‹ Le Saint-Siège et les juifsChapitre 29 sur 72 · I . I.VWIV. Voyez aussi à ce sujet l'inté · texte numérisé non relu

I . I.VWIV. Voyez aussi à ce sujet l'inté

t travail do M. Maxfkiv, Hli Ebrei totto hi Dommazioiu Bomana, t. II.

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Auguste lui. bon pour eux, car ils se montraient alors les dociles sujets «le l'empire. Non seulement ils acceptaient la loi romaine, mais ils s'en réclamaient à l'occasion, témoin saint Paul; la loi romaine les protégeait,

Son éclectisme en matière de religion dictait à Auguste envers les juifs cette sage bienveillance dont ses successeurs ne devaient que trop oublier l'exemple. Il voulait qu'on respectât leurs croyances, leurs superstitions; on ne pouvait, sous aucun prétexte, obliger un juif à déposer un jour de sabbat devant un tribunal, ni à s'occuper d'une affaire publique ou privée (1); bien plus, lorsque les distributions de blé ou d'argent aux nécessiteux avaient lieu ce jour-là, on devait mettre de côté jusqu'au lendemain les parts réservées aux juifs.

La communauté de Rome était alors nombreuse ; un peu plus tard, Philon, cédant à ce penchant de grandir tout ce qui touche à leur race qui est commun aux annalistes hébreux, évalue à huit mille le nombre des juifs qui appuyèrent ses réclamations auprès de Gaïus (Caligula) (â). Elle était, en outre, fort opulente et demeurait très attachée à la mère patrie : chaque année,

(1) «In festivitatibus mit sabbat is suis Jud;ri corporalia mimera non habeant, neque quidquam faciant, neque propter publicam privatamve causum, in jus vocentur (Cod. de Judaeis, lcg. 3. Dedecur. leg., 16, § 6). Voyez Bédabride, p. 6.

(2) Josèphe, Ant. Jud., XVII, i, 3; XVIII, 3, 5.

partait de Homo une riche offrande pour le temple de Jérusalem (1); elle possédait, on Ta vu, une synagogue, des écoles, des poètes (2). Cependant l'inlluence morale des juifs était nulle. Aux \eux des Romains, rien ne les distinguait encore des autres étrangers, Égyptiens, Syriens, Gappadociens, que le grand commerce du port de Rome avait attirés sur les bords du Tibre. Le sombre empereur qui succéda au brillant Auguste et fut le premier mais non le pire de cette suite de maniaques, tantôt mélancoliques, tantôt exubérants, mais toujours sanguinaires, dont le monde eut à supporter si longtemps la tyrannie fantasque, Tibère, s'imagina de régner sur les consciences. Les généreuses qualités dont il était doué avaient été de bonne heure étouffées parles terreurs sombres qui le hantaient, les soupçons parfois justifiés que ses favoris éveillèrent et entretinrent en lui. Il se prit de haine pour les juifs dont les cérémonies mystérieuses l'intriguaient, lecourrouçaient. Et puis, l'empereur s'occupait de magie, et les juifs, comme tous les Orientaux, passaient pour quelque peu magiciens; ils allaient dans les demeures des riches Romains interprétant les songes, prédisant l'avenir, expliquant le passé. C'étaient des rivaux ca-

(1) Taotb, Annales, lib. II; Ciciinox, Pro Flacco, XXVIII. : l'usais Aristius, auquel Horace adressa une épitre épit. \ . et ce poète circoncis qui osa maltraiter dans ses vers Martial. Voyez liv. XI, épit 04.

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pables «le découvrir quelques-uns des terribles secrets de l'empereur, de dangereuses gens dont, i! fallait se défaire. Il commença par les molester. L'exercice de leur culte fut interdit, les vêtements sacerdotaux de leurs prêtres durent être brûlés, les vases sacrés détruits; la jeunesse juive fut exilée au loin, dans les provinces insalubres, sous prétexte de service militaire (1).

