‹ Le Saint-Siège et les Juifs: le ghetto à RomeChapitre 33 sur 67 · I.A COHMINAITK SOI!S LES l'Al'ES, - 3- PIÎHrODE · texte numérisé non relu

I.A COHMINAITK SOI!S LES l'Al'ES, - 3- PIÎHrODE

C'était un moment de folie à outrance, de délire universel, de frénésie, une débauche de joie, dont un ambassadeur turc ne pouvait s'expliquer la subite terminaison que par l'effet d'une poudre mystérieuse que lex chrétiens, lui avait-on confié, se répandaient mutuellement sur la tête, le mercredi des cendres.

La foule se croyait tout permis, parodiait tout, profanait tout. On dut défendre, sous peine du fouet, de la mort, de verser par tes fenêtres du miel, de l'oau sale ou de rimile bouillante sur les passants, do leur jeter desioufs pourris, de provoquer des tumultes sanglants, ■l'entrer dans les églises en costumes carnavalesques, fie tourner en ridicule les magistrats, les prêtres et les cardinaux (l|.

Après avoir sévi trois ans, bien fouetté, bien pendu, on dut, de guerre lasse, accorder toute liberté aux masques. Rien ne sert de lutter contre les engouements populaires.

Un allait on foule aux exécutions capitales; elles se raisaienl, pour l'occasion, sur la place du Peuple, qui était le centre de la fête; c'était une mascarade, un divertissement dos plus recherchés, et, détail odieux, les iHturreaux étaient travestis en polichinelleset en ivrognes; il fallait mourir en entendant des gaudrioles (â) !

;(i Kando (ISSO'. Voyez aussi : Oniitu- circi l'amtnr-- m mascheni «d ttUri 17 février lôOO .

lîj On avait soin de garder les criminels célcbi-es (mur celle occasion. Ea 1054, onsuppliciaquatrc condamnes le mardi gras clplusicur»

2til 1,E SAINT-SIÊCE ET LES JUIFS

Au moment des courses, il arrivait toujours, cette étroite rue du Corso, encombr(''e, maigre 1 édita, de voitures, de cavaliers, de piétons, accidents graves; les bufDes sVchappaient, se ruai^t sur les spectateurs; les chevaux qui couraient en berté les foulaient aux pieds; mais c'était une parj de la fête dont il n'eût pas fallu priver la populace.

On coni'oit que Goethe, au lendemain d'un de i jours de fête, se soit écrié : << J'ai passé la joun avec des fous! n

Cette façon de se divertir n'était pas précisém celle qu'avait rêvée le délicat Paul II ; mais, lorsqu'^ transporte une institution d'un pays dans un autre, elle ne peut s'y acclimater qu'à la condition de se modifier selon son nouveau milieu. Des athlètes de i Grèce, Home fit des gladiateurs.

En cet état d'esprit, les Romains ne pouvaient qu'J user fort mal avec les juifs; et, de fait, les papes s

auires le surlendemain j en 1730, un ablié ; en 1737, coupables loufl deux d'un crime alors irrémissible, celui d'avoir ciij sonné la papauté. K défaut d'eicculions capitales, plaisir dont l( mairaiteurs Trustraient parlois le peuple romain, il y avait les Tustigalions toujours nombreuses et fort courues, surtout lorsqu'il s'agissait de courtisanes surprises masquées. Les juifs déguisés él aussi fustigés sur l'heure à la grande joie de la populace et le b reau était payé double, aux frais du patient, peut-être | qu'il y mettait plus d'entrain à accomplir sa lieso^e. Voyez les Ë| ressants travaux de H. A. Adevollo sur ce sujet ; GtEmE, i Voyitge en Italie, 1787-1789, Gœthe's Werif, 1830, t. XXLX, W' DE Staei,, Corinne, liv. l.X, chap. i.

