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ERECTION DE LA CONFRERIE

Ce qu'elle exige du curé et du délégué, avant, pendant et après.

AVANT L'EKECTION.

Conditions du coté du curé.

1° Le curé aura soin de s'assurer d'abord le consentement écrit de V Ordinaire , lequel faisant défaut rendrait l'érection nulle. Aucune formule spéciale n'est requise. A la rigueur, le consentement de l'évéque (non la simple signature) au bas du diplôme, suffirait. S. C. I. 20 mai 1896. Ce consentement de l'Ordinaire n'est pas requis pour l'établissement de la Confrérie dans une église de Dominicains. S. C. T. 25 août 1897.

2° Dans les églises cathédrales, outre le consentement de l'évêque, celui du Chapitre est aussi de rigueur. S. C. I. 19 sept. 1710.

3° Il suffit que les lettres testimoniales de l'évêque soient obtenues simplement avant la cérémonie de l'érection. Fie IX, 7 mars 1863.

4° La règle ordinaire promulguée par la Bulle Qu^cumqu^:., 7 déc. 1604, veut qu'il n'y ait qu'une seule confrérie du Rosaire dans chaque localité. Dans les villes où il est opportun d'en avoir plusieurs l'évéque peut de sa propre autorité, en permettre l'érection. Dans ce cas, il dispense de la Constitution QuœcumqucB. Dans les lettres testimoniales, mention expresse doit être faite de la dispense accordée. S. C. I. 20 mai 1896.

5° De Vicaire Général peut donner l'autorisation requise, pourvu qu'il soit délégué par son Ordinaire ad approbandas confraternitates. Dans ce cas, il doit dans ses lettres testimoniales — quoique cette condition n'engage pas la validité — faire mention de cette délégation. Il peut, à la rigueur, se contenter de donner son consentement, de la façon que nous avons indiquée pour l'évéque. S. C. I. 2 août

6° Le Vicaire Capitulaire, de son droit propre, ne le peut pas. S. C. I. 23 nov. 1878.

7° Nous donnons ici un exemplaire des formules dont pourront se servir les curés et les Ordinaires. Le curé fera bien d'écrire la sienne et celle à être signée par l'évéque, sur une même feuille de papier de format correspondant à celui du registre d'inscription où cette pièce officielle doit être insérée ainsi que le procès verbal d'érection.

Illustrissime* ac Reverendissimo episcopo

Reverendissime Domine.

Ego, infrascriptus, rector ecclesiae

in loco diocesi Confraternitatem

S. S. Rosarii in prsedicta ecclesia optans erigere, a Tua Amplitudine enixe postulo, ut litteras testimoniales ad hanc prsedïctam Confraternitatem rite instituendam necessarias, mihi impertiri bénigne concédât.

Rer. •

Juxta Rescriptum Sacras Congregationis Indulgentiis Reliquiisque praepositae, de erectione et aggregatione Confraternitatum, Romœ die 20 Maii 1896, a SS. Dno Papa nostro Leone XTII confirmatum, consensum nostrum ad praedictam Confraternitatem in prsedicta ecclesia erigendam impertimur,

Episcopus . . . . -,

Datum die 19

S'il y a déjà une confrérie du Rosaire dans cette localité, le prêtre devra demander la dispense nécessaire à son évêque qui aura alors à ajouter au consentement donné plus haut :

Prseterea ex potestate Nobis data per SS. D. N. Leonem PP. XIII rescripto diei 20 Maii 1896, dispensamus super Constitutione Clementis VIII sub die 7 Decembris 1604 prout se. prsescribit ut unica tantum Confraternitas ejusdem Institut] et generis, in eodem loco institui et aggregari possit.

Datum die 19

Episcopus . . . •. •

8e Four obtenir le diplôme d'érection du Maître Général, le curé s'adressera au Supérieur des Dominicains du couvent le plus proche. Dans sa lettre, il est prié de mentionner ces quatre choses : 1° le nom civil de la localité où doit être érigée la Confrérie, 2° celui du patron ou titulaire de l'église, 3° celui du diocèse, 4° les nom et prénom du curé, tout au long.

9° Il devra réserver un autel pour la Confrérie, lequel sera l'autel privilégié du Rosaire (page 133) . Si les autels ont déjà reçu leur vocable, il suffit d'en désigner un comme autel de la Confrérie que fera reconnaître le tableau ou groupe du Rosaire. Rien n'empêche que le maître-autel devienne l'autel de la Confrérie. S. C. I. 7 juillet 1877.

10" Le tableau <lu Rosaire doit représenter la Sainte Vierge donnant le Rosaire à saint Dominique. L'image dite de Notre-Dame de Pompéi ne saurait en tenir lieu. S. C. H. 10 fév. 1890. On peut se procurer cette image chez les Dominicains, et, l'avant fait encadrer, la placer sur ou près de l'autel du Rosaire. Elle n'est pas strictement nécessaire, cependant. Un groupe de statues, un bas relief, une peinture sur verre, toile ou papier, reproduisant le même sujet, répondraient au but. La bénédiction solennelle de ce tableau ou groupe, prend place, le jour de V érection .