Ce n'était pas assez, car ies circoncis continuaient de pulluler à Rome; l'empereur entreprit de les exterminer tous. Un grand nombre, déportés en Sardaigne, y périrent misérablement. Séjan, qui favorisait toutes les cruautés de son maître, aigrissait ses haines, pour le rendre peut-être tout à fait odieux et insupportable à ses sujets, excitait sous main sa colère. Lui mort, Tibère comprit sa faute; il se radoucit, revint à une plus saine politique et plus conforme à ses penchants; les juifs accoururent aussitôt à Rome où un invincible instinct les poussait toujours.

Galigula avait pour ami un juif, Agrippa, de la famille d'Hérode , jadis compagnon du jeune Drusus, frivole et débauché cependant, et que Tibère allait faire périr quand la mort l'empêcha de mettre son dessein à exécution. C'était, au reste, le seul juif qu'aimât le nouvel empereur; ce peuple était trop rétif. La statue de l'empereur restait sans adorateurs à Jérusalem. Pour

(\) Suétone, Vie de Tibère, XXXVI.

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se venger sans doute, il lit Agrippa roi des juifs, et la désolation fut grande en .Indre. A Home, la coinmuaauté juive se tenait coite. On sait l'accueil cruellement grotesque que réserva l'empereur à Philon et à Bes compagnons, envoyés en solennelle ambassade par leurs coreligionnaires d'Alexandrie.

Néanmoins, la juiverie de Home augmentait sans cesse de force et d'importance. Les capitales des empires très centralisés sont des gouffres attirants; elles vivent de la sève du pays, elles le dépeuplent à leur profit, elles l'appauvrissent, lui rendant, il est vrai, en idées ce qu'elles lui prennent en hommes.

Après les juifs besoigneux venus à Rome pour ne pas mourir de faim dans leur patrie, étaient arrives volontairement, dans le but d'y jouir de leur fortune, quelques riches familles Israélites. Elles avaient quitté la colline de Sion, leur temple, leur pays, tout ce qui leur était cher, tant était grand l'attrait qu'exerçait au loin la ville éternelle (1). Leurs fastueuses demeures s'élevaient dans les quartiers les pi us opulents de Home (2); leurs tombeaux de la voie Appienne n'étaient pas le moindre ornement de cette chaussée sépulcrale (3).

Quoique fidèles à leurs traditions, à leurs mœurs,

I Josèphe, \ni.. XVII, m, .'i: ci, l ; Tacite, Ann.,ii, 85; Suétone, Tibère, 36; Renan, Vin de saint Paul, p. 103.

(2) Voyez Renan, Vie de saint Paul.

(3) Voyez Gamucci, Cimiterio degliantlchi Ebrei.

LA COMMUNAUTÉ suis LES EMPEREURS in

à leur religion, les juifs vivaient confondus avec les Romains, s'en distinguant à peine si ce n'est dans leur for intérieur. On était fort tolérant alors, étant fort sceptique, et on les laissait adorer leur Dieu à leur guise. Le culte des juifs étonnait, il n'inquiétait pas. Malheureusement pour eux, il n'en fut pas longtemps ainsi. De Judée, commençaient à arriver des hommes qui avaient assisté à l'événement le plus extraordinaire de l'histoire de l'humanité; ils affirmaient avoir vu le Messie dont les juifs attendaient depuis des siècles l'apparition avec autant d'impatience que d'espérance; ils annonçaient le renouvellement du monde, le renversement de tout ce qui existait. Mais les juifs de Rome n'ajoutaient que médiocrement foi à leurs récits; de là des discussions enflammées, car on n'est jamais si ardent à persuader que lorsqu'on n'a pas de preuves bien probantes, et les juifs venus à Home étaient des apôtres convaincus mais simples, plus ardents qu'habiles à raisonner et à convaincre; il y eut des luttes à main armée, du sang répandu. L'empereur Claude, qui aimait la tranquillité, fît rechercher par la police ce Chreslus (Kpioroç), à la présence de qui on attribuait tout le mal et donna l'ordre de fermer surle-champ le lieu de réunion de ces hommes qu'échauffait à ce point le nom de cet étranger (1); les juifs

{\) DionCassius, L.\, 6, et Renan, Viede saint Paul, p. 100.

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D'en tinrent compte, et les disputes de renaître «le plus belle. Alors Claude chassa île la ville tous ces perturbateurs, et ils durent se réfugier en Sicile, en Afrique, en Grèce I . Cet exil ne fut pourtant pas absolu et dura peu; bientôt, les juifs revinrent à Home, nombreux; saint Paul y trouva une colonie israélite importante, qui ne comptait cependant encore que peu de chrétiens 2 .

