CHAPITRE XIV
HISTOIRE DE LA COMMUNAUTÉ JUIVE SOUS LES PAPES
Troisième période.
AnnélioratioD graduellede la situation des juifs romains. —Sa cause réelle.— Sérérité des lois qui les régissent encore. — Projet de décret du cardinal Petra. — Clément XII refuse de le sanctionner, mais Benoît XIV l'adopte et le promulgue. — Sa teneur. — Censure des livres hébraïques. — Anciennes défenses renouvelées. — Rigueur des ofliciers pontificaux dans l'application des lois. — Adoucissement et transformation de l'obligation de l'hommage. — Les juifs chargés de décorer le Colisée et le Forum. -— Représentations symboliques. — Abolition des courses. — On les remplace par un impôt. — Maintien de la cérémonie de la prestation de l'hommage au sénateur. — Sa description.
Durant cette troisième période, la situation des juifs s'adoucit insensiblement. Le seizième siècle s'était clos sur la bulle cruelle, irrévocable, fulminée contre eux par Clément Vlii ; le dix-neuvième s'ouvre par leur émancipation, quand un gouverneur français commande à Rome. Émancipation éphémère, il est vrai, comme l'autorité qui l'accordait , et remplacée bientôt par une âpre sévérité durant les premiers temps de la restauration pontificale, mais que devait consacrer définitivement, un demi-siècle plus tard, l'hu-
fOft LE SAINT-SIÈGE ET LES lUIFS
inanité d'un pape, en qui toute Tltalie saluait alorsf
adepte et un défenseur des idées libérales.
C'est une nouvelle phase de transition, une de ces larges oi^cillations qui sont toute l'histoire de la eornmunauté juive de Home; on a quitté le désert et on n'a pas atteint encore la terre promise; on l'entrevoit cependant.
Mais ce passage de la servitude à ralTrancliissement est lent et douloureux. Tout au contraire de ce que l'on a observé jusqu'ici, les juifs sont moins bien traités n Rome que partout ailleurs. Les vieilles lois des plus mauvais temps, les dures ordonnances de Pie V, de Clément VIII, de Paul IV surtout, qui reste l'ennemi toujours vivant, toujours redoutable de la race, demeurent en vigueur. Le Saint-Siège, sans doute, apporte graduellement dan^ leur application certains tempéraments que l'inHuence des temps et la crainte diminuée des progrès de l'hétérodoxie lui inspirent, maïs on eût dit qu'il avait quelque reairet à sa clémence. C'est ît l'apaisement des passions, à l'adoucissement des mœurs, bien plus qu'au relâchement des lois que les juifs doivent la liberté plus grande, la paix relative dont ils jouissent.
Que l'on juge de la sévérité de ces lois, en apparence au moins. En 1732,1e cardinal Petra.un zélé, un grand admirateur de Paul IV qu'il cite à tout propos, soumet à l'agrément du pape un édît fort complet, sorte de
LA COMMUNAUTÉ SOtlS LES PAPES. — 3* PERIODE code cl l'usage des liubitants du glietto , où il rappelle les précédents, s'appuie sur les décisioos les plus rigoureuses des conciles, des vicaires et des papes et renchérit sur le tout ( I ) !
L'autorité des précédents primait tout alors; elle fut pour l)eaucoup assurément dans la sévérité persistante de l'Église; néanmoins Clément XII refusa de contresigner l'ordonnance. Partie remise. Vingt ans plus tard. BenoitXlVredemandaitrordonnance. la modifiaitquelque peu, et la promulguait. Allait-OQ revenir au temps de Paul IV? Sa dureté était égalée, tout au moins eu paroles (15 septembre 17S1} (2).
