LE QUARTIER DES JUIFS A ROME
Le poète juif, Fuscus Aristius, s\ rendait lorsqu'il rencontra, près du temple de Vesta, Horace en proie a l'importun (1). Au temps de Théodoric, lors d'une émeute, la populace la détruisit, et les juifs perdirent jusqu'au simulacre de ce qui leur était cher (2), mais ils la reconstruisirent aussitôt.
C'est non loin de là aussi, dans quelque réduit du Transtévère, au milieu de ce que Home comptait de plus vil et de plus misérable, que se réunirent timidement les premiers apôtres d'une foi qui allait transformer et régénérer le monde, et plus d'un épisode des actes des martyrs s'est déroulé dans ce quartier fangeux.
12), une autre en Afrique (Theophan.). C'est là que Bélisaire retrouva, quatre-vingts ans plus tard, quelques-uns des vases sacrés, qu'il se hâta de rapporter à Constantinople. Lesjuifs réclamèrentà grands cris leur restitution et l'obtinrent. On les transporta en grande pompe à Jérusalem; mais, quelque temps après, les Musulmans s'emparaient de la ville et la pillaient. Cette fois les reliques furent définiti veinent perdues.
Henjamin de Tudela croit fermement, néanmoins, qu'elles se trouvaient encore à Rome de son temps (douzième siècle); il indique le souterrain où Titus les a déposées. L'auteur de la Graphia Aurese Urbis n'est pas moins affirmatif; il énumère les objets conservés à Home et il en trouve même beaucoup plus que Josèphe : l'arche sainte, les vêtements d'Aaron, la verge de Moïse, etc. (Voir Gregorovius, I, 234).
H. Eliezer b. R. Yossé raconte avoir vu le frontal à Rome, parmi les dépouilles apportées de Jérusalem. (Talmud, trad. M. Schwab.)
(1) Horace, Sat., liv I, ix. 60. Le temple de Vesta était situé entre le Palatin et le Tibre, près du Poiis Senatorum.
(2) Vitale, Storia diplomatica, t. I, 9.
22 LE SAINT-SIÈGE ET LES Jl [FS
A Faillie du moyen âge, nous y retrouvons les juifs, moins nombreux, plus pauvres et surtout plus méprisés, mais attachés, comme à une terre natale, à ce triste séjour. Ils se pressent autour de leur synagogue; ils ensevelissent leurs morts tout près de là, dans un vaste souterrain attenant à la porte Portuense (actuellement Porta Portese) (1), et que Bosio découvrit, le li décembre 1602, beaucoup par intuition et un peu par hasard, comme Colomb l'Amérique (2). L'ornementation des parois, où se trouvait fréquemment répété le chandelier symbolique à sept branches, de nombreuses inscriptions en langue grecque, alors en usage, plus encore que l'hébreu, parmi lesjuifs dispersés (3), montrent que ce souterrain, malgré une frappante ressemblance avec les catacombes chrétiennes, était bien un lieu de sépulture pour les juifs; son étendue prouve qu'il fut longtemps utilisé (4).
(1) Au lieu dit Colle Rosato.
(2) Bosio, Roma sotterranea, 1031, p. 142.
(3) Par exemple, les mots « EN0AAE KTTE EN EIPHNH » ou a C\ \ W.iY ». Comparez ces épitaphes à celles que citent Basnage, liv. VII, >H\ etG.viuiucci.
(4) Benjamin de Tudela fait sans doute allusion à ce souterrain lorsqu'il parle d'un caveau, voisin du Tibre, où Ton voit les tombeaux des « dix martyrs du Royaume », c'est-à-dire de ces dix juifs, propagateurs de laMisnah, qui périrent en Judée pour défendre leur foi. (Voyez Basnai;e. liv. VI, 046.)
On ne doit point confondre ce cimetière juif avec un autre qur Bosio découvrit seize ans plus tard, au même endroit, et qui était chrétien. (Chap. xxi.Cf. Eschinaudi, p. 4:tel P.Adinolfi, 1. 1, o9.).Il y