Mais le danger était grand. On avait pu mépriser une petite colonie, noyée au milieu de l'immense cité romaine, presque ignorée des historiens, ne se souciant que fort peu de faire des prosélytes; on devait s'alarmer des progrès 'Tune secte active, remuante, chaque jour grandissante, qui s'insinuait partout, pénétrait toutes les classes, et menaçait, non pas seulement les vieilles idoies et les vieux cultes vermoulus des âges antérieurs, mais la habilité, l'intégrité, l'existence même de l.i société antique. Des lors, on eut dan> l'empire une conscience vague du péril; dès lors, on s'efforça énergiquementd'y parer. Maisla démarcation entre juifs et chrétiens, destinée à devenir si profonde par la suite, existait a peine alors; c'est par nuances insensibles qu'on allait de l'israélite au sabbataire, du paulinien au chrétien. Les païen>. eux, ne voyaient qu'une chose;

Vie d> Claude, XXV. Actes des Apôtres, WIII. 2. Cf. Baronids, an. M .

: li rot, H'-' Romoms, t. IV, 504.

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là où il y avait des juifs, il j avait des chrétiens ; la nouvelle secte se propageaità l'ombre de l'ancienne : l'une abritait l'autre; toutes deux devaient périr. El la lutte commença (1).

Depuis .Néron, dont la cruauté a dû être quelque peu exagérée pour les besoins de la cause (2), jusqu'à Constantin, les juifs lurent persécutés avec les chrétiens; ensuite, ils le furent par les chrétiens. C'est alors seulement que leur histoire reprend son relief, à Home surtout.

Au milieu des grands combats qui ensanglantaient la Judée, des grandes persécutions qui déchiraient l'empire, la communauté de Home est presque oubliée des historiens. H y a tant d'époux antement par le monde que nul ne se préoccupe des misères de la petite colonie sémitique. Elle ne disparut pas cependant dans la tourmente, et cette étonnante ténacité n'est pas ce qu'il y a de moins remarquable dans cette partie assez effacée de son histoire. Tout conspirait contre elle. Le peuple la haïssait (3) : quand, après l'incendie de Rome, on chercha des coupables ou plutôt des victimes expiatoires, ce fut dans le quartier israélite qu'on les alla trou-

(1) L'histoire de la juiverie romaine durant cette période est intimement mêlée à celle de la secte chrétienne naissante que tant d'auteurs plus autorisés que nous ont approfondie. On se borne donc à en esquisser ici les contours pour l'intelligence de ce qui va suivre.

(2) Suktonk, Vie de Néron, XVI. Cf. C. Martha, les Moralistes sous l'empire romain, p. 317 et suivantes.

(3) Tacite, llist., lib. V, 5.

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\n : 1,1 plèbe massacra les juifs avec une fureur, avec une joie atroces l . Les grands la redoutaient : « C'était une antique et ferme croyance, dit Suétone, que l'empire du monde appartiendrait vers ce temps à un homme parti de la Judée (2) ». Tandis que Vespasien et Titus s'acharnaient contre les juifs de Jérusalem, on ne pouvait guère se montrer tolérant envers leurs coreligionnaires romains. C'est miracle qu'on ne les ait pas tous fait périr.

Le temple détruit, l'empereur s'adjugea le tribut qu'y envoyaient pieusement chaque année les juiveries répandues dans tout son empire (3). Domitien, toujours affamé d'argent, n'eut garde de négliger cette précieuse source de revenus; ce fut L'impôt dont on poursuivit le payement avec le plus de rigueur; tous ceux qui faisaient publiquement profession de judaïsme \ étaient astreints, et l'historien Suétone nous raconte avec quelle indiscrète vigilance les ofliciers chargés de le percevoir s'acquittaient de ce soin (4).

Toutefois, de cette obligation même on peut inférer qu'une certaine liberté de conscience était accordée aux Israélites. Ce fut seulement, en effet, vers la (in de son règne que Domitien sembla s'alarmer réellement des pro-

(1) Renan, l'Antéchrist, p. 136. Di rdï, Hist. des Romains, 1. 1\, 509. Suétone, Vie de Vespasien, IV.

