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ture devant la mort, mais sur ces victimes tombait bientôt l'ineffable paix du Christ.
Le soir, l'office terminé, les portes du chœur s'ouvrent, et les religieux s'avancent deux à deux vers l'autel de la Sainte Vierge, en chantant le Salve Regina. Au dehors, le massacre et l'incendie font rage, car, les barbares viennent de s'emparer de la ville. Guidés par les chants, ils se précipitent dans l'église, brandissant leurs terribles lances et poussant d'affreux hurlements. Le chant ne cesse pas pour tout cela: Enfants d'Eve, malheureux exilés, nous élevons nos cris vers vous, nous soupirons vers vous, gémissant ct pleurant dans cette vallée d larmes. Je fer s’est abattu sur la blanche phalange des serviteurs de la Vierge, mais il y a encore quelques voix pour continuer : De grâce, notre Avocate, tournez donc vers nous, vos regards miséricordieur, et après cet exil, montrez-nous Jésus, le fruit béni di vos entrailles. Quarante-huit fois, les Tatars ont frappé et quarante-huit cadavres gisent sur les dalles. Ils sont là, le prieur et son conseil, les prêtres. les diacres, les clercs, les convers. De douces clartés enveloppent comme d’un linceul, les martyrs inanimés, tandis que sous les voûtes flotte un chœur de voix harmonieuses : le Salve interrompu sur la terre, s'achevait dans le Ciel. Seul, un religieux manquait à cette fête du sacrifice. Pris de terreur, il s'était blotti dans le clocher. Te noble exemple de ses frères le ramenait bientôt au poste du devoir et il venait s'offrir de iui-même aux coups des bourreaux. Sadoc aux pieds de Marie, put compter tous ses religieux : pas un ne manquait à l’appel. Brillant au-
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dessus des cloîtres désolés, quarante-neuf étoiles attestaient que le couvent s'était reformé au Ciel,
À l'Ordre de saint Dominique, ces saints lèguent le cérémonial de la mort. Le Salve qui jusque-là avait marqué simplement la fin de chaque journée du religieux, mafquera aussi désormais, le soir de la grande journée de sa tie. Arrivé à ses derniers moments, la communauté se réunit autour de son lit et chante, pour lui, le Salve Regina. C'est le chant ‘u départ, le suprême appel de l'âme en péril :t que guettent les sombres abîmes de l'éternité; la prière humble et confiante de l'enfant qui demande à sa mère de laisser tomber sur son agonie, la bénédiction de son regard ct de son sourire : misericordes oulos ad nos converte.
L'histoire dominicaine nous fournit à chaque page, des exemples ravissants qui nous montrent la Sainte Vierge descendant alors pour recueillir elle-même dans ses bras maternels, la pauvre âme en détresse.
C'est aussi la grâce que l'Eglise invoque sur vous, confrères du Rosaire, quand bénissant vos chapelets, elle met sur les lèvres de ses prêtres, ces solennelles paroles : O Dieu, qu'au moment de leur sortie de ce monde, la Bienheureuse Vierge Marie, vous présente elle-même, leur âme toute riche de bonnes œuvres : et in exitu suo ab ipsâ Beatissimä Virgine Mariâ Dei Genitrice, Tibi plenus operibus præsentari mereatur.
C’est la même filiale confiance qui dictait ces belles paroles à Léon XIII: ‘‘Dévots du Rosaire, oui, aimons la ‘‘Couronne de Marie” comme la compagne inséparable de notre vie et notre fidèle pro-
tectrice. La tenant dans nos mains, à la dernière agonie, qu’elle nous soit alors, le doux présage de l'incorruptible Couronne de gloire.” FIDENTEM., sept. 1896.
Un autre usage très louable, c'est de placer le rosaire avec le crucifix, entre les mains des mou rants, pour les soutenir dans leur dernière lutt centre l'Enfer, et de le déposer ensuite avec leurs restes dans le cercueil. Trait de haute inspiration chrétienne, car, si la Croix est l'arme du Fils, le Rosaire est l'arme de la Mère, et elles sont toutes deux à leur place, aux mains du soldat du Christ, qui est censé leur devoir le courage de la suprême et décisive victoire.
Sur le point de mourir, S. François de Sales après avoir reçu l'Extrême Onction, demanda qu’on lui passât son rosaire au bras, afin qu’il lai servit de solide bouclier pour repousser les de.r.iers assauts du démon.
‘Je n’ai pas peur de la vie quand je songe à mu mère"” écrivait le Père Didon. Je n'ai pas peur de la mort, quand je songe à ma Mère du Ciel, pour rions-nous dire, à notre tour.