LIVRE SECOND. CHAPITRE XII
Césaire rapporte qu'un jeune religieux nommé Pierre, servant la Messe à l'Abbé du monastère de Vilars, fit cette confession, et reçut l'absolution avec tant de piété qu'une voix du ciel fut entendue, qui disait : Tous tes péchés te sont pardonnes.
2. Le prêtre et son ministre, se sentant déchargés de leurs fautes, montent à l'autel, et le prêtre commence l'Introït, ou l'entrée, qui est tiré des psaumes de David. Il nous représente les brûlants désirs des Pères de l'Ancien Testament, qui soupiraient après la venue du Messie.
3. LeGloria in excelsis est une hymne ou un cantique de louange, que les Anges chantèrent aux pasteurs, lorsqu'ils les avertirent de la naissance du Sauveur, et les invitèrent -à lui rendre leurs hommages.
4. Le prêtre, se tournant de temps en temps vers le peuple, l'anime et le réjouit par ces douces paroles : Dominus vobiscum ; Le Seigneur soit avec vous, c'est-à-dire, il s'unit à vous par ses grâces et par ses faveurs particulières, et je désire qu'il s'y unisse toujours de plus en plus, en vous aidant à le bien prier, et à bien pénétrer ses mystères. Le ministre répond: Et cum spiritu tuo : Qu'il soit aussi avec votre esprit. Comme s'il disait : Et moi je souhaite aussi que Dieu vous fasse la même grâce, qu'il soit avec vous, et qu'il vous rende tellement spirituel et attentif à cette divine action, que vous soyez comme un pur esprit et comme un Ange qui n'a point de corps, et qui n'est nullement distrait par les objets de la terre ; mais qui est tout absorbé en Dieu et en la considération de ses grandeurs.
Celui qui sert doit s'étudier à dire ces paroles avec esprit et avec ferveur. De même il doit dire avec attention et avec une réflexion actuelle, ce mot hébreux, Amen, qui se dit à la fin des oraisons. Il signifie Ainsi soit-il. Comme si celui qui répond disait : Je prie Dieu qu'il exauce votre oraison.
5. L'Épître de la Messe se tire de quelque livre de l'Ancien Testament, ou des Actes et des Epîtres des Apôtres,
ou de l'Apocalypse. Elle contient toujours quelque belle instruction, et souvent quelque prophétie touchant la venue du Sauveur des hommes, et touchant les biens qu'il a apportés ou qu'il apportera au monde.
6. L'Evangile est la doctrine de Jésus-Christ, et la lumière qu'il a fait reluire dans ses paroles et dans ses œuvres. On l'entend debout, pour montrer qu'on est disposé à se rendre partout où ce suprême Seigneur nous ordonnera d'aller, et qu'on est à son service pour obéir à ses commandements. La noblesse, en certains royaumes, en entendant l'Evangile, tient à la main l'épée nue, à moitié tirée hors du fourreau. Elle veut signifier par ce symbole qu'elle est prête à verser son sang pour sa défense.
7. Le Credo est le symbole des Apôtres. Le prêtre et tous les assistants y doivent faire une publique profession de leur foi, en la présence de Dieu, de ses Anges et de toute l'Eglise. Ils réparent par cet acte de piété l'honneur que lui ôtent les blasphémateurs, les hérétiques, les athées et les païens.
8. A l'Offertoire, le prêtre élève un peu l'hostie avec la patène, et après, le calice plein de vin. Celui qui sert ou qui entend la Messe, doit y joindre son cœur et en faire une offrande à Dieu, afin que, comme le pain et le vin se changeront au corps et au sang de son Sauveur, ainsi il puisse être transformé en lui, et sortir de la Messe comme déifié et changé en son aimable et adorable Jésus, le portant en son âme, en son corps et en tous ses mouvements.
9. Lorsque le prêtre lave ses mains, et que vous lui versez de l'eau, demandez à Dieu qu'il vous donne le don de larmes et d'une parfaite contrition ; qu'il lave de telle sorte votre âme, qu'elle soit agréable à son Epoux, qui doit venir bientôt sur l'autel, à dessein de la voir, de la saluer, de la caresser et de l'enrichir.
10. A la Préface, il faut particulièrement appliquer son esprit à ces paroles : Sursum corda; Ayez vos cœurs élevés en haut ; et à ce qu'on y répond : Habemus ad Domi-