‹ Le Saint-Siège et les juifsChapitre 28 sur 72 · HISTOIRE DE LA COMMUNAUTÉ JUIVE SOUS LES EMPEREURS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA COMMUNAUTÉ JUIVE SOUS LES EMPEREURS

Arrivée des premiers juifs à Rome. — Leur douleur à la mort de César. — Leur attachement à la mère patrie et leur respect des lois romaines. — Clémence d'Auguste. — Importance croissante de la colonie Israélite. — Sévérité délibère, deCaligula. — Richesse des juifs romains. — Apparition des premiers chrétiens : les Romains les confondent dans un même mépris, plus tard dans une même haine avec les juifs. — Titus, Domilien. — Création d'un impôt sur les juifs. — Progrès du judaïsme. — Lois qui interdisent les conversions. — Douceur de Nerva et de Trajan. — Constantin, avènement du christianisme. — Les juifs mis au ban de la société. — Les juifs de Rome épargnés. — Impartialité de Théodose et de Théodoric à leur égard. — Rome sous les empereurs byzantins et francs. — Les papes maîtres absolus du sort des juifs.

On ne saurait préciser la date, même approximative, de l'arrivée des premiers juifs à Rome. Ils y vinrent sans doute, comme ils étaient déjà allés à Athènes, à Alexandrie, pour y exercer le négoce ou se livrer à quelque humble industrie, dès que les galères romaines parurent dans les mers de Palestine. Leur lente infiltration n'a point laissé de trace. Les origines sont toujours obscures.

Qu'il y ait eu des juifs à Rome au temps de Pompée, cela est certain; qu'il y en ait eu longtemps avant,

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cela semble probable. Leur présence incommodai! déjà Cicéron : i Vous savez, dit-il, quel est leur nombre, leur union, leur pouvoir dans nos assemblée». Je parlerai bas de manière à n'être entendu que des juges (1). Terreur oratoire, mais qui montre cependant que leur intluence n'était plus négligeable ;i Home. C'est qu'en effet Pompée avait ramené, pour son triomphe, beaucoup d'esclaves juifs. César les affranchit; ils formèrent des lors une caste, les libertini, humble mais puissante. On les rencontrait, par les rues, vendant des allumettes, du verre cassé, voire même des songes, ou bien implorant la charité publique et, ce qui est pis, enseignant à leurs enfants à le faire (2). Quand leur libérateur mourut, leur douleur fut grande; ils l'exhalèrent bruyamment autour de son bûcher et puis veillèrent plusieurs nuits de suite sur ses cendres 3 .

i Pro Flacco, XXVffl.

2 Maktiai., £p., liv. I. i-J:

Jivénai.. VI, 541 :

/Ere minute»

ôualiacumque rôles judid sùtnnia vendunt.

IbicL, 542 :

Arcanam jadaea tremens mendicat in aurem. Martial. XII. :>7.

Amatre doctus.... rogare judaeus.

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