‹ Le saint Rosaire [microforme] (volume 2)Chapitre 21 sur 115 · VRAIE DE · texte numérisé non relu

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saire ne comptait pas pour ma méditation." L'ignorance, l'étroitesse et la routine, ces trois sœurs inséparables, s'acharnent done —- et s'acharneront peutêtre encore longtemps — à saper le Rosaire, par sa base, en niant sa valeur, comme méditation. Nous sommes en face d'une déconcertante anomalie.

Voilà, en effet, que toutes sortes de méthodes de méditation ou de contemplation ont cours ; etil n'y aurait que celle prônée désespérément par l'Eglise pour ne pas avoir Sa place au grand soleil du monde des âmes! Je ne m'attarderais pas à réfuter pareille aberration, n'était mon gouci d'éclairer les consciences honnêtes dont la bonne foi s'est laissée surprendre.

L'opposition au Rosaire, comme méditation, remonte assez loin, car, on lit de sainte Rose de Lima, morte en 1617, qu’elle insistait souvent auprès des prédicateurs et des confesseurs, pour qu'ils établissent la vérité sur ce point. Le préjugé est donc au moins tricentenaire; mais son âge ne le rend pas plus raisonnable, encore moins lui constitue-+-il des quartiers de noblesse.

Fidèle à mon programme, je demande à l'Eglise, de produire les titres de son Rosaire, comme méditation ou contemplation. Léon XIIT va nous répondre. Sa piété est allée d’instinct au Rosaire, comme son fier génie devait aller d’instinct à saint Thomas d'Aquin, — l'Aigle de la doctrine catholique — pour la solution des questions vitales qui préoccupaient alors le monde. Voulant appuyer la piété

sur une base solide, il la voulait avant tout doctri-

nale. Le Rosaire lui offrant cette base inébr ble dans les dogmes de ses mystères, il s'en fit pôtre intrépide, le prédicateur inlassable, I] clama y voir le secret de la rénovation des à la sauvegarde de l'Eglise, le salut du monde,

La question que nous posions tout à l'heure, ; lu traiter, et à sa manière, c'est-à-dire par les 8 mets. S'il emploie comme il Je fait — et avec insistance marquée — Jes mots de méditation, contemplation, ce serait le comble du ridicule, croire ou d'affecter de croire, qu'il ne les a pas sés, où qu'il en ignore le sens.

Qu'on ne s'y méprenne Pas: de même que Chef de l'Eglise avait voulu renouveler les étua théologiques en imposant Par voie d ‘autorité, la de trine du Docteur Angélique, il voulut compléter gi œuvre en renouvelant le Monde de la Diété, par Rosaire. D'une main aussi sûre que ferme, à r mena cet exercice si important de la Méditation, la belle simplicité et solidité des Principes puise chez ce maître incomparable.

ment OPportune, et elle fut saluée avec reconnais sance par tous ceux qui déploraient que les fidèle: eussent été découragés de Vaquer à cet exercice, tant on le leur avait montré hérissé de difficu €: Il était, en effet, devenu un épouvantail, Métie

que trop l'impression fâcheuse généralement répandue aujourd'hui que pour méditer, il] faut être sa-

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A en croire certains théoriciens à la mode, une bonne méditation doit d'abord, être quelque chose d'ennuyeux, de see, de froid, d'enchevêtré. Le modèle en est unique pour tous les tempéraments et toutes les aptitudes. Nous sommes plongés dans une atmosphère factice, où les choses les plus simples sont exagérées, grossies, faussées comme à plaisir. Bref, la méditation ainsi comprise et déformée, est une torture, une véritable camisole de force, et l'on comprend que pour y échapper, l'âme pantelante et excédée se laisse entrainer au sommeil comme dans un asile sauveur. Réellement ne dirait-on pas que pour s'approcher de Dieu et lui parler — lui, la simplicité, par essence l'on dût suivre le cérémonial prétentieux, gourmé, ridicule, exigé par l'étiquette de l'Escurial pour s'approcher de Sa Majesté Philippe IT, souverain de toutes les Espagnes.

La méditation du Rosaire, si simple, si unie, mMmodeste et humble comme la Vierge, ne pouvait paraître, évidemment, que bien peu de chose en face de cette méthode fastueuse et contournée: une sorte de paysanne en sabots devant une marquise d'Ancien Régime. Juchée sur 888 hauts talons, cette dernière ne pouvait le prendre que de haut, et de haut elle le prit: Vous. une méditation ! et vous n'avez ni colloque, ni soliloque, ni fournaise d’amour, ni Sinaï enflammé, ni les trente-deux degrés de l'Echelle de Dilection, ni allez, passez votre chemin. Vous n'êtes qu'une intruse, une roturière. — Ta marquise avait parlé : la cause n'était pas finie. . . - :

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