Défense d'abord aux juifs de nourrir leur esprit de iloctrines dangereuses. S'il restait quelque livre interdit au glietto, ce n'était pas faute pourtant de perquisitions répétées et méticuleuses. A chaque fois qu'un ouvrage suspect était signalé, on faisait aussitôt une descente dans le quartier juif, toutes les bibliothèques étaient fouillées, dépouillées, et les livres transportés indistinctement dans une maison voisine. Là, un homme d'£giise, un néophyte le plus souvent, et d'autant plus pointilleux, les examinait un à un, faisait impitoyablement brûler tous les ouvrages relatifs aux deux Talmuds, rendait les livres saints tels quels, et quant à
(llVoycï dans Perugini (Rwue des Études jums) la teneur du cette curieuse ordoonaoce.
(!) R. ArcliWiu Ui Stato (Congrega^ioDe dell' Inquisùione).
Ifi8
leurs gloses, à leurs coinmeataires, aux ouvrages pure-^ ment littéraires, îl les corrigeait, les raturait, les expurgeait a adusutn Delpltitii s et, après d'interminables délais, des démarches sans nombre, les rendait parfois à leurs propriétaires (1). On faisait la chasse » certains mots; ainsi aDio on substituait partout Ciclo; aLiberU Lealtii. Après cela, lesjuifs pouvaient lire en paixjoJ qu'à la prochaine invasion, et alors il arrivait souvent que tel livre, trouvé une première fois innocent, passait pour dangereux, et c'était tant pis pourson possea^ seur (2).
Mais quoi de plus aisé à dissimuler qu'un livre? et' quoi de plus exquis, au fond des sombres masures du ghetto, que de relire ces explosions décolère, ces âpres imprécations des vieux écrivains juifs contre les eanj mis, les oppresseurs éternels de leur race? C'est en \ qu'on voulait supprimer la littérature israélite . i truire cette dangereuse végétation, la graine restd là, qui germait tout aussit<^t.
Aussi le pape prend-il mille précautions minuticusf pour empêcher la lecture, la communication, l'intr riuction, la propagation de ce levain de haine marchands ne vendront pas de livres aux juifs, les roi
{l)Bibl.Val.Cod. Val. 8111.
(■2) Le 4 février 1610, le juif Vita subit la confiscation de ses bSeni
pour avoir poiwéilé des livres qui contenaient des erreurs provenant
du Talmud. (Oejob, Bévue de» Études juives.)
^^BA COMMlNADTt: SOUS LES PKPES. — 3' PtiRIOUE 10»
liers n'en transporteront pas, les chrétiens ne leur en prêteront pas, les employés des douanes les arrêteront rigoureusement à la frontière. Et quels châtiments pour les contrevenants! l'amende, la prison, le fouet. Non seulement il ne faut pas lire, mais il ne faut pas penser : défense d'enseigner, de discuter, de méditer les questions contenues dans les livres interdits, sous peine de fîontiscation.
Puis, il est défendu au\ juifs de célébrer leurs enterrements avec la pompe habituelle en Italie, torches, cierges, chants, procession de gens voilés: ils accompagneront le mort en silence au cimetière où aucune inscription tombale ne rappellera son souvenir; il leur est défendu, de plus, de sortir dughetto aux heures de nuit, ou sans rodieuxsi^nc d'infamie (1) ;de s'habiller comme les prêtres français, avec un petit collet rabattu, ainsi qu'ils en avaient, paraît-il, pris l'habitude; de vendre aux chrétiens du pain azyme, de la viande (par contre les bouchers juifs avaient le monopole de la vente à l'intérieur du ghetto} (2;, de traiter une affaire quelconque avec des chrétiens, d'exercer une fonction, un emploi, d'avoir des serviteurs qui ne fussent pas juifs, même pour nettoyer le ghetto, faire du feu, cuire du pain. On
(1) Il paraît tguc, sous prétexte qu'ils étaient marchaads de chapeaux, lesjuira couvraient leur chapeau jaune d'un autre, sans le ïtyne.
(2j Voyez ci-aprcs, cliap. ïvr.
