‹ Le Saint-Siège et les Juifs: le ghetto à RomeChapitre 26 sur 67 · I..\ iIOMMlNAliK SUIS LES PAPES. - I" l'EKIODK iV · texte numérisé non relu

I..\ iIOMMlNAliK SUIS LES PAPES. - I" l'EKIODK iV

taace haineuse on accuse les circoncis de tuer des enfants [lour les offrir en holocauste, de percer des hosties pour en faire couler ilu sang, d'insulter aux autels, de blaspli(>nier Dieu et les saints! Clément VI dutintcrdire, sous peined'excommunication, d'ajouter foi it ces calomnies (1).

Le premier pape auquel les juifs rendirent hommage, lors de son exaltation, après le retour du Saint-Siège à Itome, fut Innocent VII. Il prit le Tentateuque des maîns du rabbin, prosterné sur son passage, et le lui rendit par-dessus son épaule gauche, « sans le coniirmer ni i'înlirmer » (2). L'anni^e suivante, ils acclamaient Grégoire \II (llO'ij. On n'était pas bien sûr qu'il fût pape; lui-même en doutait, puisqu'il abandonna le pouvoir suprême presque aussitôt; la pompeuse cérémonie de l'intronisation fut faite à la hiUe, comme à la dérobée; cependant les juifs y prirent leur part accoutumée et vinrent, au pont Saint-Ange, implorer la protection de ce pape d'un jour. Le livre saint était, cette fois, magni-

il) Les chroniques du temps sont pleines <le recita épouvantables k et sujet. L'biatâire du mute couimis à Trente et rspporlêc diuis Muralorii/t. LScrijU.,!. XX, Ol6t, est ud modèle du genre; Ruynaldtis est tout aussi Tcrtile en accusations analogues. C'est vers ceUc époque, pro bob If* ment, qu'a pris naissance la lé^ade relative au nteurlK abominable du petit Simonin que Siite iV canonisa plu» tanl.On en plaçait Upcrpù-tralion vers I27li. i B*s.vage, liv. IX, tiS3.|

;!) illironfque deAdaiii Li'k, putili^'e par KduArdHaundeThompwD. Londres l8Tr..

liquement relié et recouvert d'un voile d'étoffe [hl*cieuse. Le pape le trouva si beau qu'il le réclama, et depuis, a chaque couronnement, la commuuauté dut faire don au nouvel élu d'un exemplaire du Pentateuque de plus en plus richement orné (I).

Pour tenir la balance égale, la communauté envoyait, presque dans le même temps, une députation rendre hommage à Pise à l'antipape Alexandre V (HOltj. Enfin, l'élection de Martin V par le concile de Constance (1 itT) mit un terme au schisme età la perplexité des juifs; ils purent Tacclamer, sans arrière-pensée, lorsqu'il lit, après bien des délais, son entrée solennelle ùRome, le 28 septembre 1420. Aussi bien. MartinV Tut pour eux te meilleur des papes; il persévéra dans la voie que lui avait ouverte Urbain V (2). Non seulement il protégea les juifs très efficacement contre la rapacité des chrétiens, la sévérité des souverains, !e zèle immodéré des prédicateurs, mais, à Home, il les déchargea de certaines taves, leur rendit leurs antiques franchises, leur permit de commercer ouvertement, d'intéresser les chrétiens dans leurs affaires, de professer dans les écoles (3); qui plus est, il défendit,

ili La bililiolhêque du Vatican en possùde plusieurs saperbes everapluires, datant Aks deui derniers siècles. Voyez aii chapitre suitroDl le tumulte populaire dont un exemplaire trop ridie Tut la

{i\ Bulle a Sicuti Judieis non débet ■•, 7 juin i'M'.i.

(3) Bulle » Quamquam Jttilrii; 13 Téfrier 1429, citée dans le re-

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preuve d'une tolérance alors peu commune, qu'on les baptisât de force.

Ainsi, à l'époque où nous sommes arrivés, la situation des juifs à Rome était encore, en somme, fort tolérable. Le temps n'était plus assurément où on les distinguait à peine d'avec les chrétiens, mais, habitant au milieu de la population romaine, libres de trafiquer à leur guise, d'exercer la médecine et certaines professions libérales, payant peu d'impôts et pas de subsides extraordinaires, méprisés, haïs du peuple, mais rarement molestés des grands, ils vivaient tranquilles et se souciant fort peu de toutes les bulles et de toutes les lois, grosses de menaces, que les conciles, les papes et les sénateurs avaient suspendues sur leurs tètes, comme autant d'épées de Damoclès.

cucil « Air lUustrissima ». Cf. Raynaldus 1419, II. Il y a bien une réserve àfaire au sujet de la bulle « Sedes Apostolica », 3 juin 1425, qui oblige les juifs à porter un signe distlnctif, mais la physionomie du règne n'en est pas sensiblement altérée.

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