‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 19 sur 308 · XXIV AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XXIV AVERTISSEMENT

nous justice au mérite de l'ouvrage, tout en reconnaissant que dans son état actuel il n'est pas seulement à l'abri de tout reproche quant à l'essentiel, mais qu'il peut encore passer pour un véritable chef-d'œuvre, ils nous ont fait remarquer que le milieu en vue duquel il a été écrit et qui l'a accueilli avec tant de faveur à son apparition, il y a plus de deux cents ans, diffère notablement du milieu dans lequel il va reparaître. Par conséquent, en ont-ils conclu, si nous voulons qu'il continue à produire le bien qu'il a opéré autrefois, il faut que nous tenions compte des circonstances et que nous nous décidions à accomplir sur certains points accessoires les modifications exigées par la diversité des époques.

Avec la haute compétence en matière d'ascétisme dont ils ont tant de fois donné la preuve, les RR. PP. Chartreux étaient assurément à même, autant que personne, de mener à bonne fin le petit travail de remaniement dont nous venons de constater l'opportunité. Pour l'exécuter tel qu'on pouvait le souhaiter, il aurait suffi à l'un d'eux de l'entreprendre. Néanmoins ils n'ont pu se décider à le faire ; en s'en chargeant eux-mêmes ils auraient craint de paraître avoir voulu porter la faulx dans la moisson d'autrui. Par un sentiment de délicatesse qu'ils nous permettront de trouver excessif, ils ont jugé qu'à un Frère seul il appartenait de toucher à l'œuvre de son Frère, pour la mettre en harmonie avec le présent et la débarrasser, au besoin, des légères taches de rouille que le temps aurait déposées sur quelques-unes de ses parties. Ils nous ont vivement pressé de prendre sur nous ce soin. Nous n'avons pu résister à leurs instances ni leur refuser une chose à laquelle ils affirmaient attacher beaucoup de prix.

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