I. De la Foi
1. La foi est une vertu par laquelle nous croyons les mystères révélés, à cause de l'autorité de Dieu qui nous
les révèle. Saint Paul, en l'Épître aux Hébreux, la définit ainsi : « La foi est le fondement et la base de tout ce que nous espérons. Elle est la certitude et la conviction de l'entendement, par laquelle nous croyons très assurément ce que nous ne voyons pas. »
Saint Ambroise appelle la foi « le fondement de toutes les vertus ». Saint Laurent Justinien dit « que la foi est la porte dorée par laquelle Notre-Seigneur entre en nos âmes, et la porte de fer qui la bouche et la rend impénétrable au démon ». Il l'appelle aussi, « une colonne salutaire qui mène le peuple de Dieu par le désert de ce monde, et qui reluit au milieu de l'àme comme le soleil en plein midi au milieu de son ciel. » Il certifie « qu'elle est la lumière de l'homme, l'étoile du matin, la couronne éclatante dont sortent cinq rayons qui éclairent l'entendement et la volonté : la crainte, le conseil, la prudence, l'intelligence et la science. » Il dit de plus, « qu'elle est la cause de la charité. » Car l'amour est l'œuvre de la foi.' La foi le conçoit, l'espérance l'enfante, le Saint-Esprit le forme et le vivifie, la lecture l'allaite, la méditation le nourrit, et l'oraison l'illumine, le renforce et l'augmente. Enfin, ce saint patriarche conclut « que la foi est la mère du martyre et la source de tous les biens ». Le pape saint Clément enseigne qu'elle chasse les démons hors de l'âme, et tous les saints Pères la prisent extrêmement, comme la racine de l'arbre de vie et la première cause de tout l'avancement spirituel.
Notre-Seigneur nous proteste en l'Evangile, que si nous avons un petit grain de foi de la grosseur d'un grain de sénevé, nous transporterons les montagnes d'un lieu en un autre. Et en effet, l'évêque saint Grégoire de Néocésarée, surnommé Thaumaturge, en transporta une pour bâtir une église ; et un pauvre cordonnier, en Tartarie, l'an de Notre-Seigneur 525, en fit changer une d'un lieu en un autre à la vue du roi et d'une infinité de peuple, ce qui fut cause de la conversion de tout le royaume, comme nous