LES PÈLERINAGES
“C'est le Rév. Père Frédéric de Ghyvelde, OF. M., Commissaire de Terre Sainte en ('anada, qui fut l'envoyé de la Providence. Ie bon Père se fit généreusement le coopérateur et l’aide du curé de la paroisse dans le soin de la Confrérie du Rosaire, la desserte du sanctuaire et la réception des pèlerinages. Grâce à l’ascendant que sa vertu énrouvée lui donnait sur les populations : grâce à ce que nous pourrions appeler son magnétisme, il contribua pour une large part au règlement des difficultés et à la diffusion de la dévotion au Très Saint Rosaire.
‘“Cependant de nouveaux besoins se faisaient sen-
tir à mesure que le culte du Saint Rosaire prenait de l'extension, Les pèlerins affluant de plus en plus, il fallai. .rouver de nouveaux ouvriers pour travailler à la moisson, C’est ainsi que les dignes fils de saint François, ceux de saint Dominique, et les RR. PJ. Oblats furent appelés tour à tour à venir prêter main forte au dévoué pasteur dont le zèle ne pouvait suf. fire à tant de fatigues et de travaux. II fallait de plus, rendre le sanctuaire, d'un accès plus facile aux pèlerins, M. le sénateur, H. Montplaisir fit construire un quai qui depuis lors a servi de débarca. dère à ceux venant par la voie fluviale ; c’est encore à la générosité du même bienfaiteur, ainsi qu'au dévouement des paroïssiens, que l'on doit la voie ferrée qui relie le Cap au chemin de fer du Pacifique Canadien.
‘Pendant que progressait ainsi la dévotion an Saint Rosaire, Monseigneur Laflèche surveillait et enCourageait tous les efforts. I] aimait à venir de temps en temps saluer les pèlerins du Cap, et les édifier de sa belle parole à la fois si simple, si élevc.. et si puissante. Il ne laissait pas, toutefois, d’obser-ver une prudente réserve, laissant au Ciel le soin de démontrer le caractère providentiel et surnaturel de cette œuvre.
‘Quelques semaines avant sa mort, au Curé qui lui représentait que les besoins toujours croissants du ministère réclamaient la présence ici d’une congrégation religieuse, il répondait : ‘Je le comprends, une congrégation religieuse est devenue nécessaire, mais ma fin est proche, et je veux laisser à mon suc
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cesseur le soin de mettre le couronnement à cette œuvre,
‘La Providence a voulu que cette tâche devint Notre partage. Dans un mandement sur le Très Saint Rosaire, promulgué en mil neuf cent, Nous exhortions les fidèles de Notre diocèse à venir honorer et prier la Reine du Ciel dans son vénéré sanctuaire du Cap, que Nous désignions comme lieu de pèlerinage diacésain. Nous adoptions en même temps certaines dispositions provisoires, afin de prolonger quelque temps encore la période d'épreuves d2 cette œuvre naissante. La réponse du ciel ne se fit pas longtemps attendre. Les faveurs de la Reine du Rosaire continuèrent de se multiplier, et les pèlerinages d’affluer, non seulement de tous les points de notre diocèse, mais encore de toutes les parties du pays, et même des Etats-Unis. Si bien que, deux ans plus tard, Nous publiions une nouvelle Lettre Pastorale pour annoncer l’organisation définitive du sanctuaire du Cap. ‘‘Aujourd’hui, disions-nous, Nous reconnaissons que la Providence veut que la Reine du Ciel reçoive dans la petite église du Cap les hommages particuliers de ses dévots serviteurs. Nous reconnaissons que ce n’est pas une œuvre qui soit menacée de disparaître avec le talent ou le zèle individuel ; elle a eu ses difficultés et ses obstacles, elle n’a fait que s’accroître et progresser ; elle durera.”
‘Nous annoncions, en conséquence, que la desserte de la paroisse était confiée aux Oblats de Marie Immaculée, et que ces vrais fils de Marie, tou-
jours si dévoués aux intérêts de leur Mère, seraient désormais les gardiens de son béni sanctugjre.""