II. saint-siège
Les juifs y prenaient leur part, comme les autivcitoyens romains (1). La prestation de l'hommage était, au début, un témoignage de joie et nullement cette scène d'humiliations et de mortifications qu'elle devint par la suite.
Loin de se dérober à ce devoir, on eut dit que les juifs en recherchaient l'accomplissement. Jamais pape ne fut moins sur du lendemain que Célestin II, cet éphémère protégé des Frangipani qui régna à peine cinq mois et dut, pour aller ceindre la tiare, traverser furtivement les rues de la ville, au milieu de l'émeute; cependant les juifs accoururent sur son passage pour le saluer (1143). Un peu plus tard, dans des circonstances presque semblables, Grégoire IX reçut par deux fois (2) l'hommage de la communauté 3). Les juifs étaient, plus que les chrétiens, des fidèles.
(1) « Juda'i quoque non deerant tant»' Isetitise », dit un chroniqueur qui marque bien l'esprit dans lequel les juifs prenaient part aux réjouissances. (Cancelliem, p. 1 ».
(2) Au moment de son intronisation et lors de son retour d'exil (1227-1238).
3) « Grxcorum et Hebrseorum caterva non modica Chrïsti Vicario suis linguis et ritibus, laudis monta persolvebant ». Cancellibri, p. 17., Voyez aussi, Gard, de Aragoxia, Muratori,I{. I. Script., t. III.