III. Obéissance
En troisième lieu, le frère conver's doit s'étudier, avec un soin très particulier, à exceller dans l'obéissance, s'il veut acquérir les autres vertus et arriver au sommet de la perfection.
Hugues le cardinal dit que toutes les vertus commencent par l'obéissance, comme tous les vices ont pris leur origine dans la désobéissance.
Saint Augustin l'élève beaucoup plus haut, et écrit qu'elle est la plus grande des vertus, et la fontaine de toutes les autres.
Saint Grégoire renchérit sur cette pensée : L 'obéissance , dit-il, est la seule vertu qui plante en nos âmes les autres vertus, et qui les ayant plantées, les y arrose et les y conserve.
Saint Laurent Justinien monte encore plus haut, et promet que cette vertu fera un homme frère de Jésus-Christ, c|ui est venu en ce monde par obéissance, qui a vécu toute
sa vie dans l'obéissance, et qui a rendu son âme et sa vie entre les mains de l'obéissance.
Le prophète Samuel la préfère aux victimes et aux sacrifices, et déclare aux Israélites et à leur roi Saùl, que Dieu n'a que faire, ni de leur encens, ni de leurs moutons, ni de leurs autres animaux; que son seul désir est que l'on exécute avec ponctualité ses commandements.
Le Père Jacques Laynez, l'oracle de son temps, et le second Général de la Compagnie de Jésus, disait souvent que l'obéissance est une artificieuse invention de Dieu, par laquelle il rend méritoires les choses même que l'on ne fait pas.
Les frères convers qui ont excellé en sainteté, ont témoigné qu'ils en avaient une très haute estime. Saint Gilles, compagnon de saint François, comparait le religieux obéissant à un cavalier bien monté et bien armé, qui passe à travers les bataillons ennemis sans pouvoir être blessé ; et le religieux désobéissant, à un cavalier mal monté et désarmé, qui est blessé et percé de toutes parts, fait prisonnier, jeté dans un trou de fosse, et enfin massacré. Car celui qui vit dans un monastère selon son propre jugement et selon sa propre volonté, va tout droit en enfer, et celui qui suit le guide que Dieu lui a donné et qui lui obéit, va tout droit en Paradis. Voilà le jugement de ce saint frère, qui savait que Dieu avait dit par Salomon : Vir obediens loquetur victorias ; L'obéissant obtiendra de si illustres victoires, qu'il pourra les raconter avec joie et avec admiration.
I. L'excellence de cette divine vertu est si fortement gravée dans le cœur des Saints, et particulièrement des fondateurs des Ordres religieux, qu'ils semblent mettre tous leurs soins à la bien faire pratiquer de ceux qu'ils conduisent à la perfection. Voyons-en quelques-uns.
Les Bénédictins et les Chartreux, dans leurs vœux, ne font mention que de l'obéissance selon leurs Règles.
Anciennement les convers de l'Ordre de Cîteaux di-