de Paul, étant curé à Clichy, y établit la confrérie du Rosaire, et par sa parole douce et persuasive, entraîna prêtres et fidèles, au culte fervent d'une dévotion qui exerçait une influence si bienfaisante sur les âmes les plus rebelles.

Saint Charles Borromée commença la réforme de son archidiocèse do Milan, en introduisant le Kosaire dans toutes les paroisses, et il faisait bientôt la consolante expérience de la vérité des paroles de son ami, le Pape saint Pie V: "les fidèles, grâce à cette dévotion se changèrent soudain, en d'autres hommes — cœperunt Christi fidèles in alios viros repente niutari — ." CONSUFVBRUNT. . 17 sent. 1569.

Le Vénérable Vincent Marie Orsini, dominicain, qui devait devenir Pape sous le nom de .Benoit XIII, étant archevêque de Bénévent, ranima la vie religieuse parmi ses ouailles, en inaugurant dans toutes les églises, la récitation publique de cette admirable prière.

Si c'est pour les fidèles, un devoir de méditer (page 52), c'est un devoir corrélatif pour le prêtre, de les encourager à chercher dans le Rosaire, la forme de méditation la plus accessible pour eux et la plus fructueuse.

Un curé intelligent et pieux disait au Congrès Mariai de Lyon, en 1900: "Je viens d'une région "qui, depuis trente ans, a lamentablement baissé "dans la foi, et conséquemment dans la pratique

"religieuse. Hélas! cette situation a commencé, "mes confrères et moi l'avons clairement constaté, "le jour où nos prédécesseurs mal avisés ont négli- "gé le Rosaire, pour donner la préférence à des "dévotions bonnes sans doute, mais absolument insuffisantes pour faire face à tous les dangers de "notre époque. Nous ne reconquerrons le terrain "perdu qu'en revenant au Rosaire.'"

Que les curés voient donc à établir la Confrérie dans leurs églises. Si elle existe déjà et que par la négligence de leurs prédécesseurs, elle soit tombée en désuétude, qu'ils aient soin de lui donner une nouvelle vie et de rendre aux âmes confiées à leur charge, ce merveilleux instrument de sanctification dont elles ont un si pressant besoin. Elle préservera l'innocence, maintiendra la jeunesse dans les habitudes vertueuses, fera pratiquer le zèle et la charité; par elle, la piété sera honorée, les Sacrements fréquentés, les dimanches sanctifiés, les familles heureuses et bénies.

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