‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 187 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE XVI 2fj · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE XVI 2fj

tiser; et entrant en Religion, il fut cuisinier et jardinier de son monastère. Il y imita si parfaitement la vie des Saints, que, dans sa ferveur pour la défense de la foi, il n'hésita pas à endurer un glorieux martyre.

2. Ceux qui sont en la vie illuminative, et qui s'avancent à grands pas dans la perfection, ont besoin d'un bon guide qui les conduise, qui les éclaire et qui ne les quitte jamais. Il se rencontre dans le chemin du Ciel plusieurs détours qui exposent les plus expérimentés au danger de se perdre. Un livre spirituel est une étoile qui pendant la nuit leur donne de la lumière et de l'assurance, un feu qui les défend contre les frimas et les rigueurs de l'hiver, un pédagogue qui les gouverne et les remet dans le droit chemin, s'ils s'en écartent, enfin qui leur fait doubler le pas, si la paresse les arrête.

Dieu ordonna que les rois des Hébreux transcrivissent de leur propre main le Deutéronome, aussitôt qu'ils seraient consacrés et couronnés, afin que, par la lecture de la loi de Dieu qui est contenue dans ce livre, ils se souvinssent de l'observer.

Les lumières extérieures qui ont paru lorsque les Saints s'occupaient à la lecture, ont souvent montré les splendeurs intérieures de leurs âmes. Dieu voulut manifester à un frère convers celles du bienheureux Herman, de l'Ordre de Prémontré. Pendant que ce Saint lisait avec attention un livre spirituel, ce vertueux frère, qui était du même Ordre, vit son visage resplendissant comme celui d'un Ange, et le haut de sa tête embrasé comme des charbons et comme des lampes ardentes.

3. Enfin les plus élevés dans la voie unitive se doivent servir des livres dévots, qui ne recherchent point la subtilité de la science, ni la politesse du langage ; mais qui ne visent à d'autre but qu'à toucher le cœur et à le pousser à la pratique des vertus. Saint Thomas d'Aquin était si excellent dans la théologie la plus sublime, qu'il s'élevait comme un aigle royal au-dessus de tous les docteurs. Il

était si aimé des Saints que les apôtres saint Pierre et saint Paul venaient lui expliquer les passages difficiles de l'Ecriture sainte. Il avait une telle union avec Dieu qu'il était fort souvent ravi en extase, et quelquefois élevé de terre durant son oraison. Cependant il lisait très souvent les Conférences des anciens Pères dans Cassien, de crainte que la spéculation des questions subtiles ne tarît son affection et sa tendresse dans l'oraison et dans la contemplation. Il imitait en cela son Père, saint Dominique, qui se plaisait dans cette lecture, et qui en avait tiré de grands profits pour sa perfection et pour son union avec Dieu.

En effet, la lecture spirituelle est la mère de l'oraison. Elle lui présente deux mamelles pleines d'un lait divin : l'une fournit des considérations à l'entendement, pour sa nourriture ; l'autre donne des affections à la volonté, pour sa consolation et pour son avancement dans la vertu.

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