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LE ROSAIRE ET LES PETITES DÉVOTIONS

A la place du Rosaire qui devrait être si bien connu, si cher à tout cœur catholique, on à voulu adopter de petites dévotions, de petits exercices qui ont été approuvés il est vrai, mais pour une certaine catégorie de personnes seulement, Chez ceux qui

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sont supposés être un pell avancés dans les voies de Dieu, lesquelles sont aussi les voies de sa Mère, ils détonnent comme un irritant contresens, ainsi que le ferait un jouet d'enfant aux mains d’une personne adulte.

Parlez-leur du Rosaire, au sens de l'Eglise, 1ls se renferment dans un mutisme qui n'a rien de bienveillant, Mais qu'il soit question de certain petit chapelet, de certain petit exercice, aussitôt ils prennent feu, roulent des yeux d'extase. Ils le recommandent à tous, plaident sa cause auprès des simples, avec une ardeur qui les fait s’étouffer d’admiration, rugir d'enthousiasme : le Ciel, vraiment, est au bout de ces petites pratiques qu'ils prônent, et, à défaut de la parole du Pape, croyez la leur, oh! croyez-la.

“M'est avis que les dévotions sont en train, en ce “moment, de faire grand tort à la dévotion. Nos ‘‘pères qui peut-être nous valaient bien, avaient ‘une piété beaucoup plus simple que la nôtre : ils ‘connaissaient un scapulaire, celui du Mont-Carmel ; “un chapelet, celui de saint Dominique.” Annales religieuses dti diocèse d'Orléans.

Le VRAI RÔLE DES Perires DÉVOTIONS DANS L'EGLISE.

Je ne voudrais pas me donner, fût-ce la plus légère apparence de m'insurger contre les petites dévotions comme telles. L'Eglise — et c'est tout dire — les approuve; sous la condition expresse

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toutefois, qu’elles ne sortent point de leur rôle qui est de préparer ei d'encourager les débutants à la pratique des grandes. Si elles tentent de les remplacer ou de les détrôner, de se hisser dans l'âme des fidèles, à une place qui ne leur appartient pas, ‘c'est un désordre contre lequel l'Eglise cit la première à protester. Encore moins en religion qu'ailleurs, nous est-il loisible de mettre sur le même pied, l: capital et l’accessoire, l'essentiel et le secondaire, le porche du temple et l'autel.

Que le lecteur me permette de lui faire voir cette vérité dans un exemple à point, le Rosaire Vivant. Institué à une époque où les pratiques de piété avaient sombré dans les ruines de la Révolution Française, ses minimes obligations se réduisaient à l : ‘citation d’une dizaine de chapelet par jour, accompagnée de la méditation d'un mystère, en union avec quatorze autres personnes, de façon à parfaire le Rosaire entier. Comme l’on voit, le fardeau n'’était pas de nature à terrifier; mais l'Eglise aussi patiente que sage, y vit un moyen de ramener petit à petit, les fidèles au grand Rosaire, sous sa forme traditionnelle et complète. Ce n’était donc là qu'un procédé de transition, un régime provisoire de convalescence dont étaient appelés à bénéficier, les enfants et les âmes peu solides er piété qu'auraient rebutées des prières en apparence trop difficiles.

È . hanc devotionem Rosarii Viventis non esse nisi tyro-

cinium ad completum Rosarium .... nihil aliud quam aditus ad confraternitatem SS. Rosarii propriè dictam .... pro pueris puellisque ad recitationem SS. Rosarii assuefaciendis, pro personis in pietate adhuc debilibus, .... Acta SS. Ros. vol. 1, n. 369.

Le rôle des petites dévotions est clairement délimité dans cet exemple qui résunie Tous les autres. C'est un apprentissage, une préparation, un acheminement aux grandes .... C'est pour les enfants, pour les débutants ou les adultes qui ne sont pas EnCOTe : familiarisés avec les exercices de piété. On pourrait leur appliquer ce que saint Paul disait de la doctrine : je vous donne maintenant le lait des enfants; plus tard, je vous donnerai la nourriture 80lide qui convient aux adultes.

Mais, que les petites dévotions destinées de par les termes mêmes de l'Eglise aux enfants ou à des âmes peu formées de néophytes, soient prônées comme l'idéal par des personnes soi-disant pieuses et éclairées, voila un abus auquel il s’agit de s'opposer avec vigueur. C’est une œuvre de salubrité publique, de stigmatiser cette piété anémique qui, loin de nourrir et de transformer les âmes, conduit,

par étapes rapides, à l’affaiblissement, voire même à la destruction de la religion qu’elle devait, au contraire, répandre et affermir.

Fille est à méditer, cette parole courageuse d'un évêque français : “De notre temps, il y a beaucoup ‘de piété; jamais peut-être, il y eut moins de foi. “Nous avons les dehors de la religion, les pratiques “extéricures dont nous nous revêtons comme d'un

“inanteau; mais, la religion elle-même ne pénètre ‘pas nos âmes.”

Dépouillez ce verdict, de son tour général justifié par la situation du pays qu'il avait en vue, et il s'applique, on ne peut mieux, à l’état d'âme que je viens d'esquisser. IL explique cette affligeante

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anomalie que le Rosaire soit encore en butte aujourd'hui, à une opposition systématique autant que sournoise. Oh! elle ne s'affiche pas au grand jour, ce qui lui serait fatal ; mais, elle opère dans l’ombre, se livre dans les conversations, se glisse avec des allures innocentes, au bout d’une phrase, par quelques mots jetés là négligemment, comme au hasard. Le Rosaire de la Mère partagerait-il avec la Croix du Fils, le privilège d'être un signe de contradiction ?

Nous allons tenter ici, un nouvel effort, en vue de le faire mieux connaître et d'engager les fidèles à bénéficier des incomparables faveurs dont il est la source. On réalisera ainsi pour son propre compte, l suave parole de saint Jean: ‘Il prit la Sainte Vierge chez lui’; et, dans l'Eglise, c'est comme à Lourdes, la Sainte Vierge ne va pas sans son Rosaire.

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