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saire ne comptait pas pour ma méditation." L'ignorance, l’étroitesse et la routine, ces trois sœurs inséparables, s’acharnent dono — et s’acharneront peutêtre encore longtemps — à saper le Rosaire, par sa base, en riant sa valeur, comme méditatior. Nous sommes en face d’une déchncertante anomalie,
Voilà, en effet, que toutes sortes de méthodes de méditation ou de contemplation ont cours ; et il n'y aurait que celle prônée désespérément par l'Eglise pour ne pas avoir sa place au grand soleil du monde des âmes! Je ne m'attarderais pas à réfuter pareille aberration, n’était mon souci d'éclairer les consciences honnêtes dont la bonne foi s'est laissée surprendre.
L'opposition au Rosaire, comme méditation, remonte assez loin, car, on lit de sainte Rose de Lima, morte en 1617, qu'elle insistait souvent auprès des prédicateurs et des confesseurs, pour qu'ils établisseni la vérité sur ce point. Le préjugé est donc au moins tricentenaire:; mais son âge ne le rend pas plus raisonnable, encore moins lui constitue-t-il des quartiers de noblesse,
Fidèle à mon programme, je demande à l'Eglise, de produire les titres de son Rosaire, comme médita. tion ou contemplation. Léon XIII va nous répondre. Sa piété est allée d'instinct au Rosaire, comme son fier génie devait aller d’instinct à saint Thomas d'Aquin, — l’Aigle de la doctrine catholique — pour la solution des questions vitales qui préoccupaient alors le monde, Voulant appuyer la piété sur une base solide, il la voulait avant tout doctri-
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nale. Le Rosaire lui offrant cette base inébranlable dans les dogmes de ses mystères, il s'en fit l’a. pôtre intrépide, le prédicateur inlassable. Il proclama y voir le secret de la rénovation des âmes, la sauvegarde de l'Eglise, le salut du monde.
La question que nous posions tout à l'heure, il va lu traiter, et à sa manière, c'est-à-dire par les sommets. S'il emploie comme il le fait — et avec une insistance marquée — les mots de méditation, de contemplation, ce gerait le comble du ridicule, de croire ou d’affecter de croire, qu'il ne les a pas pesés, ou qu'il en ignore le sens.
Qu'on ne s'ÿ méprenne pas: de même que le Chef de l'Eglise avait voulu renouveler les études théologiques en imposant par voie d'autorité, la doctrine du Docteur Angélique, il voulut compléter son œuvre en renouvelant le monde de la piété, par le Rosaire. D'une main aussi sûre que ferme, il ramena cet exercice si important de la méditation, à la belle simplicité et solidité des principes puisés chez ce maître incomparable.
J'oserai dire que la mesure était exceptionnellement opportune, et elle fut saluée avec reconnaissance par tous ceux qui déploraient que les fidèles eussent été découragés de vaquer à cet exercice, tant on le leur avait montré hérissé de difficultés. Il était, en effet, devenu un épouvantail, même pour la piété des plus intrépides ; ce qui n’explique que trop l'impression fâcheuse généralement répandue. aujourd'hui que pour méditer, il faut être savant, et avoir beaucoup de loisirs.
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À en croire certains théoriciens à la mode, une bonne méditation doit d'abord, être quelque chose d'ennuyeux, de see, de froid, d'enchevêtré, Le modèle en est unique pour tous les tempéraments et toutes les aptitudes. Nous sommes plongés dans une atmosphère factice, où les choses les plus simples sont exagérées, grossies, faussées comme a plaisir. Bref, la méditation ainsi comprise et déformée, est une torture, une véritable camisole de force, et l'on comprend que pour y échapper, l'âme pantelante et excédée se laisse entraîner au sommeil comme dans un asile sauveur, Réellement ne dirait-on pas que pour s'approcher de Dieu et lui parler — lui, la simplicité, par essence — l'on dût suivre le cérémonial prétentieux, gourmé, ridicule, exigé par l'étiquette de l'Escurial pour s'approcher de Sa Majesté Philippe IT, souverain de toutes les Espagnes.
La méditation du Rosaire, si simple, si unie, modeste et humble comme la Vierge, ne pouvait paraître, évidemment, que bien peu de chose en face de cette méthode fastueuse et contournée: une sorte de }ysinne en sabots devant une marauise d'Ancien Résine. Juchée sur ses hauts talons, cette dernière ne pouvait le prendre que de haut, et de haut elle le prit: Vous, une méditation! et vous n'avez ni colloque, ni soliloque, ni fournaise d’amour, ni Sinaï enflammé, ni les trente-deux degrés de l’Echelle de Dilection, ni... .. allez, passez votre chemin. Vous n'êtes qu’une intruse, une roturière. — Tia marquise avait parlé : la cause n’était pas finie, . .