L\ COMMUNAUTE SOIS LES f'AI'ES. — 3' l'ERIUUE 211 s^ans cesse forcés de leur rappeler qu'il ne faut point ïes maltraiter, ni leur lancer des pierres, ni leur arra- «her leur cliapeau, ni leur jeter des ordures; l'amende '^tait dure, deux cents ducats, plus les trois inévitables coups de corde qui semblent le complément obligé de toute peine pécuniaire (1). Chaque fois que revenait cette époque fatale, les juifs tremblaient, allaient supplier le pape , et un édit était publié pour les préserver, autant que faire se pouvait, de la fureur populaire. Presque toutes les ordonnances relatives â la protection «les juifs sont datées du mois de février |!2). Maison avait parfois de singulières tolérances ; on défend de jeter aux juifs quoique ce soit, excepté dex [nuls. Le marqnis ïlel Grillo. célèbre par ses innombrables facéties, accable aussitôt cens, qui passent de pommes de pin i.\}. Les marchands de poissons, que leur voisinage du ghetto mettait à même d'en bien connaître les mœurs, prenaient un plaisir tout particulier à ridiculiser, à tourmenter les juifs de raille façons; un jour on repré-

11) Bibliothèque Casiinalcose, é

it. u

tïtao février KiOl;

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IRIfl;

(3) N*T*Li, il Ghetto, p. 1-20, 124, lïU,

21J LE SAINT-SIÈGK ET LES JVIKS

senta tort solennellemeut l'enterrement d'un rabbin^ succès de cette mascarade fut si grand qu'on la recc mença quelques anuées plus tard, pour complaire i lils du roi de Pologne. Sobieski. et cela malgré [ pressantes supplications de la comiiiunautf;. Ceci se p sait en 1709 (1). En 17H, nouvelle momerie; on i di'Bler par les rues une longue procession de juifs cH vauchant sur des ânes et que précédait un rabbînT monté à rebours sur un cheval dont il tenait la queue d'une main, tandis que de l'autre il offrait à la rist de la foule le livre de la Loi (2). L'autorité inien^ naît parfois, mais, on le voit, d'une façon bien inU mittente.

En dehors même du carnaval, le chapeau Jauj attirait parfois sur son infortuné possesseur les pit aventures. Comme les enfants, la plèbe se plait à ranniser les faibles. Le 2 mars 1789, un juif | sait près de l'église S. Caterina de' Funari, lorsqa*jj inconnu lui lança sans motif une pierre dont tell droit fut crevé. Il était borgne du gauche. îl < meura aveugle (3). Une autre fois, un juif est tuél

(I) Ci.XCELLlEBl, Il M'TCutO, |], 1U4.

. (2) David SilTSgDi, qui rapporta' le fail (p. U4), en a, seloQ toig probabilité, puisé It- récit dans le journal inédit de Francesco ij lesio, conseriré aux arrliives secréles du Capitole. Vojti Ademoi p. 84.

(3) Recueil" AU'UlustrCssimaJi. Attcslalionduchirurfrienchrétiel docuDients 59, iio.

' 1.A COMMIWAITK SOIS l-ES PAPES. — 3* l'iCTlIODE ÎH coups de pierres. Mais ici. l'affaire se complique; te chirurî^ien, pour faire l'aulopsie selon l'usage, réclame cinq 6c us; la somme est forle; dans une circonstance semblable, on n'avait rien exigé des chrétiens. La fjuestion est posée devant le pape, qui donne raison aux juifs. Deux ans après, le même cas se présente, et le gouvernement pontiflcal se montre aussi équitable.

Voici un autre cas qui met à nu l'hostilité qui ré- &;nait dans un certain milieu contre les juifs et montre en même temps l'esprit de justice dont s'inspirait assez souvent le Saint-Siège. Un juif est blessé par un chrétien, sans raison; on le porte ;i l'iiùpital, il y meurtausaitùt. Son père accourt, réclame le cadavre de son lils; Jefus du supérieur, il faut le racheter ou il ira en terre sainte. On transige enlin moyennant cinquante écus, mais le malheureux père n'a pas la somme nécessaire^ la communauté intervient, paye, on lui rend le cadavre. Elle se pourvoit alors devant le tribunal du pape qui oblige le supérieur à rembourser les cinquante écus si cruellement ac(|ui5 (1783) (I).

