‹ Le saint Rosaire [microforme] (volume 2)Chapitre 26 sur 115 · LE ROSAIRE RÉUNIT CES CONDITIONS · texte numérisé non relu

LE ROSAIRE RÉUNIT CES CONDITIONS

Quelle est donc la méthode d'oraison qui ait chance d'être sérieusement pratiquée et goûtée par lui? A | ceux que l’on appelle les simples gens, tl faut une méthode simple aussi, naturelle, courte, variée ; et il est remarquable que tous ces éléments sont donnés par les meilleurs auteurs comme les conditions idéales de la contemplation. La question de temps n'y est pas un facteur nécessaire. S'imaginer, selon un préjugé assez répandu, que l’immobilité de l’âme arrêtée devant une seule idée et se nourrissant d’un seul sentiment durant un quart d'heure ou une demi heure, soit essentielle à la contemplation, est une pure chimère. De ce côté-là non plus, pas de règles arbitraires, pas d’inutiles entraves. Vacant vol 3, p. 1621.

Déjà, de son temps, sainte Thérèse disait : ‘‘Souvent Dieu donne dans un moment de prière plus de grâces qu'il n’en accorde dans une oraison de longue durée. Ses œuvres ne se mesurent pas sur le temps.”’

‘‘Plusieurs pensent méditer qui ne font que spé- ‘‘euler, que s’efforcer de produire de belles pensées, ‘à se faire de beaux discours. Ceux-là perdent leur

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‘ ‘leur chapelet; car, en arrêtant simplement |: re- | ‘‘gard de leur âme sur les adorables mystères de la | ‘vie, de la passion, de la mort, de la gloire de leur

“Maître, ils y verraient plus clairement ce qu'ils “doivent savoir, faire et souffrir, qu'ils ne le voient ‘dans leurs prétentieuses oraisons.

‘Nous répétons à dessein le mot de simple regard, ‘pour qu'on ne suppose pas que nous voulions trans- “former le Saint Rosaire en méditations laborieuses. ‘Non, il doit rester une simple et douce prière, ce “qui ne l'empêchera pas d'être une vraie prière du “cœur, une oraison en esprit et en vérité, une vraie “raison mentale, si nous y récitons le Pater et «J'Ave en regardant J ésus-Christ et sa Mère.” Cardinal Dechamps. La Nouvelle Eve. Ch. XXXI.

Quel beau et pratique commentaire de saint Thomas qui, dans les trois mots qu’il donne à la définition de la contemplation, mentionne d’abord la simplicité : simple regard de l'âme, dit-il.

‘Mon brave homme, demaudait le Bienheureux ‘“‘Curé d'Ars à un de ses paroissiens, qu'est-ce que ‘vous dites donc au Bon Dieu, quand vous êtes de- “ant le Saint Sacrement?"" — ‘Je le regarde, et “il me regarde,’ fut la réponse. I1 donnait ainsi sans y penser, une des plus exactes définitions de la contemplation, et qui rappelait celle de Bossuet : “L'oraison de simplicité ou de simple regard, écrit ‘‘ce grand évêque, consiste dans un simple regard “de l'âme vers quelque objet divin, soit Dieu en “lui-même ou quelqu'une de ses perfections, soit

“Notre-Seigneur ou quelqu'un de ses mystères, ou ‘‘quelques autres vérités chrétiennes.’ Manière de faire l'oraison de foi. No. 3. Comme on le voit, la vérité est profonde ; elle n'est Pas compliquée,

‘Je ne connais Pas une meilleure pratique que le ‘Rosaire, pour aider l'attention, la piété, la médi- ‘tation de l'esprit et 4 cœur. Nous le disons pour ‘‘les savants qui l'ignorent, non pour les ignorants ‘qui le savent par expérience.” Rohrbacher, Hist. vol. XVII, liv. LXXI.

L'Eglise qui con prend le Rosaire et nous dit :

Mère de tous.

introduction aisée à la contères qui nous montrent en Convenez qu'il Y a quelque ne vient pas de l’homme,

8, Ces af ptations gi popuplus gr :], de plus relevé.

gens tr'; ignorants qui di-

‘‘s’en scandalise.

‘‘comprendre ce qui vient du Ma

Mgr d'Hulsi, 22 oct. 1888. Let S5 donc, la masse en

ser. par le Rosaire.

“C'est la prière des simples, — écrivait le cardinal

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“Wiseman — et, par conséquent la meilleure que ‘“‘nous puissions employer pour vaincre l'orgueil, ‘vice dominant de notre nation."

