‹ Le saint travail des mains (volume 2)Chapitre 69 sur 308 · LIVRE SECOND. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. CHAPITRE II

notre imperfection, et faute d'une sérieuse réflexion sur ce que nous faisons, et d'un véritable désir de nous rendre parfaits.

3. Troisièmement. Le frère convers doit se rendre homme d'oraison, pour trouver des forces de corps et d'esprit afin de supporter les travaux qu'il est nécessaire d'entreprendre et de continuer dans les exercices corporels. Saint Jean Climaque appelle l'oraison, le soutien du monde ; saint Grégoire de Nysse, la force des royaumes. Elle est beaucoup plus le soutien et la force d'un religieux particulier.

L'oraison est la manne céleste du peuple de Dieu : le pain des forts et le pain fortifiant. C'est l'âme de notre âme, qui lui donne la vie, le mouvement, le sentiment, le moyen et la force de faire ses actions dans la joie et dans la vivacité nécessaires. Sans l'oraison, l'âme est comme un cadavre pesant et inutile. Saint Chrysostome, en l'homélie de la Prière, nous assure qu'ainsi que le corps sans l'âme est mort et puant, aussi l'âme, si elle ne s'excite à la prière, est morte, misérable et remplie d'une très mauvaise odeur.

L'oraison obtient aussi les forces du corps, empêche les maladies et les chasse. Frère Joseph de Corleone était un excellent ouvrier pendant le jour, et très fervent en ses prières pendant la nuit, qu'il passait quelquefois tout entière ravi en extase. Ayant mal aux yeux, il supplia la Mère de miséricorde de l'assister, et de le rendre propre au travail par une parfaite guérison. Elle lui apparut dans la chaleur de son oraison, le consola avec beaucoup de familiarité et de tendresse, et lui mit dans la main une fiole pleine d'une céleste liqueur, dont il se frotta les yeux, et qui le guérit parfaitement.

Disons donc en bonne conséquence, qu'il est très utile qu'un frère religieux se fasse puissant dans la prière, pour être puissant dans l'action, et pour se rendre fructueux à lui-même et à la Communauté.

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