200 LK SAtST-SIÈGE ET LES JUIFS
leur interdit une source de profils bien lucrative : vente des amulettes, lies philtres, des secrets; et, poql leur éviter toiito velk-ilé d'arrogauce, on leur défeiu l'empioi des voitures, des chevaux ; ils ne seront même pas cochers. Que s'ils veulent aller ù une foire voisine, à un marché, ils en demanderont l'autorisation préalab au vicaire, si^ourneront juste le temps nécessaire poiï conclure leurs alTaires et s'en reviendront vite î ghetto, au risque, s'ils tardent, d'en lrou\er la port close. Tout cela, sous peine d'amendes lourdes, de codj fiscation, de la bastonnade et autres châtiments, grè dujiiye. Comme toujours, beaucoup de défensesi peu de sûretés (1).
TelleétaitàHomelasituationdesjuirseu l'année 173^ Et elle dura. L'ordonnance de Benoît \IV survécut à sot) auteur. En 1773, un édit ta rappelle et la confirra plus tard encore, en janvier 1793, Pie VI la renoui velte ; a: car elle est conforme, dit-il. à la bulle i Paul IV » (â). Jusqu'au bout, cette bulle implacabti fut la loi des juifs.
Cette loi, comment l'applique-t-on? Le 22 octobri 1736, on promène par les rues sur un âne, on fustige poi bliquement, et finalement on exile un juif pour désobéis*
[1) Et cependant, chose bizarre, à cijIiï de ceUe si;véritc, d'étrange tolmncea : on permet auxjuirs la bigamie. U. Bruzzooe (n«vu« d Élttiies juives) cite plusieurs eieiiiples de ce fait.
(2) R. Arcliiïio di Stato (Congregazionc delV Ini^uisizione).
L\ i:OMMlIN\lTi; SfUS LES l'Al'ES. - 3" PKRlOlli; ÏOI sance. Le26JiiiQ 1738, le môme traitement est appliqueù un autre juif, coupalile d'avoir insulté un néophyte. Une supplique nous apprend que, sous prétexte d'enipocher les petites batailles que se livraient les enfants du ghetto, les sbires du pape arrêtaient les parents, les voisins, les passants, tout le monde, et les enfermaient au Capitole, jusqu'à plus ample informé!
Cependant les papes s'humanisent; s'ils continuent n tenir les juifs dans une stricte discipline, ils laissent tomber insensiblement en déchéance tout ce que la législation antérieure avait d'inutilement cruel. Le respect de la tradition fléchît devant le respect grandissant de la {«rsonnalité humaine.
Les juifs ne sont plus contraints, comme jadis durant tant de siècles, d'offrir leur livre saint, leur précieuse Loi, à la risée du peuple, ii la méprisante approbation du souverain pontife. Depuis le couronnement de (îrégoire XIV, on a cessé d'exiger d'eux ces démonstrations cruelles de respect et de sujétion (IJ; en revanche, on leur en demande de plus coûteuses.
Plus le siècle s'écoule, et plus s'accroit la passion des ItomaÎDs pour les fêtes splendides, les spectacles pompeux. Les papes, qui n'oubliaient pas les leçons de l'histoire, cultivaient ce goiit, A chaque nouveau couronnement, c'était un luxe croissant, une
(I ) Cancellikiii, p. ajj.
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profusion saQs cesse grandissante de tentures, de draperies, d'arcs de triomphe; de Saint-Pierre au Latran tout le parcours que doit suivre le nouvel élu est jonché de fleurs, abrité de palmes; les maisons, les églises, les monuments anciens, sont couverts d'ornements de toutes sortes. L'immense Colisée lui-même doit être décoré, et c'est aux juifs qu'échoit cet onéreux honneur! Ilss'en tirent avec des inscriptions. Cancellieri les a toutes recueillies; extraites des livres saints, avec plus de bonne volonté et de prodigalité que de discernement, elles ne méritaient pas cet honneur.
