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LE ROSAIRE ET LA MORT

La Confrérie du Rosaire a toujours été considérte par l'Ordre de $. Dominique, comme une sœur partageant avec lui, ses grâces, ses mérites, ses privilèges de famille. L'heure de la mort en fournit une preuve particulièrement touchante. A-t-on remarqué que parmi les cinq indulgences plénières accor-

dées pour le moment suprême, il y en a une pour la récitation du Salve Regina. Salut, ô Reine. Cette prière si belle par elle-même, captivera davantage la piété des cœurs quand nous aurons rappelé quelques épisodes saillants de son histoire dominicaine

Le Salve Regina, en honneur dans l’Ordre de $. Dominique, encore à son berceau, rappelle les heures d'angoisse, des premiers frères tourmentés par les démons dont la Sainte Vierge, appelée par cette prière, les délivra pour toujours. Le Bienheureux Jourdain de Saxe successeur immediat de S. Domi nique comme Maître Général, prescrivit en 12%6, de le chanter chaque soir après l'office de Complics. Le pieux usage s’en est conservé jusqu’à nos jours. Sous quelque ciel qu'ils vivent, les Frères Prêcheurs de l’univers entier se retrouvent aux pieds de Marie, dans le chant du Salve. Précédée de deux frères

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portant des cierges allumés, la procession sort du chœur et s’avance sur deux lignes recueillies, dans le sanctuaire, A ces mots Eia, ergo, Advocata nostra., tous se prosternent devant l’image de la douce Reine dont la protection constante est peut-être, le plus beau chapitre de leur longue histoire,

Une glorieuse et sanglante consécration était réservée à cette coutume, peu d'années après son introduction dans la famille dominicaine.

C'était en 1260, 44 ans après la fondation de l'Ordre — 1216. Les Tatars appuyés par les Russes, avaient envahi la Pologne et leurs hordes sauvages assiègeaient la ville de Sandomir où se trouvait le couvent dominicain de St-Jacques, gouverné par le Pienheureux Sadoc comme Prieur. Or, dans la nuit de ? juin, les religieux ayant récité l'office au chœur, selon la Règle, le novice chargé de lire le Martyrologe, gardait le silence, fixant le livre comme s’il eût présenté quelque chose d’étrenge : il venait, en effet, d'y voir ces mots écrits en lettres d'or : A Sandomir, la mort de quarante-neuf martyrs. Dominant son émotion, et d’une voix où vibrent l’enthousiasma et le courage, il annonce à ses frères, le triomphe prochain de leur mort. La communauté tout entitre a tressailli. Le Prieur se lève et va constater de ses propres yeux, la réalité du prodige. ‘‘Frères bien-aimés, dit alors le Bienheureux Sadoc, nous sommes quarante-neuf ici, et nous venons d'être invités par le Ciel, à verser notre sang pour le Christ. Mourons donc avec joie, sous les coups des Tatars.' Pius d’une celluie dut entendre ia plainte de la na-

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