11" [/érection peut se faire n'importe quel jour, mais, de. préférence, un dimanche, une fête de la Sainte Vierge, ou encore nue clôture de retraite on de triduum. Le curé s'attachera à faire comprendre à ses paroissiens, qu'il s'agit d'une chose importante et particulièrement chère à l'Eglise, en ajoutant — détail utile — qu'ils n'auront rien à débourse] pour profiter des avantages qui leur sont offerts. (Ju'il annonce aussi, à l'avance, la bénédiction des rosaires, et, s'il le juge à propos, des cierges et des roses.

12° S'il croit bon d'avoir une réception solennelle d'associés, avec cierges (page 252) , qu'il leur montre dans cette cérémonie, une manifestation publique de confiance dans la meilleure des mères, leur expliquant soigneusement le sens et le rôle du cierge à La mort, selon l'esprit de la Confrérie. Un mot est aussi à dire sur le caractère facultatif de cette réception, attendu que du côté des fidèles, l'inscription seule est requise. Pie X, le '27 février 1907, accor-

ihiif une indulgence plénière aux conditions ordinaires, pour ceux <|ui prennent pari à la rénovation des promesses du baptême, à la clôture d'une mission ; la réception solennelle des nouveaux confrères pourrai! très bien; à l'occasion, se greffer sur cette dernière.

13° L»e curé devra se procurer pour les inscriptions, non Un simple cahier, mais //;; registre convenable relié ou solidement cartonné dont les premières pages seronl conservées pour l'insertion des lettres testimoniales de l'Ordinaire et du procès verbal. // in rit ira tes gens à donner leurs noms à l'avance et leur annoncera les deux indulgences plénières qu'ils pourront gagner, de ce chef, le jour de l'érection, alors que le Directeur exerçant ses fonctions pour la première fois, légalisera les inscriptions en apposant sa signature an bas de chaque page du registre. Il n'est pas nécessaire qu'on se présente personnellement an prêtre ; il suffit que les noms soient recueillis pur des mtermêdiairft& sur des listes qui lui sont ensuite transmises.

14° Il est à conseiller de se procurer deux statues de la Sainte Vierge: une petite que le Directeur porte dans les processions ordinaires de la Confrérie, et une autre plus grande portée sur brancard, par les dignitaires des sociétés paroissiales, aux processions plus solennelles.

15° Le prêtre devra se procurer un certain nombre de manuels du Rosaire, pour que ses paroissiens puissent y lire à loisir ce qui concerne les grands côtés de cciic dévotion, et que lui-même se renseigne exactement sur la matière afin d'en parler avec le finit que l'Église et les âmes en attendent.

16° Pour résumer : le prêtre aura à écrire aux Dominicains et à l'évêque, réglera à l'avance, les détails pratiques des cierges, chapelets, manuels, tableau du Rosaire, statuette de procession, registre d'inscription, et fera aux paroissiens, les annonces les plus propres à intéresser leur piété pour Marie.

Conditions du coté du prêtre délégué pour l'érection.

1° Religieux ou séculier, le prêtre qui fait l'érection de la Confrérie doit avoir été délégué par le Maître Général: "Magister Prsedicatorum erigit non directe et immédiate per diploma sicut communiter agere soient alii Générales Ordinum pro suis Confraternitatibus, sed erigit per suos deputatos, seu per viam commissionis." Analecta Dominicana. Anno IV, Julio 1896, p. 594.

2° Le délégué doit avoir en main, et le diplôme d'érection du Général des Dominicains et l'autorisation écrite de l'Ordinaire. Ces deux pièces sont essentielles, si bien que l'une ou l'autre manquant, il ne peut passer outre, car l'érection serait nulle. S. C. I. 20 mai 1896.

3° Il est encore requis d'avoir soumis au visa de l'Ordinaire, le Catalogue des Indulgences reçu du Maître Général. La clause prœvia cognitione Ordinarii oblige -s'"//.s- peine même de nullité de communication d'indulgences, et cela toties quoties pro quoli-

brt exemplari seu pro qualibei confraternitate noviter (recta. Erectio confraternitatis lit per sacérdotem députât uni à Magistro (lenerali; communicatio indulgentiarum fit per concessionem talis exemplaris authentici Summai ii, confraternitati jam erectsB. Receptio catalogi ejusque cognitio ab episcopo non sunt conditiones ex jure nostro datae, sed ex jure communi per Constitutionem Quœcumquœ démentis VIII, 7 déc. 1C>04, sut) pœna nullitatis prœscriptœ.

Quae quidem omuia ad memoriam Fratrum revocari expediens censemus, nam experientia constat confraternitates hand paucas ob defectum catalogi indulgentiarum rite expediti et ab Episcopo cogniti, etiam cum bona fide, indulgentiarum thesauro orbatas remanere." Analecta Dominioana. Anno II, Martio 1894, p. 473; Anno IV, julio 1896, p.

Il n'est point nécessaire que l'Ordinaire atteste par écrit, au bas du Sommaire, qu'il en a pris connaissance : cognitum ut authenticum, S. C. I., 10 août 1899, mais il est bon de le faire, ne fut-ce que pour prévenir tout doute sur ce point, dans la

suite.

4° Avant la cérémonie, le délégué se fera indiquer 1 autel que le curé a désigné pour la Confrérie, s'assurera que le tableau du Rosaire qu'il doit bénir, est en place, et, en général, que les instructions données au prêtre ont été comprises et suivies.

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