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LES PRINCIPES APPLIQUÉS AU ROSAIRE

Voulez-vous maintenant que l'on applique ces principes au Rosaire? Il sera facile à l’œil le moins exercé, d'y démêler le rôle qui vient d’être assigné à la méditation et à la contemplation. La parole est à Léon XIIT :

‘‘Cette méditation est parfaitement à la portée ‘‘même des esprits sans instruction; car, présentés ‘’avec leurs circonstances de lieux, de temps, de ‘personnes, les faits que les mystères du Rosaire ‘rappellent, s’impriment d'autant mieux dans ‘l'âme qu'ils l’émeuvent plus utilement. Lors- ‘‘que, dès l’enfance, l'âme s’en est pénétrée et im- ‘‘prégnée, il suffit de l’énonciation de ces mys- ‘‘tères, pour que celui qui a du zèle pour la prière, ‘‘puisse sans aucun effort et par un mouvement ‘‘naturel de pensée et de sentiment, les parcourir ‘‘et recevoir abondamment de la bonté de Marie, ‘‘les grâces d’en haut.” Jucunda., 8 sept. 1894.

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‘Ces mystères augustes, si les fidèles, dans une ‘‘pieuse méditation, se les rappellent dans leur or- ‘‘dre, sont destinés à leur procurer un admirable ‘‘secours, tant pour nourrir leur foi et la protéger ‘‘de’ l'erreur que pour ranimer et entretenir la vi- ‘‘gueur de l’âme. En effet, la pensée et la mé- ‘“‘moire de celui qui prie de la sorte, sont entraînées ‘‘vers 6es mystères, avec l’ardeur la plus suave; ‘‘elles s'y absorbent, les parcourent, et admirent ‘l’œuvre ineffable de la Rédemption des hommes. ‘L'âme s'enflamme alors, d'amour et de recon- ‘naissance, devant ces témoignages de la charité ‘‘divine ; elle sent se fortifier et s’accroître son es- ‘‘pérance, et devient plus avide de ces récompenses ‘‘célestes que le Christ a préparées pour ceux qui ‘‘se seront unis à lui, en imitant ses exemples et

‘‘en participant à ses douleurs.” Octobri., 22 sept.

‘‘Cette prière s'exhale dans les paroles émanées ‘‘de Dieu même, de l’ange Gabriel et de l'Eglise ; “pleine de louanges et de vœux salutaires, elle se ‘‘renouvelle et se continue dans un ordre déter- ‘‘miné et varié, et elle produit sans cesse de nou- ‘veaux et doux fruits de piété.” Ibid.

“Des distractions nombreuses provenant de la ‘‘fragilité humaine, ont coutume de dé'ourner de ‘Dieu, celui qui prie ; maïs, quiconque y réfléchira, ‘‘comprendra aussitôt combien le Rosaire a d’effi- ‘“‘cacité, soit pour fixer la pensée et secouer l'indo- ‘‘lence de l'âme, soit pour exciter le salutaire ‘regret des fautes et élever l'âme vers les choses ‘‘du Ciel.” Jucunda., 8 sept. 1894.

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‘Dieu nous a donné en Marie, le modèle de ‘‘toutes les vertus le plus à notre portée. En la ‘regardant et la contemplant, notre esprit ne se ‘‘sent pas comme écrasé par l'éclat de la Divinité; ‘mais, attirés par la parenté d'une commune na- ‘ture, nous travaillons avec plus de confiance à ‘limiter. Magnæ., 7 sept. 1892.

‘Quiconque contemplera fréquemment, non pas ‘seulement des yeux du corps, mais par la pensée ‘‘et la méditation, d'aussi grands exemples de ‘vertu, comment ne brûlerait-il pas du désir de les ‘imiter’? Lætitiæ., 8 sept. 1898.

‘Aussi, le Rosaire inonde-t-il l'âme de ceux qui ‘‘le récitent, d’une douceur de piété toujours nouvel- ‘le, leur donnant la même impression et émotion ‘‘que s’ils entendaient la propre voix de leur très- ‘‘miséricordieuse Mère leur expliquant ces mystères ‘‘et leur adressant de salutaires exhortations.”’ Magnæ., 7 sept. 1892.

