LE ROSAIRE ET LA VIEILLES
Qu'ai-je fait? Qu'ai-je appris? Le temps est si rapide ! L'enfant marche joyeux, sans songer au chemin;
Il le croit infini, n’en voyant pas la fin.
Tout à coup, il rencontre une source limpide,
Il s'arrête, il se penche, il y voit un vieillard.
Après les années de jeunesse et de gaieté ; après läge mür et ses devoirs austères, c'est le déclin. Nous apercevons tout-à-coup que le temps a fait son œuvre : notre regard n’a plus la limpidité d'autrefois ; des rides se sont creusées sur notre front ; nos membres sont plus lents ; le corps tout entier s’appesantit et semble se courber vers la terre comme sous le poids d’un invisible fardeau. Un souffle d'hiver a passé sur notre âme assombrie; nos sourires sont tristes et notre gaiété, furtive, C'est la vieillesse qui nous avertit de la nécessité de nous préparer aux stparations dernières, à la prochaine rencontre avec Dieu.
Les termes de vieillesse et de prière s'appellent l'un l’autre. Et quelle prière mieux que le Rosaire, préparera le vieillard à son entrée dans l’autre vie?
“Vieux comme je suis et presque aveugle, — ‘écrivait un prélat dominicain, Mer Hyacinthe Bar- “beri, évêque de Nicastro — il ne saurait y avoir ‘pour moi d'occupation plus chère, plus agréable ‘que le Rosaire, Quand je prêchais, j'avais l'habi- ‘tude de l'appeler la harpe de Marie. Aujourd'hui ‘que la bonté du Pape a diminué le fardeau de mes “responsabilités pastorales, en me donnant un co- ‘adjuteur, j'ai plus de loisir pour toucher de mes ‘mains tremblantes, cette harpe céleste qui me rend ‘des sons, des harmonies impossibles à exprimer.
“Mon Rosaire, ce n'est pas pour moi, l'affaire “d'une demi-heure ou d’une heure, mais d’un temps “lus où moins long, selon les jumières plus ou “moins vives dont me favorise le Saint-Esprit. II
‘est ma joie dans mes afflictions et le soulagement ‘‘de mes souffrances; il peuple ma solitude et me ‘fait converser avec Jésus et Marie, avec les anges ‘‘et avec les saints.'’