I. — PROTECTION PARTICULIÈRE DE LA SAINTE VIERGE
Si Marie est la reine, l'avocate, la médiatrice et la mère de tous les chrétiens ; si, comme autrefois aux noces de Cana, elle s’entremet auprès de Dieu, €n faveur de ceux-là mêmes qui ne la prient point, combien plus ne fera-t-elle Pas pour ceux qui en entant dans la Confrérie, font hautement profession
d'être ses enfants. Elle les favorise de grâces nombreuses durant la vie, à l'heure de la mort, et selon de graves auteurs — descend en Purgatoire
pour consoler ses fidèles serviteurs et hâter leur dé.
livrance.
Sont à plaindre, vraiment, ces catholiques qui, demeurant étrangers à la Confrérie du Rosaire, se pri vent d'un secours aussi précieux,
IT, — PARTICIPATION AUX BIENS SPIRITUELS DE L'ORDRE DE S. DOMINIQUE TOUT ENTIER.
D'après une déclaration expresse &* quatre Maîtres Généraux de l'Ord + des Frères Prêcheurs, les Ré vérendissimes Barthélemy Comazio (33) en 1484; Joachim Torriani (34°) en 1487: Séraphin Cavalli (4$°) en 1573; Joseph Marie Larroca (75°) en 1890 : tout associé qui récite le Rosaire entier une fois la semaine, est admis pendant sa vie et après sa mort, à la participation des Suffrages où œuvres satisfactoires accomplies par tous les religieux et religieuses de l'Ordre de saint Dominique. Souvent, ces setisfactions où suffrages sont désignées par le mot mérite : ce dernier terme est impropre. Entendu dans son sens rigoureux, le mérite est essentiellement personnel. Dès lors, une bonne œuvre ne saurait être appliquée à un autre en tant que méritoire : elle ne peut l'être que par sa valeur satisfactoire ou expiatoire, C’est à ce point de vue que nous nous piaçons quand nous disons que les confrères du Rosaire ont part aux messes, prières, prédications, é-
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tudes, veilles, abstim nces, jeûnes, ptnitences, aux sacrifices crucifiants que comportent les Missions lointaines ; à toutes les œuvres de zèle et de charité des religieuses, dans les écoles, les hôpitaux, etc., depuis que l'Ordre existe, c'est-à-dire 700 ans depuis sa fondation en 1216. On se fera une idée de cette faveur, per cette simple donnée : l'Ordre des Dominicains n'a pas moins de 300 Saints ou Bienheureux aYant un culte approuvé ; dans le seul XVII: siècle, il avait donné au Ciel, 13,370 martyrs, et 26,000, dans le XVI°,
SA Dominique, chef de la famille, met ainsi à notre avoir, c'est-à-dire fait nôtre, une partie de ce trésor commun. Quand il s'agit des indulgences de la Confrérie, tout passe aux âmes du Purgatoire ; lü participation dont je parle, au contraire, atteint les associés et les sanctifie dans leur vie, comme elle les suit dans leur mort.
Les prières qui, de toutes les parties du monde, descendent sur eux dans le Purgatoire, sont innomorables. Qu'on en Juge : des 5,000 Messes par jour, qui se disent dans l'Ordre, ils ont leur part. En outre, tout prêtre Dominicain doit acquitter, par année, 33 Messes et chaque couvent 20, exclusivement pour les défunts, ce qui forme un total d'environ 100,000. Une fois la semaine, sauf les grandes semaines de Pâques et de la Pentecôte, l'office des Morts est récité et la Sainte Messe célébrée, ce qui ajoute encore 50 Messes par couvent, aux précédentes. Et je passe sous silence, les messes de milliers de prêtres tertiaires, ainsi que toutes les prières
ordonnées aux religieux et aux religieuses, à l'intention des défunts, lesquelles sont considérables,
Ces données ne suffisent-elles pas à faire ressortir la profonde justesse de ces paroles du Père Esser : “A raison &e leur commune institution par le même ‘Père, et à raison de leurs rapports intimes, l'Ordre ‘de S, Dominique a toujours considéré la confrérie ‘du liosaire, comme une sœur, et a voulu par suite, ‘partager fraternellement avec elle, les bénéfices de ‘son patrimoine spirituel." C'est la Communion des Saints, sous une forme réduite.
Ce que vaut ce secours aux yeux de Dieu ne saurait done être trop apprécié. Malheureusement, ce côté avantageux de la Confrérie est loin d’avoir toujours l'heur de frapper l'attention des fidèles, Nous croyons — et avec raison — avoir fait beaucoup quand nous nous sommes recommandés aux prières d'un saint ; rsonnage; que sera-ce done de participer aux prières, pénitences, œuvres d'apostolat d'une armée d'ämes saintes qui durant 700 ans ont sanctifié la terre et la sanctifient encore,
Notre-Seigneur est au Ciel, la prière vivante et permanente, — semper vivens ad interpellandum pro nobis — et l'on pourrait appliquer les mêmes paroles à tous les saints dont il est le modèle. J'ajouterai que leurs bons offices dans ce sens, sont surtout inspirés par ces liens de famille et ces unions d'âme contractées sur la terre, La Sainte Ecriture nous parle de l’héroïque Judas Machabée visité par un songe mystérieux où le grand prêtre Onias et le prophète Jérémie lui apparaissent, plaidant devant
Dieu, la cause de leurs frères et compatriotes 1nfortunés — IT Mach. XV,11-16. Les regards si purs d'une Jeanne d'Arc plongent dans les mêmes hauteurs bénies pour Y contempler — suave vision
- Charlemagne et saint Louis à genoux devant le trône de Dieu, le suppliant d'arracher à la ruine, cette nation française dont ils ont ét les pères et les chefs,
Il en est ainsi des liens de confréries consacrés par l'Eglise. Loin de les briser, l'autre vie ne fait que leur donner le plein épanouissement, toute l'ampleur de tendresse dont ils sont susceptibles, Pour votre part, associés du Rosaire, comptez donc sur l'aide de vos confrères de la terre ; comptez sur-
tout sur vos confrères du Ciel et sur cette armée d'élus de la grande famille Dominicaine qui vous à à. doptés pour les siens. Nous pouvons, en toute vérité, dire des uns et des autres, qu'ils se tiennent aussi devant le trône de Dieu, plaidant notre cause avec la généreuse et sainte ardeur de leur cœur fraternel — semper viventes ad interpellandum pro nobis,
Mais, dira-{-un, une telle communication n'estelle pas superflue, car, en vertu de la Communion des Saints (page 98), tous les fidèles en état de rrâce ont déjà part à toutes les œuvres satisfactoires de Notre-Seigneur et des Elus : que pourrait bien y ajouter la participation aux Suffrages dont vous parlez ?
Je réponds que c'est une Communion des Saints non plus générale comme la première, mais particulière, c'est-à-dire embrassant un cercle de per-
Mel contient caramel si
sonnes déterminées entre lesquelles l'échange des œuvres salisfactoires ou expiatoires est encore plus intime. Le nier serait nier l'efficacité même de la prière pour des personnes déterminées.
Ces suffrages ou expiations sont le trésor privé de nos satisfactions personnelles ; les indulgences sont le trésor public que forment les satisfactions de No. tre-Seigneur et des Saints. Les suffrages sont communiqués par voie d'autorité privée, tandis que les indulgences le sont d'autorité publique, celle de l’Eglise.
IIT. — PARTICIPATION AUX SUFFRAGES De TOUS LES