LE ROSAIRE ET LA ROUTINE
Dans notre pays, on n'alla certes pas jusqu’à adopter cette déplorable attitude, mais, il y eut aussi résistance, la résistance d'inertie : on fit la sourde oreille. Tout en tenant compte des efforts tentés et des magnifiques progrès réalisés, il faut reconnaître que le Rosaire est encore loin d’avoir parmi nous, la place qui lui convient, et, de droit, lui revient. La routine est son pire ennemi, et elle est
restée maîtresse du terrain dans une mesuré qui afflige encore plus qu’elle n'étonne. “[e simple chapelet est assez bon pour moi” voilà une façon assez commune de vous faire entendre que l'Eglise a parlé en vain ; que les 225 Diplômes, Constitutions, Décrets émanés de 42 sur 44 gouverains Pontifes qui se suecédèrent depuis Sixte IV (1478), et dans lesquels ils exaltent le Rosaire, sont restés pour eux, lettre morte ; que les 23 Encycliques et Décrets du grand Léon n'ont pas réussi davantage à déconcerter la sérénité triomphante de ces forçats de la routine. On ne veut pas de changement, et on ne changera pas. C'est done, transporté dans le domaine de la dévotion, le fameux sens priré des Protestants, et, dans cet ordre de choses, — pas plus que les Protestants — on ne fera à l'Eglise, l'hon-
neur de lui obéir.