Au sacre d'Innocent X (1611]. les juiTs en avaient déjà réuni soixante- huit; ce fut bien pis lors du couronnement d'Alexandre Vil; l'arc de Titus, les ruines des monuments qui ornent le Forum en étaient couverts et l'amphithéâtre lui-même avait été tout garni de tapis précieux entremêlés de devises louangeuses (i). Tout cela sonne faux, a Faciensjudicium ri justiliamonmi populo suo ».(lReg. 23,) a Benediclus rris ingrediens, et benedictiis eus egirdipiis ». (Deut. c. 28.) u Melius est nomen bonutn quam diviliœ mutlœ ^ . (Prov. 22. ) Maïs il s'agit de plaire au nouveau maître de Rome et les juifs
(I) Cancelligri, p. Zi'i, S62. Au commencement, od avsit obligé leBJuirB à décorer seulement l'arc de Titus qui célébrait leur défoite, et cela dans le but de réaliser les prédictions de Jêrémie et de fain éclater leur asservissement. Plus tard, l'obligation s'Étendit aui mununienls i]ui séparaient ce porlïque du Colisûe, puis au CoUséc lui-mËme.
^^BlA COMMLNAUTE SOi;S LES l'APES. - 3" PÉRIODE
p. "* épargnent ni leur intelligence, ni leurs peines, ni leur p- ^gent. Clément X. Alexandre Vlll, Innocent Xil , Clét^r~3ent XI cheminèrent au milieu d'un débordement d'é- C^itliêles et de comparaisons semblables. Pour ce der- K^^aier, qui d'ailleurs devait se montrer si bon pour eux, iK -es juirs imaginèrent une flatterie nouvelle; ils garni- <'^rent les murs de ces représentations allégoriques, naï- . ~^es, mais parfois expressives, pour les([uelles les Ro- ■ mains illettrés du moyen âge avaient tant île goiU : une mer poissonneuse et calme, éclairée par un soleil ra- I dieux, avec cette explication en légende : u Tranquillité et abondance »; une étoile se levant à l'horizon, avec ces mots : a Enfin il apparaît » ; une foudre dans un lit {sic) : a Ma sévérité s'adoucit parce que je suis Clément y> ; des roses : « Toujours suave n ; une colonne : « Je romps et ne fléchis n. Ce luxe d'emblèmes ne se démentit pas sous les pontïQcals suivants; et il est curieux de voir avec rpielle fertilité d'invention les juifs les varient sans cesse.
La mode s'en est continuée jusqu'au commencement du siècle. En 1801 , les juifs déléguèrent à Venise une mission spéciale pour porter à Pie Vil, transcrites sur un album orné de miniatures et richement relié, les inscriptions dont ils auraient décoré l'arc de Titus et le Colisée si son couronnement avait eu lieu à Rome (t).
1,1} Cancklliebi, p. lOo.
■liH l,K SAINT-SIÈGE ET LES JUIFS
Qu'il y avait loin de ces raiTiuements arlistii]ues ctilf ces cvhibitioiis murales, aux brutalités liumiliaiiU>s subies par les juifs aux, siècles passés!
Une autre barbarie, plus cruelle celle-là, a disparu aussi : les courses. Après deux cents aus, on s'avise qu'il va peut-être quelque indécence à donner ainsi en spej tacle des êtres humains, et Clément I\, par un i en date du 28 janvier 1668, met Pin à ce que les beati esprits d'alors appelaient a des coursesde bipèdes » (n Il abulit également une oi)ligation non moins luinc liante pour les juifs, celle d'envoyer les principal membres de la communauli', les fattori, les rabbioM dans un accoutrement ridicule, mi-partie de rouge et de jaune, ouvrir la marclie du cortège sénatorial , premier jour des fêtes carnavalesques, et essuyer, la place du Peuple au Gapitole, c'est-à-dire b toute la ville, les quolibets et les insultes d'une j pnlace libre de tout frein. Et ce n'était pas tant j pitié, que parce qu'il semblait au pape que cette * hibition grotesque étaitde nature à diminuer le prestS des magistrats romains qui y prenaient part (2)! 1 ridicule est contagieux. Clément i\ le savait.
