LAS NEES ANSE SET EN
‘Dieu nous a donné en Marie, le modèle de “toutes les vertus le plus à notre portée. En la “regardant et la contemplant, notre esprit ne se “sent pas comme écrasé par l'éclat de la Divinité ; “mais, attirés par la parenté d'une commune na “ture, nous travaillons avec plus de confiance à “limiter.” Magnæ., 7 sept. 1892.
‘‘Quiconque contemplera fréquemment, non pas “seulement des yeux du corps, mais par la pensée “et la méditation, d'aussi grands exemples de ‘“‘xertu, comment ne brülerait-il pas du désir de les ‘imiter’? Lætitiæ., 8 sept. 1893.
‘Aussi, le Rosaire inonde-t-il l’âme de ceux qui ‘Je récitent, d’une douceur de piété toujours nouvel- “le, leur donnant la même impression et émotion ‘‘que s'ils entendaient la propre voix de leur très- ‘miséricordieuse Mère leur expiquant ces mystères “et leur adressant de salutaires exhortations.”” Magnæ., 7 sept. 1892.
“Le Rosaire se compose, comme l'on sait, de “deux parties à la fois distinctes et unies, la mé- “ditation des mystères et la prière vocale. Or,ce “mode de prière exige une attention spéciale du “fidèle, car, il requiert, non pas seulement qu'il ‘dirige d’une façon quelconque, son esprit vers “Dieu, mais qu'il soit plongé de telle sorte dans la “considération de ce qu'il contemple, qu'il y puise “es éléments d'une vie meilleure et les aliments “de toute piété. Ce qu'il contemple est, en effet, “ce qui existe de plus grand et de plus admirable, “car, ce sont les mystères fondamentaux du Chris- “ijanisme.” Jucunda., 8 sept. 1894.
“Toutes les fois que, dans la récitation du Ro- ‘‘saire, nous méditons les mystères de notre salut, ‘‘nous imitons, en quelque sorte, la fonction très ‘sainte confiée jadis à la milice des anges. Ce ‘‘sont eux qui ont révélé ces mystères au temps ‘marqué. Ils y ont joué un rôle important, dans ‘‘une attitude tour à tour joyeuse, douloureuse et ‘‘triomphante . . ,. Quoi de plus suave que de ‘contempler et de prier avec les Anges? Quelle ‘confiance, quelle espérance on peut concevoir de ‘jouir un jour dans le Ciel, de la bienheureuse s0- ‘‘ciété des Anges, lorsque ici-bas, on les a en quel- ‘que sorte aidés dans leur ministère.” Augustissimæ., 12 sept. 1897.
Si ces citations déjà longues ne suffisaient pas, d'autres du même genre pourraient être fournies par les encycliques Magnæ Dei., 7 sept. 1892, Lætitiæ sanctæ., 8 sept. 1893, Jucunda semper., 8 sept. 1894, et Diuturni temporis., 5 sept. 1898.
Léon XIII y développe partout — et dans son sens le plus élevé — les paroles employées de temps immémorial, pour la bénédiction des rosaires : divina contemplandô mysteria, par la contemplation des mystères divins.
Donc, à côté de la prière vocale qui suppose le recueillement des sens et fait du corps entier, un hommage au Dieu qu'elle implore, le Pape vient de nous définir le rôle de toutes les facultés internes absorbées dans la méditation ou là contemplation de ces mystères: la mémoire, l'imagination, l’intelligence, la volonté, le cœur. C’est un véritable
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petit traité où se détachent les expressions empruntées à sr maître préféré, saint Thomas d'Aquin, traitant de la même matière. Par l'oraison mentale du Rosaire, qui joue vis-à-vis des prières vocales, le rôle de l'âme vis-à-vis du corps, la Foi resplendit, l'Espérance se fortifie, In Charité s’embrase. La vrriété même des mystères écarte les distractions, cet écueil ordinaire et redouté des méditations. L'âme nous est montrée dans cet exercice, atteignant l'Eglise Militante qu'elle protère e qu’elle sauve ; l'Eglise Souffrante qu'elle sou. et délivre par d'innombrables indulgences ; réjouissant l'Eglise Triomphante vers laquelle elle s'élève d'un vol rapide et sûr, par l'imitation des vertus et la participation aux souffrances du Christ et de la Vierge. Devenue par sa contemplation, l’émule même des Anges, elle goûte des joies intenses, ‘‘comme si elle entendait la voix de la plus douce des mères.” Bref, poème d’allégresse aimante et de tendre piété que ces encycliques immortelles, et, bienheureux, les dévots de Marie qui en auront recueilli les enseignements au plus intime de leur conscience et de leur cœur.