Os brutalités de la pari du menu peuple étaient fréquentes, et les édits toujours renouvelés du Saint- Siège montrent assez toute la gravité du mal (gravité

{I : Bertoloiti, Revue ftes Études juhrs. Je u'IaRisUt pas; M. E. Gebhart, daosson intéressanlouvrage sur la Renaissance italieDne(£furfe5 mMdionofes, t'aris, 1887, p. iS% ctsuiv.\ cite un grand nombre d'è- [iisodes du mûrae goût.

LE SAtNT-SIÉGE ET [,ES JUIFS

relativi

ubiions

i songe à pratiquait alors dans d'autres pays).

Il n'en allait pas de même dans les autres la société, parmi la bourgeoisie surtout. La haine desjuir« y avait grandement diniinuL- dès le dix-septième sit'cle et elle s'atténuait de jour en jour. Ou y accueillait les juifs, on frayait avec eux, on ne se faisait aucun scrupule pour prendre part a leurs fêtes. Si les papes devaient préserver les juifs des mauvais ti'aitemenls de la populace, ils avaient fort à faire, par contre, pour éviter qu'ils ne vécussent trop familièrement avec les Romains aisés ( I ). Innocent SI se vit même obligé d'interdire aux Romains d'aller à la synagogue sous peine d'une amende de vingt-cinq écus et, en cas de récidive, de l'excommunication. Grégoire XIII était plus sévère : on pendait tout chrétien qui, sans cause plausible, était trouvé dans le voisinage du ghetto {"i).

Voici, au surplus, une anecdote qui, en même teiH] qu'elle nous fournit de curieux, renseignements sur la vie intérieure du ghetto, nous montre bien quels étaient alors les rapports des juifs avec les chrétiens aisés (3) ;

« Le mercredi 9 décembre de l'année 1093, jour à jamais mémorable pour les siècles à venir, dit l'auteur de ce récit, devaient se célébrer les noces d'Abraham

{1) Bashare, liï. IX, 8B7.

(2) Ëdil du vicaire HonliValeniii, 33 mars tîJTS.

(3) Bibl. Vat. Cod. 0Uab.26iS.

^ U COMML'NALTE SOLS LES PAPES. — 3' PERIODE 215

ïSonian, marchaml du ghetto, et de Rachel deCavi; tous «leux. étaient riclics, estimés, et le bruit de leurs épousailles avait attiré une foule d'amis, parmi lesquels beaucoup de chrétiens it qui la curiosité de voir une l'érémonie nouvelle pour eux avait fait oublier les prescriptions de l'Église. Les carrosses, les calèches se pressaient dans l'étroite rue, voisine du pont Quattro Capi,oiise trouvait la maison du tiancé, vieille et chancelante comme toutes celles du ghetto. Déjà, la pirce située au troisième étage, dans laquelle le rabbins'apprêtait à bénir le mariage, était pleine d'une nombreuse assistance parmi laquelle se trouvaient un gentilhomme de Todi, un maître de chapelle, un abbé portugais, un chanoine, un chevalier dont le narrateur a jugé plus sage de nous taire les noms; on n'attendait plus qu'une noble dame romaine, lorsque soudain le plancher vermoulu s'abattit tout d'une pièce sur l'étage du dessous, qui s'effondra à son tour avec fracas, entraînant dans sa chute le premier étage. En moins d'un instant, il ne resta plus de la maison ([ue les quatre murs. Un nuage (le poussière suffocant et noir s'éleva, a qui changea le . jour en une nuit profonde, de même que pour les mal- I heureux qui venaient de périr, à la lumière du ciel venaient de succéder les ténèbres éternelles » . Presque tous ceux qui assistaient à la cérémonie furent blessés I ou tués; les frères, les sœurs, les neveux de la fiancée avaient succombé, sa mère était moribonde, le fiancé

■Jlll

t perdu

l,E SAINT-SIKGE ET LES JUII'S S parents. Dans une pièc

ièce située t(

l'étage inférieur se trouvaient réunis au même moment, une vieille femme, un tailleur juif, une mère allaitant son enfant, un prêtre venu pour faire réparer sa i tane, qui tous périrent aussi dans la catastrophe.