La généralité des filèles a donc à sa disposition, la méthode d'oraison simple, courte, variée, vivante, qui lui convient. Elle n’est ni raffinée, ni subtile. Un enfant, à raison même de son innocence et de sa simplicité est préparé à jeter our les choses de Dieu, dans le Rosaire, ce regard de la foi et cet élan affectueux du cœur qui constituent la contemplation.

“C'est la prière des âmes simples et filiales qui ‘aiment à entrer par cette petite et humb'e porte “dans les sublimités de la contemplation.

“Quelle est la bonne femme illettrée, quel est l'en- ‘“‘fant qui ne pourrait pas contempler de la sorte''? Mgr D'Hulst. Lettres, 2 oct. 1881.

‘Oh que voilà une belle science? Elle n'est point ‘‘orgueilleuse, elle ne revêt pas de formules difficiles, ‘elle s'offre aux simples, elle est le lait des enfants “comme le pain des forts." Id. et ibid. 1 oct. 1871.

Qui parlait des pauvres et des humbles avec cet accent si pénétrant de sympathie, ce sens si élevé de leurs besoins? La famille de Mgr d'Hulst était des plus illustres et comptait des rois dans son histoire. I! voulut cansacrer le meilleur de sa vie au service .des derniers des misérables. La façon dont :: s'incline ici deYant le chapelet d’une pauvresse ou d’un enfant, laisse pressentir la grandeur de cette âme sain-

tement royale.

“‘Plaise à Dieu — écrit l’infatigable Léon XIII — ‘‘que selon Nos vœux,

‘piété soit partout rétabli ‘‘neur ; qu'elle soit aimée e ‘et dans les campagne ‘les ateliers, chez les g JUCUNDA., 8 sept. 1894,

LEUR For suxrour Y EST INTÉRESSÉE, Non seulament elle s'ad

mais aussi à toutes les ce qui regarde la foi.

apte à toutes les classes, conditions d'âme, surtout en

1° En est religion :

‘Le Rosaire est un mo

‘‘dans les esprits, les do

-0n à ignorer pratiquement tout de la

yen facile de faire Pénétrer

gmes principaux de la foi “chrétienne” 2 Désire-t-on étendre ses Connaissances religieuses :

‘Le Rosaire est une source d'enseignements a- ‘‘bondante qu'il sera facile de mettre à profit ’’ 3° Notre foi est-elle éclairée :

‘Le Kosaire nous donnera un moyen court et fa- ‘cile de l’entretenir:"’

+... Rosario insit facilis usus ad summa fidei christianæ capita suadenda animis, MaGxz., 7 sept. 1892.

entorum copia. Læririz., 8 sept. 1895,

‘++ Prompta atque facilis ratio quâ fidem suam alat. A- JUTRICEM., 5 sept, 1895.

XIII — ! 4 Notre foi est-elle en butte aux tentations : tique de ‘De secours plus à la portée de tous et plus facile ue hon- À ‘‘que le Rosaire, il n'y en a pas!."'

les villes 5° La méditation requise, semble-t-elle difficile :

mbles.”’ * ‘‘à portée de tous. Quiconque est un tant ioit jeu ‘instruit de la religion, peut vaquer à cet exercice, ‘‘facilement et avec fruit?”

et dans | ‘Bien compris, le Rosaire est de pratique fr'ile et

‘Le Chef de l'Eglise ne pouvait pas oublier les préventions et les préjugés invétérés qu'évoquent les mots mêmes de méditation et de contemplation. Aussi, dans sa haute sagesse, il veut rassurer les fidèles contre des difficultés imaginaires, et, a cinq reprises différentes, — on vient de le voir — il leur déclare que le Rosaire est une méthode d'oraison courte, facile, à portée de tous, et qu'ils en retireront les plus précieux avantages.

Ainsi expliqué et recommandé, on serait porté à croire que le Rosaire dût ne rencontrer aucun obstacle sur la route des âmes de bonne volonté. Il n’en fut rien. Le principal obstacle vint de ceux qui hantés par l’obsession d’un idéal exclusif de méthode de méditation, le donnent volontiers comme un appendice de l'Evangile ; tout ce qui ne cadre pas avec ce moule arbitraire, tout ce qui s'écarte des dimensions de cet autre lit de Procuste, étant impi-

toyablement mis de côté et censuré. istianæ ———————— ... adjumentum tam promptum omnibus atque expeditum 1Æ., 8 À! ut nihil magis. FipeNTEM., 20 sept. 1896. .. usu facilem et populi ingenio accommodatum. Quivis Ap- enim religione vel mediocriter instructus eo facil uti et cum fructu potest. Divrueni., 5 sept. 1888,

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