Au reste, te pape exigeait des compensations; taxe nouvelle fut imposée à la communauté, trois c écus, qu'elle dépensait naguère, assurait-on, pour I
(I, A. AukUdLLo, p. 2.
(2) Itocueil " Ati" lllmti-issima n, g
LA COMML'NALTt: SOUS LKS l'AI'PIS. - V l'fcHlOIIE 2(i;i
ourses; de plus, l'obligation de prêter hommage aux '«présentants de la cité fut aggravée. Cette prestation de ""hommage, vieux reste des traditions féodalus, coiiîrvé dans le seul l)ut de faire sentir aux juifs lutir dé- "^lendance et surtout de donner au peuple le spectacle réjouissant de leur humiliation, ^'accomplissait dans les mêmes formes et avec le môme cérémoninl que jadis au moyen ôge pour les fcudataircs delà cité; seulement, l'appareil dont on l'entourait, la date ciioisïe, ne laissaient pas de lui ("iler quelque peu de sa gravité. Le premier jour du carnaval, les trois conservateurs et le prieur des caporioni prenaient place, dans la grand'salle du Capitole, dite a salle du trône », sur des sièges (le velours cramoisi; à la droite des conservateurs, sur un siège moins élevé, l'avocat fiscal du Capitole, vêtu d'une toge noire et la tête couverte du bonnet doctoral. Le grand rabhin s'avaucait, suivi de la députation, en un costume devenu ridicule avec le teinps, s'agenouillait sur la première marclie du trône, et, la tète penchée vers la terre, prononçait la formule consacrée : « Pleins do respect et de dévouement pour le peuple romain, nous, chefs et rabbins de l'humble communauté juive, nous nous présentons devant le trône élevé de Vos Éminences pour leur prêter respectueusement foi et hommage, au nom de nos coreligionnaires, et implorer leur bienveillante commisération. Pour nous, nous ne manquerons pas de supplier le Très-Haut d'ac-
•m LE SArXT-SlÈGE ET LES JITFS
corder la paix et une longue tranquillité au souverain pontife, qui règne pour le bonheur de tous, bu Saint- Siège Apostolique, ainsi qu'à Vos Érninences, au très illustre Sénat, et au peuple romain ». A quoi, t« premier des conservateurs de la République répondait : a Nous acceptons bien volontiers l'hommage de fidélité, do vassalilé et de respect dont vous nous renouvelez aujourd'hui l'expression au nom de la communauté juive tout entière, et, certains que vous saurez respecter les lois et les ordres du Sénat et que vous payerez, conimepar le passé, le tribut et les redevances qui vous incombent, nous vous accordons notre protection, dans l'espérance que vous saurez vous en rendre dignes. (1) B Dans le principe, le conservateur, pour se conformer à l'antique usage, posait le pied sur la nuque du rabbin et l'autorisait ensuite à se relever, en lui disant : « Allez ». C'est de ce geste qu'est née, pour le populaire, la légende que le rabbin devait subir l'outrage d'un coup de pied (2). (Par la suite, on supprima le geste et le mot.) Puis, s'étant relevé, le rabbin présentait aux conservateurs un bouquet et une coupe contenant vingt écus et s'offrait à décorer l'estrade du sénateur sur la place du Peuple.
Parfois, la cérémonie de la prestation de Tliommage
(1) l. OuviEHi, Il Scnato romano, (88«, t. II, «.
(2) Bblu : « Arut uaa icianca Igamba) e jj' aripponne : imdate » Sonnel iotUuic ; rOmocctO. (L. Horamii, p. TS.j