‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 144 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE XII

Dieu des armées, il fut environné avec son diacre et avec son sous-diacre d'un feu céleste qui ne se retira point que tout ne fût achevé.

On voyait quelquefois un globe de feu sur la tète de saint Martin, lorsqu'il sacrifiait.

Imitez tous ces Saints, et considérez qu'il ne faudrait que des Séraphins pour offrir un Dieu comme victime ; mais que ce Père charitable donne ses lumières et sa bénédiction à ceux qui s'en approchent étant bien disposés. Saint Evorce, évêque d'Orléans, l'éprouva, et au temps de la Consécration, étant environné d'une resplendissante nuée, il vit une main qui le bénissait lui et l'hostie.

Ceux aussi qui servent la Messe sont trop près de l'autel des holocaustes pour n'en point recevoir de chaleur ni de splendeur, s'ils y apportent une âme bien disposée. Souvent lorsque Saint Alphonse Rodriguez, coadjuteur de la Compagnie de Jésus, assistait le prêtre au saint Sacrifice, plusieurs voyaient des lumières qui sortaient de son visage et qui s'élevaient vers le ciel ainsi que des flambeaux ardents. Ceux-là même qui ne jouissaient point de cette vue en ressentaient une telle ferveur, que les prêtres souhaitaient qu'il leur servît la Messe, et les séculiers épiaient l'heure où il servait, afin d'y assister avec plus de goût et de profit.

Nicolas Marchand, coadjuteur de la même Compagnie, paraissait encore dans un plus merveilleux éclat auprès de son Créateur. A l'approche de l'autel, il semblait devenu une même chose avec le feu séraphique dont il brûlait. Il s'élevait en l'air, à la vue de tous les assistants, lorsqu'il servait la Messe. Une flamme sortait de sa bouche et tout son corps éclatait en rayons de toutes parts. Il obtenait de Dieu ce qu'il voulait, et les bêtes les plus farouches étaient douces et comme apprivoisées en sa présence. Il était tenu pour un saint, comme le certifie Alphonse Messie, au livre des hommes illustres de la Compagnie de Jésus, au Pérou, où vivait ce vertueux frère.

Sera-t-il possible que nous soyons froids au milieu des feux et des flammes du ciel et de la terre? Notre cœur estil de glace et de neige ? Est-il rempli de poison, comme celui de cet empereur qui ne put être brûlé? Qui a-t-il en nous qui empêche si fort l'effet de l'amour de Jésus à notre endroit? Sans nul doute, notre lâcheté et notre tiédeur nous seront bien reprochées, si, étant frères de ces Élie et de ces Séraphins, nous ne faisons nul profit de nosadmirables Mystères.

Chaque Religieux doit faire la même réflexion sur IuL en se comparant aux grands hommes de son Ordre qui ont été enflammés de ces bouillants désirs de piété au service des prêtres à la Messe.

4. Quatrièmement, nous devons considérer les demandes qu'il faut faire à ce Sauveur de nos âmes. Je les ai suffisamment marquées ci-dessus, au paragraphe troisième, où j'ai traité de l'intention nécessaire.

Le meilleur moyen de faire de ferventes demandes, est de suivre l'affection qui nous possède et la nécessité qui nous presse. Le temps aussi, qui est divers durant l'année,, et les divers mystères qui s'y célèbrent, sont des aides pour diversifier ses prières, et pour y sentir de l'ardeur.

IV. Il serait très expédient de savoir tout ce qui se dit et tout ce qui se fait à la Messe, et d'en bien pénétrer la signification, afin de s'élever avec plus de facilité et plus d'efficacité vers son Dieu. Mais plusieurs en ont traité amplement, et surtout le Révérend Père Jean Suffren, homme fort spirituel et fort renommé dans notre Compagnie. Il suffira aux frères convers de savoir ce qui suit.

1. L'Église commande au prêtre et à celui qui sert la Messe, de faire une confession de leurs péchés au pied de l'autel, avant de paraître près de Dieu dans ce redoutable mystère. Quoiqu'elle ne soit point sacramentale, il faut néanmoins y faire un acte de contrition, pour se rendre plus assurément digne des grâces du sacrement que l'on va opérer.

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