‘Le Rosaire se compose, comme l'on saît, de ‘‘deux parties à la fois distinctes et unies, la mé- ‘‘ditation des mystères et la prière vocale. Or,ce ‘‘mode de prière exige une attention spéciale du ‘‘fidèle, car, il requiert, non pas seulement qu'il ‘‘dirige d’une façon quelconque, son esprit vers ‘Dieu, mais qu'il soit plongé de telle sorte dans la ‘considération de ce qu’il contemple, qu’il y puise ‘‘les éléments d'une vie meilleure et les aliments ‘‘de toute piété. Ce qu'il contemple est, en effet, ‘ce qui existe de plus grand et de plus admirable, ‘‘car, ce sont les mystères fondamentaux du Chris-

| ‘‘ianisme.”" Jucunda., 8 sept. 1894.

‘Toutes les fois que, dans la récitation du Ro- “‘saire, nous méditons les mystères de notre salut, ‘nous imitons, en quelque sorte, la fonction très ‘‘sainte confiée jadis à la milice des anges. Ce ‘‘sont eux qui ont révélé ces mystères au temps ‘marqué. Ils y ont joué un rôle important, dans ‘une attitude tour à tour joyeuse, douloureuse et ‘‘triomphante . . . . Quoi de plus suave que de ‘““contempler et de prier avec les Anges? Quelle ‘‘confiance, quelle espérance on peut concevoir de ‘jouir un jour dans le Ciei, de la bienheureuse so- ‘‘ciété des Anges, lorsque ici-bas, on les a en quel- “que sorte aidés dans leur ministère.” Augustissimæ., 12 sept. 1897.

Si c3 citations déjà longues ne suffisaient pas, d'autres du même genre pourraient être fournies ! par les encycliques Magnæ Dei., 7 sept. 1892, Læ- À titiæ sanctæ., 8 sept. 1893, Jucunda semper., 8 : sept. 1894, et Diuturni temporis., 5 sept. 1898. ;

Léon XIII y développe partout — et dans son sens le plus élevé — les paroles employées de temps immémorial, pour la bénédiction des rosaires : divina contemplandô mysteria, par la contemplation des mystères divins.

Donc, à côté de la prière vocale qui suppose le recueillement des sens et fait du corps entier, un hommage au Dieu qu’elle implore, le Pape vient de : nous définir le rôle de toutes les facultés internes ! absorbées dans la méditation où la contemplation

de ces mystères : la mémoire, l'imagination, l’in-? telligence, la volonté, le cœur. C’est un véritable

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petit traité où se détachent les expressions empruntées à son maître préféré, saint Thomas d'Aquin, traitant de la même matière, Par l'oraison mentale du Rosaire, qui joue vis-à-vis des prières vocales, le rôle de l'âme vis-à-vis du corps, la Foi resplendit, l'Espérance se fortifie. la Charité s'embrase. La variété même des mystères écarte les distractions, cet écueil ordinaire et redouté des méditations. L'âme nous est montrée dans cet exercice, atteignant l'Eglise Militante qu’elle protège e* qu’elle sauve ; l'Eglise Souffrante qu'elle soulage et délivre par d'innombrables indulgences ; réjouissant l'Eglise Triomphante vers laquelle elle s'élève d'un vol rapide et sûr, par l’imitation des vertus et la participation aux souffrances du Christ et de la Vierge. Devenue par sa contemplation, l'émule même des Anges, elle goûte des joies intenses, ‘comme si elle entendait l1 voix de la plus douce des mères.” Bref, poème d'allégresse aimante et de tendre piété que ces encycliques immortelles, et, bienheureux, les dévots de Marie qui en auront recueilli les enseignements au plus intime de leur conscience et de leur cœur.

LE ROSAIRE SERAIT DONC LA SEULE ME.- THODE DE MEDITATION OÙ DE CON- TEMPLATION ACCESSIBLE A LA GENERALITE DES FIDELES.

Je dis la généralité, afin de sauvegarder les exceptions. UN ER

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