II y eut une certaine rivalité entre Juifs et clirétid au sujet du nombre des personnes tuées dans cet aoi dent, parce qu'on en pouvait inférer le nombre des i sistants. et les juifs tenaient autant à prouver que I elirétiens étaient venus en grand nomlire que ceuxJ à le cacher; pendant deux ou trois nuits, les Juils traq portèrent secrètement des cercueils à leur cîmetièi

Tout en témoignant abondamment sa douleur, pieux historien ne cache pas que sa tristesse eilt i plus entière s'il n'avait vu dans ce malheur un avert sèment envoyé par le ciel aux chrétiens assez oubliai lie leurs devoirs pour fréquenter un lieu aussi maui et aussi abominable que le ghetto (I).

Nous ne savonssi un avertissement si rude fut c pris et nous en douterions même un peu, car les l ques des marchands juifs exeriaient, comme on l'a i un bien puissant attrait sur les Romains.

Les jurisconsultes du temps ne voyaient, eux, i

[l] Les acciiknts de ce genre n'iîtaient pas rares attgheUo, et ^ se compreDd puisque [es propriétaires n'avaient aucun intérêt à M taurcr leurs maisons. Infessura nous apprend qu'en liTU deux maillons s'écroulèrent sur la place Giudea, taisant un granU nombre de victimes. CHuratori, IIP, 1149.)

■LA CDMMUSAliTE SOLS LES PAPES, — ;t' t'EHiODIi: 217 «une tiilTéreDce enlre juiTs et clirétiens. Dans uae con- .tiiltalion fort intéressante relative à l'obligation nouvellement imposée à la communauté de nourrir les prisonniers pour dette, on relove ce passage caractéristique : a Les juifs sont citoyens au môme titre que les autres Uoinains et font partie intégrante de la cité (1). » GrAce à cette bienveillance et à la liberté plus grande <]ui leur est laissée, les juifs semblent renaître peu à peu à la vie intellectuelle. Après lu grande elTIorescence du onzième et du douzième siècle, un long silence; le silence de l'oppression, interrompu seulement par les poésies gracieuses et légères d'Emmanuel. La littérature juive fleurit partout en Italie, excepté à Rome. Maintenant quelques écrivains se liasardent. La chose est dangereuse. L'auteurjuifse voit dans lamême situation que Figaro, quand il lui prit fantaisie d'écrire. De tous côtés, il est environné d'ennemis qui lui défendent de parler, de penser. Timidement, Samuel Castelnuovo 11. Mosé Fait quelques traductions en italien, des parapiirases;8on œuvre est vite oubliée, délaissée pour celle d'une femme, Debora Ascarelli, Romaine de naissance, poétesse aux rimes gracieuses dont s'éprit un poète, [ juif également et Romain, David délia Rocca (2). Leur correspondance rimée n'est pas l'une des moindres cu-

(I) Recueil « Air IUusl)-mma *, n" l'.i.

(9) De Ros^i; \fi)Lf,Sibl.judaiciht. I; H. de Gubkhnah^ JfiitA'ûux pour l'hiiloirc des Hudes orientales; A. Pes*ho, Veisillo isi-aelUico.

2IS LE SAINT-SIKGE ET LES JUîFS

riositésdo cette littérature renaissante. Jacolj TsaliatS né à Rome en 1630, mort en 1693 àFenare, publie peu après un ouvrage de médecine (I) ; Sliabatai Ambron, écrit sur l'astronomie et la mathématique (â). De plûlosopliie, de morale, de religion, les écrivains Israélites n'osent parler en(;ore.

Entre le peuple, qui les baissait par habitude, la bourgeoisie, qui lestraitaitavec une compassionun peu hautaine, et la papauté, qui s'efforçait d'allier l'amour de l'équité à la déHance que lui inspiraient des liùles si suspects, les juifs menaient une vie inquiète, agitée, redoutant sans cesse quelque vexation nouvelle, quelque mallieur imprévu, et consolés seulement par l'espérance d'un gain péniblement acquis et plus péniblement conservé!