(3) Xii'iui.iN, in Vesp.Hl. L'impôt était de deux drachmes par ête, dit Josi'phe.

\ Si ■• i . / ie </< Domitien, Ml.

grès du judaïsme. « Vicloribus victi legem dederunl o, s'écriait douloureusement Sénèque quelques années auparavant (I). L'empereur le crut, et des lois sévères défendirent aux disciples de Moïse de faire des pro- Bélytes (2).

Avec Nerva, la communauté juive eut un moment de répit : on lui accorda une amnistie générale, ainsi qu'une exonération de la plupart des taxes imposées par les empereurs de la dynastie (la vienne; le cours des délations fut arrêté. Actifs, industrieux, insinuants, lesjuifs acquirent rapidement, grâce à cette tolérance, une certaine influence à Home; ils y exploitaient ouvertement ou secrètement mille industries que méprisaient leurs maîtres ; on commençait à avoir besoin de leur intermédiaire.

SousTrajan, ils grandirent encore en puissance. R. Josué était le familier du prince (3). Lesjuifs en éprouvèrent une si grande joie qu'ils firent frapper une médaille, portant en légende ces mots : a Calumnia fisci judaici sublata » . Mais la calomnie reprit bien vite ses droits. Antonin renouvelait déjà les édits de Vespasien destinés à arrêter le flot des conversions: tout homme qui consentirait à circoncire un sujet romain non juif devait être puni de

(1) De superstitione.

(2) Judœus qui eum qui judaicœ religionis non eswt contraria doctrine ad suam religionem traducere prxsumpserit, bonorum proscriptione damnetur, miserumque inmodum puniatur. (Leg 7. Cod. de Jud.; Dion Cassii s, llist. Rom. Bedarride, p. 12.)

(3) Basnage, liv. VU, 313.

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la mort l). Décius, Valérien, Dioclétien, poursuivirent

d'une même haine le judaïsme et le christianisme.

Les choses changèrent de face quand Constantin monta sur le trône impérial et que la religion chrétienne devint la religion oflicielle de l'empire. La scission était déjà profonde, irrémédiable entre les juifs et les chrétiens, et leur aversion réciproque, quoique récente, laissait déjà entrevoir a quels excès elle arriverait plus tard. Aussi le premier soin de l'empereur chrétien fut-il d'imposer aux juifs une discipline sévère. Les conciles, celui d'Elvire entre autres, qui se tenait alors en Espagne où il y avait beaucoup de juifs, lui traçaient ou plutôt lui dictaient sa conduite. Les circoncis sont mis au ban de la société : ils ne devront avoir aucune relation, aucun commerce avec les chrétiens, ni les employer comme serviteurs, ni manger avec eux, ni partager leurs plaisirs, ni bénir les fruit- de leurs terres (2). On supprime l'exemption du décurionataccoitltr par l'empereur Sévère (3) ; surtout, on leur défend de faire acte de prosélytisme.

L'empereur Constantin et le pape Paul IV sont de la même lignée; l'un et l'autre veulent isoler les juifs du genre humain, se llattant que, réduits pour ainsi dire

I I>Lr. XLVili. 8, II. « Medicc 7"/ excîderit, capitale frit, Hem (psi qui >. spontt excidendumprxbuit t.

î Et -1.1:1:, /*< cita Cowsf., lib. IV. cap. xxvn.

DABRIDB, p. 19.

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par la disette a capituler, ils rentreraient peu à peu dans le sein de L'Église. Tous deux ont eu même succès.

Julien, qui haïssait les chrétiens, favorisa les juifs, mais Jovien les opprima; Valentinien les persécuta et Valens les ménagea; ainsi commenrait cette longue suite d'oscillations dont l'histoire de la communauté israélite de Rome devait, par la suite, donner maint exemple.

Théodosc, àme généreuse, eut sans doute pardonné aux juifs; il voulut se montrer indulgent, mais il était sous la dépendance de l'Église, et l'incident de la synagogue de Callinicum montre, en môme temps que sa bonne volonté, son incurable impuissance (1). Honorius, quoique moins rigoureux, suivit son exemple. Les juifs sont des parias. Ils ne peuvent plus exercer de fonctions publiques, construire de nouvelles synagogues; partout les chrétiens doivent éviter scrupuleusement leur contact.

