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LE DIRECTEUK ET LES INDULGENCES

L'importance des indulgences comme acte de miséricorde vis-à-vis des fîmes souffrantes du Purgatoire, s'impose d'elle-même à tout catholique un tant soif peu familiarisé avec les enseignements de la foi. Ce serait une bien lourde responsabilité pour le prêtre que, par indifférence ou incurie de sa part, les fidèles ne fissent pratiquement rien pour puiser au Trésor de l'Eglise qui leur est ainsi ouvert en faveur de leurs frères défunts. Autrefois, la concession d'une indulgence plénière jetait le monde catholique tout entier dans des transports d'allégresse et de ferveur. Aujourd'hui, ces bienfaits se sont multipliés; et, quoique haïr valeur soit toujours la même, elles sont assez rares les âmes qui se donnent la peine de se baisser pour "ramasser ces gouttes de Sang de Jésus-Christ," selon l'expression d'une sainte.

Il nous faut voir là un indice tristement révélateur de cette idée, aussi fausse que dangereuse que nous nous faisons du péché e1 de ses redoutables conséquences, pour le cas même où il aurait été pardonné. Nous laissons le champ libre à une légèreté qui fait trop bon marché, vraiment, des alarmes de la conscience, rendant inutile dans nos mains coupables, ce moyen providentiel des indulgences ménagé par la miséricorde de Dieu pour nous

garer contre les retours offensifs de sa justice que nous provoquons sans cesse et craignons si peu.

Que mes confrères en sacerdoce me laissent leur recommander ici un ouvrage aussi intéressant que substantiel et complet sur la matière : Le traité des indulgences, confréries etc., par Beringer-Hilgers, S. J., dernière édition, chez Lethielleux.

Ce beau et unique travail officiellement approuvé par le Saint Office devrait figurer des premiers dans toute bibliothèque de prêtre. Outre que ce dernier y puiserait pour lui-même, un renouveau de ferveur, il se mettrait en mesure de donner à ses ouailles, les renseignements positifs et détaillés que cette sorte de sujet comporte et qu'elles accueilleraient sûrement avec une reconnaissance inspirée par leur foi humble autant qu'éclairée et généreuse.

Rem arques sur les Indulgences de Sainte Brigitte ET CELLES DE BENOIT XTTT.

Voir page 131.

N'allons pas confondre — comme on le fait trop souvent — les indulgences dites de Benoit XIII — 100 jours pour chaque Pater et Ave, et une indulgence plénière, chaque année — avec celles de sainte Brigitte.

Benoit XIII, le 13 avril 1726, accordait au Kosaire, non pas les indulgences de sainte Brigitte, mais leur équivalent; Les indulgences du chapelet de sainte Brigitte sont donc aussi étrangères au

Rosaire connue tel, que le sont celles du chapelet des (Voisins, tandis qu'au contraire, les indulgences de Benoit XII 1 font corps avec lui.

Aussi, la Raccolta qui fait loi, distingue toujours soigneusement les deux. Beringer, S. J., vol. 1, p. 512.

Une autre raison corrobore la précédente : le Directeur de la Confrérie accorde toutes les indulgences du Rosaire, celles de Benoit XIII incluses; mais il ne peut sans faculté spéciale attacher aux chapelets, les indulgences de sainte Brigitte. S. CI. 29 fév. 1820 et 22 mars 1839.

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