Ce qui se dégage de la lecture de cette longue suite de suppliques adressées au pape Pie VI et qui nous sont lieureusemenL parvenues (Recueil « AU' lllustrissima n). c'est un profond accablement moral, une désespérance irrémédiable, une douleur résignée. Si lesjuifs de Rome élèvent timidement la voix, ce n'est pas pour demander à être traités comme le reste des hommes, pour revendiquer leurs droits de citoyens, c'est pour supplier humblement le pape d'amoindrir un peu les charges qui les accablent, de les dispenser de quelque obligation

(I] Le Trésor de la vie, publié k Venise en 1667. (2) Ces œuvres furent imprimées & Venise, en t609.

||,A CIIMMINAITK SOLS LKS l'AF'KS. — y l'KniOhL 2i!i i vexatoire que les autres , île les proléger contre la fureur populaire.

Et c'était presque dans le même temps où les juifs romains rédigeaient ce mémoire plaintif, que la Constituante proclamait en France leur égalité civile!

Sur le chapitre des usures, la lutte continuait aver (les phases diverses. Innocent XI, fort bien disposé envers les juifs, puisqu'il s'entremit auprès de la Répulilique de Venise pour obtenir l'élargissement d'un certain nombre d'entre eux ramenés prisonniers de Jlorée, avait poursuivi cependant, comme pape, la lulte qu'il avait entreprise comme cardinal pour empêcher les « usures », c'est-à-dire, en somme, le trafic de l'argent (1). Il défendit aux banquiers juifs de continuer leur industrie et tint la main à ce que cette interdiction fut scrupuleusementrespectéef IG82). Le ghetto en demeura appauvri pour longtemps 12).

Clément \I, à son tour, qui s'intéressait au\ juifs ii ce. point qu'on le vit se rendre en personne dans la maison d'un catéchumène dont la foi paraissait chancelaote afin de le convaincre (3) , promulgua plusieurs édits sur cette mt^me matière, sans grand succès, au reste, car les juifs continuèrent à trafiquer à l'abri de l'indifférence des

( I ' Basnage, liv. IX, 807 ; Cf. Mom.si.

(2) B. ArchiviodiStalo, .Vrchivio llamerale. La fortune globale du ghetto tomba de 400,000 écus à UO.OOO. (Supplique juive). :i) Bibl. Val. Cod. Irbinate lOOli.

i-lQ LE SAINT-SIÈGE ET LES JUIFS

autorités municipales et de la bienveillance des Iribunauv pontificaux 1), Enfin Innocent XIII et Benoît XIII voulurent contraindre les juifs à ne s'occuper que du hric-à-brac (2).

Ils s'y ri^'signi-rent, mais non sans résistance. Durant le dix-septième et le dix-liuilicme siècle, presque toutes les bulles des papes relatives aux juifs sont consacrées à celte brûlante question. C'était, en effet, pour le ghetto, une question de vie ou de mort. Il ne faul donc point s'étonner si elle prime toutà cette époque et si les juifs romains semblent faire assez bon marché de leurs autres revendications pour réclamer avec insistance, avec acharnement, sur ce point capital : liberté du commerce et diminution des cliarges qui pesaient sur la communauté.

Jusqu'au dernier moment, les papes ne se lassèrent pas de sévir, ni les juifs d'éluder, de transgresser les règlements, d'autant que la situation financière du ghetto s'aggravait chaque jour comme on va le voir, et que les e.xigences du Hsc devenaient de plus en plus difficiles à satisfaire.

^1 ) Les statuts de la ville (Liv. Il, art. cmi se contentent d'ÎDter- 'tire auxjuirs l'usure, à |>eine de 2a livre», et restent muets sur les autres met iera. Quant aux tribunaux ponlincdui;, ils adoptèrent celle singulière théorie que Clément VIIF, en rappelanleten eanlirmant les bulles (le Paul IV et de Pie V, visait aussi les interprétations dont elles avaientélé i'objet. (Bibl. Vat. Cod. Vat. 8134.)

(i) Qulles «Ex injunctis b et a Alias emananint ».

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