‹ Le saint Rosaire [microforme] (volume 2)Chapitre 77 sur 115 · ASSOCIÉS DU ROSAIRE · texte numérisé non relu

ASSOCIÉS DU ROSAIRE

“Chacun des associés n’apportant que peu au ‘trésor commun, en retire cependant beaucoup “Tout confrère qui suit les règles de la Confrérie et ‘‘s'acquitte de la récitation du Rosaire, réunit en ses ‘intentions, tous les membres de la Société, lesquels ‘lui rendent, multiplié, le même office charitable." Léon XTIT, UBr PRIMUM., I, 2 oct. 1898.

Non seulement il y a, comme nous venons de le voir, union de prières et de bonnes œuvres entre les associés du Rosaire et tous les membres de la famille Dominicaine, mais cette société de secours mutuels s'étend encore à tous les Confrères qui la composent. C’est ce qui est rappelé dans le cérémonial de réception : ‘‘Je vous fais participants, y est-il dit, ‘de tous les biens spirituels de l'Ordre des Frères

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‘Prêcheu - ainsi que de tous les autres biens spiri- ‘’tuels qui appartiennent aux frères et sœurs de la ‘Confrérie du Très Saint Rosaire.”

Toutefois, cette communauté d'œuvres satisfactoires ne comprend que les pieux crercices accomplis au nom de la Confrérie, et non les autres bonnes œuvres qui y demeurent étrangères. Mais, même ainsi réduite, elle comporte des avantages qu'on ne saurait trop priser. La Confrérie se recommande, en effet, entre toutes les autres, comme étant la plus nombreuse et la plus sainte : elle est répandue dans toute la chrétienté, et, tout ce qu'il y a de plus parfait dans l'Eglise fait du Rosaire, sa prière habituelle et sa plus chère. Il est récité sans interruption et forme un vaste concert de supplications et d'hommases qui à chaque instant monte vers le trône de la très Sainte Vierge, et à chaque instant aussi, fait descendre sur les associés, une abondance de grâces de tous genres, soit pendant leur vie, soit à l'heure d® la mort, soit dans les flammes expiatrices du Purgatoire,

La prière des associés n'est donc pas isolée, mais forme partie de cette grande et universelle société mutuelle de prières qu'est la Confrérie et qui lui communique une efficacité particulière. Soutenus par la grâce et les vertus des saints auxquels nous sommes unis, nous obtenons en leur considération ce que nos prières seules ne pouvaient mériter : Dieu IIOUS exauce comme associés, quand il n'aurait que trop de motifs de nous repousser comme particuliers.

Chaque grain de notre rosaire récité ainsi, devrait donc nous apparaître comme chargé de prières coi-

lectives dont nous recueillons les bienfaits en y ajoutant la nôtre, si imparfaite soit-elle,

“Ma prière n'est qu'une goutte, mais en se joi- “gnant à d’autres, en s'unissant aux pleurs de la ‘eroix, en allant rencontrer, timide affluent, les “‘ruissellements de larmes, de sang et de sueurs fé- ‘‘condes qui ont traversé la terre, elle acquiert le

‘droit de dire: Et moi aussi, je suis océan l Pére Scrtillanges, O. P.

La fameuse bataille de Lépante gagnée sur mer par les chrétiens contre les Turcs en 1571, nous four nit une preuve saisissante de ce que peuvent les con. frères du Rosaire. C'était le 7 octobre, un dimanche, e' les associés faisaient leur procession solennelle en l'honneur de Marie. [Le généralissime de l'armée chrétienne, don Juan d'Autriche, avait eu pour gouvernante Ja Vénérable Catherine de Cardone qui continuait d'édifier la cour d'Espagne par la pratique des plus sublimes vertus, et excitait l’admira. tion de sainte Thérèse elle-même. Voyant de si graves intérêts confiés à celui dont elle l'enfance, cette âme d'élite ré prières et ses pénitence

avait dirigé solut d'obtenir par ses s, le succès de l'entreprise.

Un jour qu'elle était renfermée dans sa chambre, on l'entendit sangloter et s’écrier dans le plus grand effroi: “Miséricorde, 6 mon Dieu, miséricorde ! Sauvez-nous.”’ En Prononçant ces paroles, elle se donnait la discipline jusqu'au sang. Aux échos de cétte voix suppliante. les habitués du palais accoururent. Personne n'osant interroger la sainte, sur la cause de ses alarmes, on fit venir son confesseur

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qui lui ordonna au nom de l’obéissance, de s'en expliquer. ‘Pendant que j'étais en prière, réponditelle, le Ciel s'est ouvert à mes regards et un terrible procès commença devant le tribunal de Dieu. D'un côté se tenaient les démons qui rappelaient les innombrables péchés des chrétiens et réclamaient contre eux les sévérités de sa justice ; de l’autre, se voyaient la Sainte Vierge et les anges qui s’efforaient d'apaiser la colère divine par l'offrande de tous les rosaires récités en ce moment dans l'Eglise entière.

‘Je ne sais, ajouta-t-elle, quelle sera l'issue de ce redoutable procès, car la balance de la divine justice est aussi prête à pencher du côté de la rigueur que de la miséricorde.” On la laissa à sa solitude, où elle eXerça sur son corps, d'effrayantes cruautés, au milieu de gémissements dont les notes poignantes finirent par jeter à genoux, les hôtes du palais. T'outä-Coup, un profond silence se fit. Qu'était-il arrivé? Avec crainte on entre dans la chambre de la sainte. Elle est là souriante, et annonce que la colère de Dieu s'est enfin laissée fléchir : les chrétiens sont vainqueurs. On note le jour et l'heure, cinq heures de l'après-midi. Bientôt arrivent des messagers apportant la nouvelle du grand événement de Lépante : le Rosaire de la Mère avait fait triompher le Croix du Fils.

Confrères du Rosaire, voilà un exemple à jamais mémorable de ce que peut auprès de Dieu, l'union ‘e vos prières. Vous ne sauriez avoir une trop grande confiance dans leur efficacité. Sans doute,

“ leurs effets n'auront pas l'écho retentissant d'une victoire de Lépante, mais il est dans le monde invi. sible des âmes, des victoires auprès desquelles pälissent les plus glorieux faits d'armes. (Ce sont les triomphes de la pureté, de la charité, de la piété, de lt générosité dans le devoir sous toutes ses formes. Si là encore, la balance de ou - comme durs la vision de tout à l'heure — penche du côté de la mi. séricorde et donne la victoire, c'est que la. Vierge et les anges, fidèles à Jeur ministère de tendresse y ont déposé tous les rosaires récités par la Confrérie, sur l'étendr+ du monde entier. Que de choses Consolantes Gains ce sens, nos Anges (Gardiens ne voientils pas, et qu'ils nous dévoileront dans ces colloques intimes échangés avec nous sur les trônes du Paradis.

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