LE ROSAIRE RÉUNIT CES CONDITIONS
Quelle est donc la méthode d'’oraison qui ait chance d'être sérieusement pratiquée et goûtée par lui? A ceux que l’on appell: les simples gens, il faut une | méthode simple aussi, naturelle, courte, variée ; et il est remarquable que tous ces éléments sont donnés par les meilleurs auteurs comme les conditions idéales de la contemplation. La question de temps n'y
est pas un facteur nécessaire. S'imaginer, selon
un préjugé assez répandu, que l’immobilité de l’âme arrêtée devant une seule idée et se nourrissant d’un ! seul sentiment durant un quart d'heure ou une demi heure, soit essentielle à la contemplation, est ! une. pure chimère. De ce côté-là non plus, pas de ! règles arbitraires, pas d’inutiles entraves. Vacant vol 3, p. 1621.
Déjà, de son temps, sainte Thérèse disait : ‘‘Sou- ! vent Dieu donne dans un moment de prière plus de grâces qu'il n’en accorde dans une oraison de longue ? durée. Ses œuvres me se mesurent pas sur le » temps.”
‘Plusieurs pensent méditer qui ne font que spé- * ‘‘culer, que s’efforcer de produire de belles pensées, ‘‘à se faire de beaux discours. Ceux-là perdent leur
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‘‘temps et ils l’'emploieraient beaucoup mieux à dire ‘leur chapelet; car, en arrêtant simplement le re- ‘‘gard de leur âme sur les adorables mystères de la ‘‘vie, de la passion, de la mort, de la gloire de leur ‘Maître, ils y verraient plus clairement ce qu'ils ‘‘doivent savoir, faire et souffrir, qu'ils ne le voient ‘dans leurs prétentieuses oraisons. ....
‘Nous répétons à dessein le mot de simple regard, ‘‘pour qu’on ne suppose pas que nous voulions trans- ‘former le Saint Rosaire en méditations laborieuses. “Non, il doit rester une simple et douce prière, ce ‘qui ne l’empêchera pas d'être une vraie prière du ‘‘cœur, une oraïison en esprit et en vérité, une vraie ‘‘oraison mentale, si nous y récitons le Pater et “‘l’Ave en regardant Jésus-Christ et sa Mère.’’ Cardinal Dechamps. La Nouvelle Eve. Ch. XXXI.
Quel beau et pratique commentaire de saint Thomas qui, dans les trois mots qu'il donne à la définition de la contemplation, mentionne d’abord la simplicité : simple regard de l'âme, dit-il.
‘“‘Mon brave homme, demandait le Bienheureux ‘‘Curé d’Ars à un de ses paroissiens, qu'est-ce que ‘‘vous dites donc au Bon Dieu, quand vous êtes de- ‘‘vant le Saint Sacrement?’”’ — ‘‘Je le regarde, et ‘il me regarde,” fut la réponse. Il donnait ainsi sans y penser, une des plus exactes définitions de la contemplation, et qui rappelait celle de Bossuet : “L'oraison de simplicité ou de, simple regard, écrit ‘ce grand évêque, consiste dans un simple regard ‘‘de l’âme vers quelque objet divin, soit Dieu en “lui-même ou quelqu'une de ses perfections, soit
“Notre-Seigneur ou quelqu'un de ses mystères, ou ‘‘quelques autres vérités chrétiennes.” Manière de faire l'oraison de foi. No. 3. Comme on le voit, la vérité est profonde; elle n’est pas compliquée.
‘‘Je ne connais pas une meilleure pratique que le “Rosaire, pour aider l'attention, la piété, la médi- ‘tation de l'esprit et du cœur. Nous le disons pour ‘‘les savants qui l'ignorent, non pour les ignorants ‘‘qui le savent par expérience. "’ Rohrbacher,, Hist. vol. XVII, liv. LXXI. :
L'Eglise qui connaît la mentalité de ses enfants, prend le Rosaire des mains de la Vierge de Lourdes et nous dit: la voilà, la méthode de méditation ou de contemplation faite pour tous, parce qu'elle nous vient de Marie, la Mère de tous.
"Le Rosaire, c’est l'introduction aisée à la con- ‘‘templation des mystères qui nous montrent en ‘action le Dieu vivant. Convenez qu'il y a quelque ‘chose dans l'Eglise qui ne vient pas de l'homme, ‘‘ces institutions si simples, ces adaptations si popu- ‘‘laires de ce qu’il y a de plus grand, de plus relevé. ‘J'ai connu de pauvres gens très ignorants qui di- ‘‘'saient le Rosaire d'une façon sublime. Remarquez ‘aussi que dès qu’on devient simplement orgueil- ‘‘leux, on se dégoûte du Rosaire, on s’en moque, on ‘s'en scandalise. 1! faut être de la maison pour ‘comprendre ce qui vient du Maître de la maison.'’ Mgr d’Hulst, 22 oct. 1888. Let:res, p. 199.
Si donc, la masse er arrive jamais à méditer, ce sera par le Rosaire. :
‘C'est la prière des simples, — écrivait le cardinal
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