‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 148 sur 308 · IVRE SECOND. CHAPITRE XII 2 I · texte numérisé non relu

IVRE SECOND. CHAPITRE XII 2 I

fiance. Priez pour tous ceux qui s'approchent de cette sainte Table, afin que Dieu leur donne une parfaite douleur de leurs péchés, une excellente disposition pour recevoir leur Roi, et un cœur généreux pour en tirer profit toute leur vie.

21. En présentant le vin de l'ablution aux hommes et aux femmes, souvenez-vous que vous êtes en la présence de Dieu qui vous regarde. Il est absolument nécessaire pour votre salut et pour l'honneur de votre Religion, que vous ayez une modestie si exemplaire que tous ceux qui vous voient soient excités à la dévotion, et principalement que vous teniez vos yeux dans une telle réserve que jamais vous ne les arrêtiez sur aucun visage, ni d'hommes, ni de femmes.

Cette modestie si réservée n'est pas impossible à un Religieux qui est sur ses gardes : notre frère saint Alphonse Rodriguez l'a pratiquée dans une telle exactitude, qu'en quarante ans qu'il vécut dans notre Compagnie, il ne regarda jamais fixement une seule femme en face, quoiqu'il servît plusieurs Messes, et qu'il fût portier du collège.

22. C'est aussi une excellente pratique de jeter pour lors souvent les yeux sur votre Sauveur, que le prêtre donne aux communiants, et de lui demander quelque vertu particulière pour chacun de ceux à qui vous présentez du vin pour laver leur bouche, et pour avaler plus facilement l'hostie. Demandez la foi pour l'un, l'espérance pour l'autre, et ainsi du reste. Vous ferez en cela une action de charité envers votre prochain, et vous en profiterez vousmême.

Prenez garde néanmoins de ne vous point trop fatiguer la tête dans ces dévotions ; faites ce que vous pourrez sans empressement et avec tranquillité. L'esprit de Dieu est un esprit de paix, de douceur et de modération.

23. Si vous voulez, vous pouvez dire votre chapelet durant la Messe, et ne laisser pas de méditer ce que nous avons marqué ; mais faites attention à ne point parler si haut que

vous incommodiez le prêtre, qui, ayant plusieurs cérémonies à faire, en serait facilement inquiété. Nous devons tellement viser à notre propre avancement, que nous ne soyons point à charge aux autres.

Si vous observez avec diligence et avec discrétion ces petites pratiques, vous retirerez un si grand profit à la Messe, que vous en entendrez et en servirez tant que votre loisir vous le permettra. C'est ce qui retenait les Saints, quoique d'ailleurs très occupés, à ce divin exercice. Saint Thomas, l'ange de la théologie, et saint Antonin, archevêque de Florence, disaient leur Messe chaque jour, et en servaient ou en entendaient encore une autre. Saint Wolstan.évêque de Wigorne,la disait aussi tous les jours, et en entendait pour le moins deux autres. Que fera donc un frère convers les jours de fêtes et de dimanches, n'ayant rien à faire, si les Docteurs, les Evêques et les Archevêques sont si dévots à ce saint Sacrifice les jours ouvriers, au milieu de leurs occupations?

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