A Rome cependant, les traditions de tolérance subsistent. Le temple est riche, le peuple le respecte; on laisse les juifs accomplir en paix les cérémonies de leur culte; ils exercent même certaines magistratures (2). Un jour la populace, dans un moment de colère, pille la synagogue, etThéodoric s'étonne d'un acte aussi inaccoutumé et réprimande vertement le sénat de ne point s'y

(1) Lettres 40 et il de saint Ambroise qui lui reproche, comme un crime, d'avoir poursuivi ceux qui avaient détruit cette synagogue.

(2) Bédarride, p. 22. — Uuruy, Histoire des Romains.

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être opposé (1). Théodoric fut, (railleurs, très favorable aux circoncis dans tout son empire (2) . Assez chrétien pour comprendre la charité, il Tétait assez peu pour ne pas comprendre l'intolérance.

Après la chute de l'empire d'Occident, Home subit un temps l'influence de la cour de Constantinople ; c'est donc a l'histoire bysantine qu'il faut s'adresser pour en induire le sort de la juiverie romaine, car les documents directs manquent. Un grand fait la domine au point de vue intérieur, c'est la publication du code de Justinien. Or, si les lois de Justinien sont sévères, elles ne sont pas cruelles. De plus, les juifs n'étaient pas maltraités à Constantinople (3); ils ne durent pas l'être à Home. Cependant, quand Rélisaire vint guerroyer en Italie, lors du siège de Naples, il ne rencontra pas de plus rudes adversaires que les juifs; nul doute que ceux «le Rome suivirent cet exemple et conquirent ainsi la sympathie de leurs maîtres, les Goths. Si on ne respectait pas absolument leur indépendance, cequi devenait difficile, du moins on ménageait encore leurs scrupules religieux (4).

Dans sa destinée toujours changeante, Rome devait subir encore bien des jougs différents. Les rois francs

I X I IAI.I, p. 4.

(2) Cassiodohe, lib. Il, epist. xxvn; lib. IV, epist. xxxm et mil.

(3) Bàsnagb, liv. VIII, chap. v et xn.

(4) Concile tenu à Rome sous le pape Zacharie. (Concil. coll., éd. reg., t. XIII, 430.)

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prenaient l'ascendant qui échappait aux empereurs d'Orient. La haine du juif n'existait encore qu'à l'étal sporadique en Gaule; il j avait eu des persécutions, mais

sans ensemble. Les rois n'y prêtaient pas toujours la main. Lorsque Charlemagne vint se faire sacrera Rome, il était peut-être accompagné de son médecin et fidèle ambassadeur, le juif Isaac (1). Sa sévérité était tempérée d'une certaine douceur. La petite juiveriede Home, bien diminuée, bien affaiblie, bien déchue de son antique puissance, pouvait espérer en lui. Et, de fait, tant que l'inlluence des empereurs carolingiens fut prépondérante, on ne sache pas qu'elle ait été molestée. Mais bientôt les papes allaient être les maîtres absolus de Rome; seuls, ils décideraient du sort des juifs romains; et c'est de ce moment que leur histoire se distingue de celle des autres juiveries et devient vraiment originale et digne d'intérêt.

(1) Il ramena de Lucques ou plutôt de Rome, en Allemagne, un rabbin fameux, R. Mosè b. Kalonymos et son fds, qui firent souche à Mayence où on a retrouvé récemment une pierre tombale portant le nom de Meschullam b. Kalonymos. Un de ses derniers descendants t'utGiudailPio (Rabbi Jehudah he-hasid), mort en 1216. Kalonymos est l'auteur de certaines prières qui se lisent à l'époque des fêtes de Pàque. (Manuscrit inédit de (liuseppe Coen, ayant pour titre : « Emeq ha-bakhah. » Luzzato, Giudaismo illustrato. Padoue 1848, p. 30.) Vers cette même époque, vivait à Rome un autre rabbin du nom de Schabtaï b. Mosè (KKiO), auteur de prières rythmées.

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